25 avril 2018

Le crime de Liverpool était presque parfait

Sous la pluie d'Anfield et portés par leur mage Salah, les Reds ont failli rendre fous les Romains. Failli seulement: l'erreur est humaine et même parfois allemande.

Dans les tribunes d'Anfield, la légende romaine Totti en souffrance (Capture d'écran)
Dans les tribunes d'Anfield, la légende romaine Totti en souffrance (Capture d'écran)

Le meilleur joueur du monde? Certains osent déjà la question, d'autres évoquent carrément le Ballon d'or. Tant fut renversante la nouvelle démonstration de Mohamed Salah, lors de la demi-finale aller de la Ligue des Champions entre Liverpool et Rome.

Le petit Egyptien a apporté la preuve que son niveau actuel atteignait désormais des hauteurs pyramidales. Une preuve par trois.

Premier acte: deux buts de mage et de sphinx. Avec d'abord une lucarne nettoyée au Kärcher maison -c'est la panique chez les araignées, aurait dit Gaston Lagaffe. Puis une contre-attaque fatale comme la foudre et fine comme un crime parfait.

Deuxième acte: enfumage et enrhumage sur le côté, deux fois, d'un malheureux garde-chiourme romain et martyr. Pour deux passes décisives. Mané et Firmino disent merci qui? Merci Mo.

Le troisième acte se jouera sur l'air bien connu d'un seul être vous manque et tout est dépeuplé. La faute à un entraîneur prenant la fumeuse décision de sortir sa star à la 75ème minute, alors que le score était de cinq prunes à rien. Merci Klopp, comme on dit chez les Grecs.

Cela ne se fait pourtant pas dans les grandes équipes, sortir le meilleur joueur quand il est meilleur à ce point-là. Quel que soit le score, ni Messi ni Ronaldo ne sortent. Jamais. Autant vouloir terminer une partie d'échecs en sacrifiant sa reine. Reposer la reine n'a pas de sens. La reine n'est jamais fatiguée. Sans son maestro, Liverpool en tout cas perdit immédiatement le fil, recula, et Rome s'enhardit, inscrivant deux buts en forme d'espoir inespéré pour le match retour.

Bref la démonstration était implacable: sans Salah, Liverpool, soupe sans sel, ne vaut plus grand chose. Cette dépendance, surtout psychologique, du collectif à un seul individu est la marque des plus grands.

En attendant mieux, qui sait, Salah vient d'être logiquement honoré du titre de meilleur joueur du championnat anglais. Au nez et à la barbe du glabre et pourtant magistral belge de Manchester City, Kevin De Bruyne.

Deux joueurs par parenthèse que l'incomparable Mourinho, en son temps, n'avait pas jugé assez bons pour évoluer sous sa si compétente houlette à Chelsea. Tout le monde peut se tromper. Même Mourinho. Et parfois Klopp.
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