29 mai 2017

Le ver, sauveteur écolo?

Les insectes semblent voir peser une bien grande responsabilité sur leurs frêles épaules.

Leila Rölli
La chronique de Leïla Rölli.

Alors qu’on attendait déjà d’eux qu’ils éradiquent la famine sur terre – la loi suisse sur les denrées alimentaires considère les vers de farine et autres grillons ou criquets comme étant des aliments depuis ce printemps – ils sont maintenant tenus de faire disparaître la pollution plastique de la surface du globe.

En 2015 déjà, une étude de chercheurs de l’Université de Stanford (lien en anglais) révélait que le ver de farine est capable de digérer le plastique sans influence sur sa santé. Découverte prometteuse qui risque de ne pas être exploitée puisqu’on vient de trouver plus goulu et plus efficace. Deux ans plus tard, ce sont les larves de la fausse teigne qui prennent le titre de nouvelles stars de l’environnement grâce à leur étonnante facilité à dégrader le polyéthylène dont sont faits de nombreux emballages plastiques.

C’est lors d’une étude menée sur cet ennemi juré des abeilles par l’Institut de biotechnologie de Cantabrie (CSIC), en Espagne, que cette gloutonnerie atypique a été révélée tout à fait par hasard. Réservée dans un sac plastique en attendant d’être observée, la centaine de larves de la fausse teigne a entamé le sachet, le perçant de toutes parts.

Une expérience a confirmé que cent larves engloutissaient le plastique au rythme de nonante-deux milligrammes en huit heures, soit près de cinq fois plus qu’un nombre identique de vers de farine sur une même période.

Un sac plastique, qui met normalement jusqu’à quatre siècles et demi à disparaître dans la nature, serait donc dévoré en une vingtaine de jours. Plutôt intéressant! Au Japon, on s’intéresse à une bactérie nommée Idonellea skaiensis. Les chercheurs de l’Université de Kyoto (lien en anglais) surveillent de près cet organisme qui, grâce à des enzymes, se nourrit de polyéthylène téréphtalate que l’on retrouve notamment dans la composition des bouteilles en plastique.

Mais sachant que mille milliards de sacs plastiques sont jetés tous les ans, qu’à l’échelle mondiale, un tiers des emballages finissent dans la nature et que de véritables îles de plastique se forment dans nos océans et que chacune d’entre elle compte près de neuf cent mille objets au kilomètre carré, on espère fortement que ces larves sauveuses ont les crocs... Sinon, il ne reste qu’une solution à l’humanité: changer de comportement.

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