18 août 2014

La nature en gros plan

Au milieu de la magique plaine alluviale de Ferpècle, au-dessus de La Forclaz, en compagnie de Virginie Brawand, l’âme de «Passe-moi les jumelles».

Virginie Brawand en compagnie d'une vache et en arrière-plan, la plaine alluviale de Ferpècle
Cette rando laisse aussi place à des rencontres plus ou moins inattendues, le temps d’une pause…

Une balade favorite? Virginie Brawand a l’embarras du choix. En sillonnant la Suisse à la recherche de belles histoires et de lieux magiques pour le compte de l’émission à succès de la RTS Passe-moi les jumelles cette Genevoise tout-terrain n’a pas vraiment eu à s’inventer un rôle. Bouger, sortir, marcher, skier... A peu près tout ce qui constitue les activités de plein air en montagne semble être davantage qu’un plaisir: une partie de son équilibre:

C’était déjà le cas avant ma rencontre avec mon mari, puis à deux, et maintenant nous avons la joie de partager ces sorties en famille.»

Emma (14 ans), Salomé (12 ans) et Thomas (8 ans) ne diront pas le contraire. Alors qu’ils passent leurs vacances dans la grange transformée par leurs parents à La Forclaz (VS), et même s’ils connaissent la montée à Ferpècle par cœur, ils sont ravis de nous y accompagner une fois encore. «Nous ne les avons jamais forcés. Se promener en montagne hiver comme été faisant partie de leur univers depuis toujours, ils aiment ça tous les trois.»

Ce sera donc la vallée «sauvage et magique» de Ferpècle, son paysage rocheux traversé par la Borgne et ses eaux opalines.

Vue sur la crête de la montagne enneigée se détachant sur un ciel parfaitement dégagé.
Un cadre imposant.

Le «grand» tour (7,7 km) part du hameau de Salay (1776 m), juste au-dessus de La Forclaz. Nous autres, pique-nique et gourde dans le sac, décidons de jouer la variante qui écourte un peu la montée en gardant la voiture jusqu’à l’endroit où la route de Ferpècle n’appartient plus qu’aux riverains: «Les voitures sont plus à leur place ici qu’au pied de la tour de la télévision!»

Alors que nous grimpons en pente douce à travers la forêt de mélèzes et de rhododendrons, Virginie Brawand paraît connaître chaque fleur ou recoin. Comme si elle était dans son élément, au moins autant que dans les couloirs de la RTS, où elle travaille depuis dix ans déjà. «Nous habitons à Genève, mais c’est un peu par hasard. En rentrant de trois ans aux USA en 2003, une amie nous a parlé d’un appartement là-bas.» Avant les Etats-Unis, sa première année comme stagiaire journaliste avait pour cadre le Jura bernois et Moutier, où elle s’occupait des actualités régionales.

Au départ plutôt attirée par la presse écrite, Virginie Brawand se plaît dans la grande famille du petit écran, entre autres parce que s’y côtoient beaucoup de personnalités et de métiers différents. Elle y arrive un peu comme une évidence à la fin de ses études en relations internationales, travaille avec Muriel Siki sur C’est tous les jours dimanche puis Dolce vita. Ce sera après quelques mois à Toutes taxes comprises, la désormais célèbre émission économique de Patrick Fischer, qu’elle se propose pour prendre la relève de Benoît Aymon à «PaJu».

Le pari de reprendre le flambeau

Un sacré défi, tant cette émission très regardée porte l’empreinte de son créateur. «Du coup, je m’y présente comme je suis, sans faux-semblant. Et je crois que le public apprécie cela.» Cet amour vrai pour la nature ne délaisse pas celui de la rencontre. «Le reportage reste ma priorité, bien plus que de paraître à l’écran. Comme nous augmentons une seconde fois le nombre d’émissions annuelles dès la rentrée, passant de 18 à 24, notre petite équipe cherche les moyens pour que je puisse continuer à en réaliser.»

Edelweiss
Un des joyaux de la flore alpine: l'édelweiss.

La qualité des images, marque de fabrique de «PaJu», ne sera pas sacrifiée non plus, même si Virginie Brawand fait partie de ceux qui ne souhaitent pas verser dans un esthétisme exacerbé oubliant la réalité. «Actuellement, si certains de nos réalisateurs ont une approche plus cinématographique que d’autres, je crois que nous gardons le cap.»

Nous arrivons sur la plaine alluviale de Ferpècle. Le panorama est grandiose et malgré un soleil éclatant, nous sommes quasiment seuls à profiter de cette minéralité lunaire. La Borgne s’écoule avec vigueur, formant çà et là de petits lacs. Si Virginie Brawand affectionne particulièrement cette beauté minérale qui n’a nul besoin d’embellissement artificiel, elle apprécie aussi un endroit qui raconte quelque chose. Comme devant ce sable caressé par les eaux de la Borgne, si fin qu’il semble échappé de quelques plages exotiques.

Un limon précieux que les gens d’ici appellent la pautre, et qui a beaucoup été utilisé comme onguent et autre cataplasme.»

Quand la fonte des glaciers devient palpable

Virginie Brawand en chemin.
Pour Virginie Brawand tout comme pour nous, traverser ce paysage idyllique est un réel bonheur.

Ces moraines charriées par la montagne représentent également un exemple frappant de la fonte des glaciers. Dans les années 90, il n’y avait même pas besoin de grimper pour se balader entre les crevasses formées par l’épaisse glace du glacier du Mont Miné. «Et auparavant, dans les années 50, il ne formait qu’un avec celui de Ferpècle et recouvrait la plaine.» Soixante ans plus tard, il nous faut parcourir 500 mètres en amont pour toucher ce qui en reste. Non sans avoir aperçu les dates inscrites en rouge à chaque fin d’été, «comme pour mieux se souvenir du chemin parcouru».

En redescendant par la plaine, nous croisons des randonneurs dont l’équipement et le pas rapide nous suggèrent qu’ils partent peut-être à l’assaut des 4357 mètres de la Dent-Blanche, celle que Maupassant appelait la «monstrueuse coquette». Rien de moins sûr, pourtant, note la présentatrice de «PaJu». Cette ascension appartient aussi à ses projets de vacances, mais le guide qui doit l’accompagner veut attendre qu’il y ait moins de neige.

Ce serait mon premier sommet dépassant les 4000 mètres. Depuis le temps que je viens dans la région et que je l’admire, le projet me tient à cœur.»

Texte © Migros Magazine – Pierre Léderrey

Photographe: Laurent de Senarclens

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