5 septembre 2017

Végétalisons nos toits!

Pour nous sauver des enfers de la canicule, Leïla Rölli cite une action salvatrice qui ne présente que des avantages: les toitures végétalisées.

Leïla Rölli.
Leïla Rölli, chroniqueuse.

Chaque année, nous battons de nouveaux records. Pics de chaleur, catastrophes naturelles sans précédent, fonte précipitée des glaciers... La fièvre de notre planète ne semble pas vouloir redescendre. D’après le climatologue Jean Jouzel, les canicules d’aujourd’hui ressembleront à de douces brises printanières à côté des fournaises annoncées à plus de 50 °C d’ici à 2050.

Sommes-nous perdus? Je n’ai pas la réponse. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas une seule et unique solution pour nous sauver des enfers, mais des centaines à combiner. C’est par un cumul de gestes quotidiens, d’innovations durables, de remises en question et pas mal de bonne volonté que nous y arriverons.

Parmi ces actions salvatrices, les toitures végétalisées n’offrent que des avantages. Relativement simples et peu coûteuses, elles absorbent les émissions de CO2, produisent de l’oxygène et fixent poussières et pollens, de quoi ravir les enrhumés des foins et autres asthmatiques. Les bénéfices se ressentent directement sur l’atmosphère des cités, car ces jardins en hauteur augmentent l’humidité et œuvrent à réduire la fournaise urbaine – imaginez les économies en clim’ – fournaise connue pour amplifier la pollution de l’air.

Les inondations sont également atténuées par ces toits de verdure, puisqu’une partie de l’eau de pluie y est retenue. On n’évitera malheureusement pas les ravages des ouragans violents comme celui subi par le Texas en ce moment, mais on pourrait éviter de devoir sortir les palmes pour traverser le sous-voie de la gare de Renens (VD) lors de précipitations fournies. Autre grande gagnante, la biodiversité. Insectes et oiseaux y trouveront leur bonheur... à la condition que les plantes ne soient pas douchées aux néonicotinoïdes, évidemment.

En Chine, on prend les devants. A Liuzhou, dans la province du Guangxi, la première ville-forêt pendra sa crémaillère en 2020 et sera recouverte d’un million de plantes d’une centaine d’espèces différentes et de 40 000 arbres. Imaginée par le bureau d’architecture italien Stefano Boeri et vaste de 175 hectares, «Forest City» produira environ 900 tonnes d’oxygène par année et absorbera 57 tonnes de polluants divers ainsi que 10 000 tonnes de CO2 sur la même période. De quoi largement compenser les émissions de ses 30 000 habitants.

Les plus sceptiques diront que les jardins suspendus n’ont pas empêché Babylone de se casser la figure, mais il faut garder espoir. J’ai récemment réussi l’exploit de garder mon petit plant de basilic en vie plus d’une semaine, c’est bien la preuve qu’on peut encore croire aux miracles!

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