9 novembre 2017

La guerre des Manchester

Un club de légende, mais dirigé par un minimaliste. Un club de nouveaux riches, mais conduit par un audacieux. Bon courage pour trancher entre United et City.

A Manchester il faut choisir: tout rouge ou tout bleu  DR
A Manchester il faut choisir: tout rouge ou tout bleu DR

Autant le dire: elle risque de ne pas avoir lieu cette bataille-là. Faute de combattants. Le Manchester City de Pep Guardiola écrase tout sur son passage dans le championnat anglais. Premier poursuivant, le Manchester United de José Mourinho fait déjà la course loin derrière avec huit points de retard après onze journées. Bref le derby prévu le 10 décembre risque déjà de ne plus être franchement décisif. De ne pas mettre sang dessus dessous la ville natale d’Anthony Burgess, l’inventeur pourtant de l’orange mécanique.

La guerre est ailleurs. Dans un dilemme des plus épouvantables. Ceux qui aiment vraiment le vrai football ne peuvent que préférer United à City. L’histoire aux pétrodollars. Bobby Charlton, Cantona et Beckham, au cheikh Mansour bin Zayed Al-Nahyan. Sauf que les mêmes –ceux aiment vraiment le vrai football- ne peuvent que préférer Guardiola à Mourinho.

D’un côté, l’héritier de Cruyff, qui a sublimé cette donation où tout n’est que passes, attaques, panaches, audaces techniques, prises de risques, danses du scalp et avalanches de buts. De l’autre, un retour 50 ans en arrière, à l’époque d’Helenio Herrera, dit HH, et de son Inter cadenassé, avec La Palice comme seule tactique: «la meilleure défense c’est la défense», ou encore: «seul le résultat compte». Comme si un résultat pouvait faire autre chose que compter.

Dans un monde idéal bien sûr Pep entraînerait United et José City. Mais nous vivons sur cette terre ronde comme un ballon décousu.

Que faire alors? On ne sait pas. Enfin si, pour le 10 décembre au moins: se déplacer dans une ville voisine, 60 kilomètres à l’ouest, où un autre combat aura lieu, un autre derby sans merci, mais avec Mersey: Liverpool-Everton.

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