7 décembre 2017

Le skipper qui suit Magellan

L’entrepreneur genevois Pietro Godenzi dirige depuis 2015 un tour du monde à la voile calqué sur l’itinéraire du célèbre marin portugais. Avec une double approche scientifique et éducative.

Pietro Godenzi
Le périple autour du monde de Pietro Godenzi se terminera en avril 2019 à Séville.
Temps de lecture 3 minutes

Être originaire de Poschiavo dans les Grisons et grandir à Meyrin ne prédispose pas forcément au long cours. «Mais sur la terrasse de notre immeuble il y avait des mouettes qui me faisaient tout le temps penser à la mer, je les nourrissais de bouts de pain», explique Pietro Godenzi. Un jour, avec un copain, un engagement est pris: naviguer avant leurs 30 ans autour du monde. Pietro termine une formation de biologiste, se marie. Mais la promesse est respectée: «On s’est acheté un bateau, on est partis pour un périple de quatre ans avec nos compagnes.»

À son retour, il crée avec un autre ami une entreprise de gestion de déchets. En 2001, à Toulon, il rachète un ketch de 33 mètres, Fleur de Passion. Dans l’idée de faire naviguer des jeunes en difficulté et d’accompagner des projets scientifiques. La Fondation Pacifique était née.

En 2015, c’est le lancement de l’Ocean Mapping Expedition, un périple autour du monde sur les traces de Magellan et qui se terminera en avril 2019 à Séville, 500 ans après le navigateur portugais. Avec à bord des équipage de trois marins, des jeunes, des scientifiques et des dessinateurs qui se relaient d’étape en étape. Fleur de Passion s’approche actuellement de l’île de Cebu en Indonésie où Magellan fut tué par les indigènes.

Une journée avec Pietro Godenzi

8h00 Chez Ecoservices «Nous avons commencé avec la gestion des déchets, aujourd’hui nous nous occupons aussi des problèmes d’amiante, de sols contaminés, de la sécurité au travail, etc. La société compte trente employés.»

10h00 Les carnets de bord «Les dessinateurs qui embarquent sont un peu nos témoins comme l’a été pour Magellan le marin italien Antonio Pigafetta qui a chroniqué tout le voyage. Ce dessin de Pierre Baumgart, que l’on peut voir dans l’exposition «Notre île aux épices», montre bien la richesse des fonds marins que l’on connaît encore peu.»

11h00 Avec le bosco Yves Plebert à l’exposition «Notre île aux épices» «Au départ, Fleur de Passion était un dragueur de mines, un ravitailleur de sous-marin, construit en 1941. Ce bateau a fait la guerre, aujourd’hui il prône la paix.»

En mer «Cette photo a été prise sur la grande barrière de corail. Le bateau est plus fort que nous, on l’a vu à la sortie d’un typhon en Australie. Les passagers peuvent avoir peur mais l’équipage et le bateau doivent assurer.»

12h00 Avec un des dessinateurs de l’expédition, Ambroise Héritier

«Ce qui est formidable dans ce projet, ce sont tous ces gens différents à bord. Le bateau est un microcosme de la Terre, la preuve que quand on le veut, on peut vivre ensemble, jeunes et vieux, de couleurs et de religions différentes.»

14h00 Au QG de la Fondation Pacifique «Les projets scientifiques menés depuis Fleur de Passion consistent en différentes cartographies: de la pollution sonore des océans, de la pollution microplastique, de la grande barrière de corail et des gaz à effet de serre. Nous avons vu des plastiques qui s’accrochent aux algues et aux anémones que les tortues mangent…»

16h00 Au bord du Rhône «Nous essayons de montrer aux jeunes fracassés que nous emmenons à bord qu’ils ont un immense potentiel. Ils ne vont peut-être pas tous en finir avec la drogue, trouver un travail, mais quand ils reviennent, ils sont convaincus qu’ils peuvent le faire. Les sortir de leur environnement, c’est déjà une victoire.»

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