10 octobre 2017

Paillettes et confettis: la nature n’est pas à la fête

La chronique de Leïla Rölli.

Leïla Rölli
Leïla Rölli, chroniqueuse.

Il y a deux semaines, la Fête des Vendanges s’emparait des rues de Neuchâtel, attirant plus de 300 000 visiteurs qui repartirent tous avec de merveilleux souvenirs plus ou moins nets... et des confettis planqués dans les endroits les plus improbables. C’est un fait, le confetti est sournois et il a une fâcheuse tendance à se glisser là où il ne devrait pas.

Pour preuve, bien que la voirie fasse un travail admirable dans ce carnaval de vaisselle jetable, on retrouve ces bouts de papiers multicolores des semaines durant, et nombreux sont ceux qui finissent dans les égouts. Bien qu’ils soient plus ou moins considérés comme biodégradables, je ne voyais déjà pas d’un bon œil leurs couleurs festives se diluer dans les eaux usées, mais depuis quelques années la situation s’est encore dégradée. Un nouveau genre de confetti a fait son apparition en opposition totale avec l’éveil du canton pour l’écologie: le confetti brillant, celui qui arbore une face aux reflets métalliques et qui pour le coup, est encore moins «eco-friendly»... «mais arrêtons de râler, c’est juste une fois par année!»

Et puis il y a ces confettis perpétuels: les paillettes. Cette poudre d’étoiles qui a successivement illuminé le regard des stars du disco, habillé Mariah Carey dans sa période Glitter, et qu’aujourd’hui, les réseaux sociaux sèment à tout vent. A cause des tendances licornes et sirènes qui ne s’essoufflent guère, les paillettes sont incontournables. Ingrédients des savons, boules de bain et autres «slimes» faits maison, stars du bricolage, «must have» des palettes de maquillage 2017, elles sont, en fait, constituées de plastique, d’aluminium et de polyéthylène téréphtalate (PET)... Autrement dit, elles sont aussi indestructibles que le marteau de Thor.

Comme leurs cousins les confettis, les paillettes se faufilent partout, même à travers les systèmes de filtration d’eau. Malgré leur petite taille, elles font partie intégrante des 8 millions de tonnes de déchets plastiques qui finissent dans les eaux du globe chaque année, empoisonnant au passage la faune aquatique qui les confond avec du microplancton.

Alors oui, la plupart d’entre nous ne les utilise qu’à de rarissimes occasions, lors d’une soirée déguisée, pour remplacer la pluie de riz sur les jeunes mariés ou animer de joyeuses batailles sur les campus. Mais alors, ne pourrait-on pas simplement s’en passer?

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