18 février 2013

Le yoga contre les dépendances

Lâchez l’alcool, le cannabis ou la cigarette pour une drogue saine: l’extase. Une substance 100% naturelle fabriquée par le corps, selon Randhir Kumar, maître de yoga, thérapeute et conférencier.

kundalini yoga
Le kundalini yoga n’est de loin pas uniquement réservé aux personnes dépendantes.
Temps de lecture 5 minutes

«Le yoga, c’est le meilleur des substituts de l’alcool ou des drogues!» Vous croyiez le yoga juste bon à délasser les femmes stressées ou dynamiser des corps d’hommes séduits par un challenge postural? Détrompez-vous.

Randhir Kumar, maître de yoga: «L’ensemble produit des effets phénoménaux»
Randhir Kumar, maître de yoga: «L’ensemble produit des effets phénoménaux»

Pour Randhir Kumar, maître de yoga installé depuis quatre ans à Estavayer-le-Lac (FR), le yoga est un soin puissant. Une thérapie capable de venir à bout de tous les maux. Diplômé de grandes universités indiennes, initié depuis l’enfance à des techniques secrètes en Inde mais aussi en Grande-Bretagne, ce guide et guérisseur spirituel du Penjab enseigne cette science millénaire sous forme de cours, mais aussi de séminaires et d’ateliers pratiques un peu partout en Europe. L’un de ses chevaux de bataille: l’addiction. Désespéré de voir les jeunes – et moins jeunes – s’enfoncer dans la recherche de plaisirs artificiels en s’enivrant jusqu’au coma ou fumant du cannabis, le jeune homme rêve que tous accèdent au puits de connaissances et d’expériences qu’apporte la pratique du yoga.

De la méditation à la médecine ayurvédique

C’est qu’il ne se résume pas aux postures réalisées plus ou moins acrobatiquement dans les salles de fitness: elles n’en constituent qu’une infime part. Dans son sens original, le yoga comprend aussi de la méditation, des exercices de respiration (pranayama), des techniques de purification (kriyas), des mantras (ou sons chantés) et des remèdes ayurvédiques. «L’ensemble produit des effets phénoménaux», assure Randhir Kumar.

Saviez-vous que cette discipline était connue pour réguler des hautes ou des basses pressions, soigner ulcères ou problèmes digestifs, soucis de dos ou d’articulations et tous les troubles liés au stress, aux angoisses et à la dépression? Elle fait aussi merveille dans les cas de cancers, en complément de la médecine traditionnelle, relève le maître de yoga.

Et ce n’est pas nouveau que le yoga soit utilisé dans le traitement des addictions: on en parlait déjà en pleine période hippie de la fin des années 60 (lire l’encadré).

Pakshiasana - Flying Bird Pose: une position bénéfique pour l'endurance sexuelle, la circulation sanguine dans les jambes, la flexibilité des jambes, du dos, les articulations.
Pakshiasana - Flying Bird Pose: une position bénéfique pour l'endurance sexuelle, la circulation sanguine dans les jambes, la flexibilité des jambes, du dos, les articulations.

Parce que la pratique du yoga au sens large a la particularité d’influencer des fonctionnements internes sur lesquels on n’a habituellement aucune prise. Comme le système nerveux autonome – sympathique et parasympathique – qui comme son nom l’indique s’occupe d’activités de notre corps qui roulent (ou pas) toutes seules: la digestion, la transpiration, les mécanismes du stress qui préparent à la lutte et ceux de la relaxation, la circulation du sang, la respiration, etc. Randhi Kumar assure pouvoir ainsi faire monter ou baisser sa propre température corporelle.

Certains yogi bien entraînés sont capables d’arrêter leur cœur ou leur circulation sanguine, tout en restant en vie…

Sans aller jusqu’à ces extrémités, se débarrasser les veines du poison qu’on y instille en consommant drogues (au sens large) ou alcool serait donc, pour le commun des mortels, une balade de santé. Car chaque posture de yoga provoque déjà des effets insoupçonnés. Par exemple, celle du poisson, tout en torsion, soulage les troubles au niveau des intestins, du pancréas et des reins. Celle où, assis les jambes tendues, on tire ses orteils contre soi, n’est pas que du stretching: en lien avec les parties génitales, elle permet de réguler les menstruations par exemple. Et les exercices de respiration font circuler bien plus que l’oxygène dans les veines: «Quand vous inspirez, vous remplissez votre corps d’énergie vitale, qui stimule les organes, les nettoie via une grande production d’urine et de transpiration», explique le spécialiste.

Bien plus encore, ajoute Randhir Kumar:

Le corps est capable de créer de la joie, du bien-être 100% naturel.

Des effets rapides, en quelques minutes, devant lesquels alcool ou cannabis peuvent aller se rhabiller. Et sans les contre-coups de chutes d’autant plus bas qu’on est monté haut, les perte d’estime de soi et tendance à la dépression, ainsi que les inévitables atteintes aux autres organes vitaux. En bref, une libération d’hormones comparable à celle que connaissent les grands sportifs lors de séances soutenues.

Puisant dans les diverses techniques du yoga, notamment le kundalini (lire l’encadré), Randhir Kumar concocte des entraînements sur mesure aux personnes dépendantes, après une séance de diagnostic des conditions physique et psychique.

En deux ou trois semaines, j’ai vu mes patients abandonner leurs dépendances avec succès. Ils sont frais. Epatés de réaliser qu’ils peuvent accéder à un niveau de bien-être égal, sans drogue ni alcool.

D’avoir pu remplacer l’ecstasy par l’extase, en gros…

Photographe: Laurent de Senarclens

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