26 janvier 2018

Le danger de l’inaction

L'éditorial de Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.

Steve Gaspoz
Steve Gaspoz, directeur de la rédaction.
Temps de lecture 2 minutes

D’ici quelques semaines, nous allons devoir nous prononcer sur le maintien ou non de la redevance radio-télévision. Difficile de ne pas être au courant, tant le battage autour de cet objet est grand. Pourtant, l’autre objet soumis à votation le 4 mars prochain n’est de loin pas insignifiant puisqu’il s’agit de la prolongation de l’impôt fédéral direct. Étonnant, non?

D’autant que les deux objets concernent au final la même chose: la possibilité pour l’État de se financer et financer ses services. Sans impôts fédéraux, pas de services publics, sans «Billag», pas de service public de radio-télévision. Le problème, c’est que l’impôt fédéral direct n’est combattu par personne, ou peu s’en faut, et qu’il est vu comme «juste» puisque adapté aux revenus de chacun. À l’inverse, la redevance ne couvre qu’un service et s’avère donc onéreuse en comparaison.

Et c’est dans cette cherté justement que se cache le malaise. Car comment expliquer que quelqu’un doive payer, par exemple, 5000 francs d’impôts fédéraux pour faire fonctionner la Confédération dans son ensemble et 451 francs en sus uniquement pour les médias d’«État»? Dans notre entretien, Doris Leuthard indique que si la redevance n’a pas été incluse dans les impôts, c’est pour garantir l’indépendance de la SSR. Pour le coup, c’est aussi ce qui pourrait signifier sa dislocation.

Tout un chacun comprend la nécessité pour un État de garantir une information neutre et de qualité. Et que donc de l’argent est nécessaire. La votation n’aurait ainsi jamais dû avoir lieu sous la forme qu’elle a prise. Nous nous retrouvons dans une politique du tout ou rien, alors que le débat sur la tâche des médias publics, leur offre, leur prix et leur mode de financement n’a pas eu lieu. Une prise d’otages de laquelle personne ne sortira gagnant.

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