13 février 2018

Le Titanic de Constantin

Bateau ivre, le FC Sion est en train de couler. Malgré un amiral qui s’époumone et vitupère au bastingage.

La Challenge League, c’est par là. (Capture d'écran Canal 9
La Challenge League, c’est par là. (Capture d'écran Canal 9)

Elimination de la Ligue Europa par une improbable équipe de plombiers lituaniens. Naufrage en Coupe de Suisse contre les modestes pirates de Stade Lausanne Ouchy. Lanterne rouge du classement de Super League avec seulement 4 victoires en 21 matchs, et déjà sept points de retard sur le premier non relégable. Pas de doute: le FC Sion millésime 2017-2018 fait très fort.

Cette lente descente aux enfers, un homme l’avait vu venir de loin: le tout puissant président Constantin. Si l’on en croit, au fil de la saison, ses déclarations toujours croquignolettes et amèrement courroucées. Extraits.

28 juillet : «Le mal est fait, profondément, au niveau du résultat, de l’envie et de la manière. Il ne faut pas déconner. Si des joueurs ne veulent pas faire carrière, ils iront voir ailleurs.»

16 septembre: «C'est honteux. C'est de la m.... On est au fond du trou. Pas d’envie de jouer au foot, pas d'organisation. On prend tout à la légère, la coupe de Suisse, la Ligue Europa et le championnat. Je ne comprends pas ce que nous faisons.»

23 octobre : «L’alchimie n’a pas pris. C’est la preuve que l’on ne peut pas importer le succès. Ce que l’on a fait, c’est déplaisant. Pas de vie, pas de jeu.»

23 novembre : «Je ne suis convaincu par rien du tout. Je nous vois en grand danger. Si je te disais que je ne suis pas dans la merde, je dirais plus que des mensonges.»

5 décembre : «Les gars sont prévenus. Ils doivent former un commando. Il faut que l’on devienne des hommes. L’objectif, c’est le combat des points. Face à la peur, on doit être des durs au mal.»

12 décembre: «Nous allons tout droit en Challenge League. Je suis peut-être le seul à m’en rendre compte. Je n’ai dans ce contingent que des beaux-fils qui ne vont pas au combat. On ne peut pas aller à la guerre sans guerrier. Je ne sens plus le pouls de l’équipe. J’ai eu le tort de trop faire confiance…»

18 décembre : «L’ennui, c’est que le positif, faute de consistance, ne dure jamais assez longtemps.»

6 février: «Je me suis trompé. On est dans une très mauvaise situation, j’en suis responsable. Si vous voulez parier de l’argent, misez sur la relégation du FC Sion, vous allez en gagner beaucoup. J’ai vu un mauvais film. C’est comme le Titanic, tu peux le regarder dix fois, à la fin le bateau coule quand même… »

Voici peut-être le temps venu pour Christian Constantin d’adapter un de ces fameux proverbes dont il aime régaler la galerie. Ce qui donnerait: «Un con qui se marche dessus va rarement plus loin qu’un intellectuel assis.» Et même couché.

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