12 décembre 2017

Le Rino féroce

Légendaire combattant du calcio, Gennaro Gattuso se retrouve à la tête d’un AC Milan en grandes difficultés. Les débuts sont –vocalement du moins - tonitruants.

Gattuso, l’homme qui rugit plus vite que son ombre.
Gattuso, l’homme qui rugit plus vite que son ombre.

«Gladiateur», «chien fou», les qualificatifs dont Gennaro Gattuso a été affublé dégagent tous un petit parfum gentiment guerrier. Son premier et plus fameux sobriquet n’échappe pas à la règle: Ringhio, le rugissant, devenu bientôt Rino.

Sous le maillot de l'AC Milan et de la Squadra Azzurra, il aura été, une bonne décennie durant, l’incarnation de la sentinelle impitoyable annihilant, en mode pitbull, les offensives adverses, avant même souvent qu’elles soient esquissées. Voici donc Rino Gattuso entraîneur à la rescousse d'un AC Milan aujourd’hui à la dérive.

Premier match et première catastrophe, comme on sait: les Milanais concèdent dans les arrêts de jeu un match nul infamant chez le cancre absolu de la Série A et de toute l’Europe, le néo-promu Benevento, qui avait perdu jusque-là ses quatorze premiers matchs. Goal, qui plus est, marqué par le gardien de Benevento monté sur un ultime corner. Commentaire à chaud de Rino: «Il aurait mieux valu prendre un coup de couteau qu’un but pareil.» Parole de Calabrais pur sang.

Une défaite s’est ensuivie en ligue Europa contre Rijeka. Et la défaite, il n’aime pas trop, Rino: «Quand on perd, on doit brûler à l’intérieur, ce doit être comme des funérailles.» Un message clair à l’attention d’une génération de joueurs qu’il a déjà un peu dans le nez: «Moi quand je perdais, je sombrais dans la frustration, aujourd’hui quand ils perdent, les joueurs prennent un selfie et le mettent sur Internet, ça me rend malade.»

Ce n’est un secret pour personne: Gattuso a la langue aussi pendue qu’il avait le tacle assassin. Son coéquipier Andrea Pirlo, avec qui il formait un duo inoubliable, genre le poète et le boucher, prend-il sa retraite? Voici l’hommage qui lui est servi, à la sauce Rino: «Comme ça, il avait l’air d’une personne très sensible mais en réalité et avec le respect que j’ai pour sa mère, c’était un grand fils de pute.»

En 2012, quand Berlusconi installe sa fille dans l'organe de direction de l'AC Milan, Rino cache sa joie: «Je ne devrais pas dire ça, mais je ne vois pas de place pour les femmes dans le football.» Un jeu qu’il envisage d’une façon effectivement plutôt virile: «Il va falloir nous comporter comme sur un champ de bataille.»

Cela tombe bien: le général Gattuso vient de remporter, contre Bologne, une première victoire à la tête des troupes milanaises. De quoi rugir de plaisir.
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