11 juin 2012

Du pain pour les cygnes: n’en jetez pas trop!

Le pain, c'est très bon pour les humains. Mais pas particulièrement digeste pour les cygnes... ni forcément ingurgité par les bestioles qu'on espère!

Dessin d'un cygne avec une baguette de pain flottant à côté de lui
Le pain n’est pas sain pour les cygnes.
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C’est dimanche, les familles se suivent en circuit au bord du lac, des sacs remplis d’un précieux butin que les enfants se battent pour porter: du pain pour les cygnes. But de balade familiale numéro un en Suisse, la becquée aux palmipèdes, canards et autres mouettes, oxygène la smala pour pas un rond. La pratique est tellement bien ancrée dans les traditions que certaines villes abritent des containers de récupération pour les restes de pain sec qui serviront à nourrir ces animaux les autres jours de la semaine.

Mais tout cela n’est pas très raisonnable. Car même si les majestueux volatiles ont l’air d’aimer le pain, le pain n’est pas bon pour eux. D’abord parce que leur organisme n’est pas programmé pour le digérer. Ensuite parce que c’est un aliment artificiel, bien maigre nutritionnellement parlant, sans vitamine, avec du sel et beaucoup d’hydrates de carbone. Et puis encore parce qu’il leur tombe tout cuit dans le bec, contrairement aux plantes ou larves d’insectes qu’ils doivent aller chercher eux-mêmes. En plus, cette pitance dominicale fait douloureusement gonfler le ventre des oiseaux, relèvent certains spécialistes. Quand elle ne crée pas de micropollution dans les ports où les restes de pain flottent sans être mangés.

Mais bon, grand observatoire suisse des oiseaux, la Station ornithologique de Sempach n’a pas constaté d’hécatombes de cygnes à cause du pain. Il n’existe cependant pas de grandes recherches à ce sujet. Il n’y a guère qu’en 2004 du côté de Zurich qu’une douzaine de cygnes avaient succombé à l’ingestion de restes de miches. Et encore, c’est qu’elles étaient moisies.

On peut donc continuer à leur jeter du pain. Mais modérément. Et seulement d’un geste ample pour que les miettes atterrissent dans l’eau et non sur le béton des rives. Les oiseaux ont plus de risques de se refiler des maladies s’ils viennent en nombre picorer à terre… au milieu des fientes.

Mais le plus gros danger à nourrir les cygnes, c’est qu’on engraisse aussi… les rats! Bien planqués sous les rochers ou les quais, ces petits malins des villes en profitent. A tel point que Lucerne a dû sensibiliser la population à cet effet collatéral.

Photographe: Konrad Beck

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