7 juin 2018

Les dix plus grands moments du Mondial

De Sevi Minelli à Stéphane Chapuisat, en passant par «Zubi»: «Migros Magazine» revient sur dix exploits inoubliables de la Nati lors de la Coupe du monde.

Pascal «Zubi» Zuberbühler
Le gardien Pascal «Zubi» Zuberbühler a réalisé une performance extra­ordinaire en 2006. (Photo: Fred Merz)
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Jacques «Jacky» Fatton (1925-2011): le héros de São Paulo

«C’était un homme timide», se rappelle Michel Fatton, fils de Jacques «Jacky» Fatton, qui a joué 29 fois avec la Nati. (Photo: Fred Merz)
L’attaquant suisse Jacky Fatton a inscrit deux buts en 1950 contre le Brésil, offrant à l’équipe helvétique un match nul 2 à 2 inespéré. (Photo:© Sport Archive/ FIFA Museum )

Pour un footballeur, on peut difficilement rêver mieux que de se qualifier pour une Coupe du monde au Brésil et de faire match nul contre le pays hôte. C’est ce qui est arrivé à l’attaquant suisse Jacky Fatton en 1950, qui s’est de surcroît payé le luxe d’inscrire les deux buts. Un match inoubliable dont il aurait pu se vanter toute sa vie. «Mais il était bien trop timide pour cela», témoigne son fils Michel (70 ans), qui a lui aussi évolué comme attaquant sous le maillot du Servette FC. Le journaliste Gérald A. Piaget a pu interviewer plusieurs fois Fatton. Nous reprenons texto l’histoire de ce match de groupe légendaire Suisse-Brésil, telle que Fatton l’a racontée.

Après avoir perdu 3:0 son premier match contre la Yougoslavie, la Suisse était déjà pratiquement éliminée. Largement favori, le Brésil contrôlait le match à sa guise: «Nous n’avons pas franchi plus de dix fois la ligne médiane», raconte Fatton. «Les Brésiliens ont certes campé en permanence dans notre moitié de terrain, mais ils n’ont pas réussi à faire sauter notre verrou.»

Les Brésiliens ont certes campé en permanence dans notre moitié de terrain, mais ils n’ont pas réussi à faire sauter notre verrou

Jacky Fatton

À la 18e minute, le capitaine suisse Fredy Bickel adresse un centre devant le but brésilien, Jean Tamini manque le cuir qui file entre les jambes d’un défenseur avant d’aboutir sur le pied de Fatton, qui le glisse du «pointu» au fond de la cage. L’égalisation suisse plonge le public du stade Pacaembu dans la torpeur! Les médias brésiliens se déchaînent contre leur équipe, incapable de dominer ces «vachers suisses». Le calme revient lorsque la Seleção reprend l’avantage à la 32e minute grâce à une tête de Baltazar.

En deuxième mi-temps, le gardien Georges Stuber réalise quelques parades fantastiques qui maintiennent la Suisse à flot jusqu’à deux minutes du coup de sifflet final, moment que choisit Fatton pour frapper à nouveau: «J’ai repris le ballon de volée. Le cuir roulait vers le but et là, le gardien a fait un saut de carpe aussi lent qu’inutile. Lorsqu’il a touché le sol, le ballon avait franchi la ligne.» À quelques secondes de la fin du match, Hans-Peter Friedländer a même la victoire au bout du pied lorsqu’il se retrouve seul devant le gardien Barbosa, mais ajuste le poteau. On en reste donc au score déjà sensationnel de 2:2. Le Brésil, qui avait gravement sous-estimé la Suisse, s’est ridiculisé devant son public.

La Suisse remporte ensuite 3:2 son 3e match de groupe mais, avec trois points, elle se retrouve éliminée. Quant à Fatton, il pointe au 5e rang du classement des meilleurs buteurs suisses de tous les temps avec 29 réussites.

Severino «Sevi» Minelli: Un défenseur garant du «verrou»

Petite-nièce de Severino «Sevi» Minelli, Michèle Minelli décrit le footballeur comme l’un des meilleurs défenseurs du monde.(Photo: Fred Merz)
En 1934, la Suisse participe pour la première fois à une phase finale de la Coupe du monde. (Photo: © Sport Archive/ FIFA Museum )

En 1934, la Suisse participe pour la première fois à une phase finale de la Coupe du monde, en Italie voisine. Quatre ans auparavant, la plupart des équipes européennes ont renoncé à se rendre en Uruguay, car à l’époque, il fallait y aller en bateau et le voyage prenait trois semaines. La Suisse finit en tête de son groupe de qualification, ce qui lui permet d’affronter ensuite les Pays-Bas au stade de San Siro à Milan. La Nati s’impose 3:2 et se qualifie pour les quarts de finale où elle s’incline de justesse par 3 buts à 2 contre la Tchécoslovaquie.

L’un des principaux protagonistes de la qualification suisse pour les quarts de finale est un «secondo»: Severino «Sevi» Minelli, fils d’un immigré italien et l’un des meilleurs défenseurs du monde: «On nous a toujours dit que c’était le meilleur», confie en riant sa petite-nièce Michèle Minelli (49 ans)*. «Il était mû par une volonté inébranlable de devenir footballeur, il n’a pas hésité un jour à se rendre à Genève (distante de 300 km) à vélo, pour frapper à la porte du Servette FC. » Il se dit aussi qu’à l’âge de 5 ans, Severino tapait déjà dans une boîte de conserve dans les rues de Küsnacht, où ses parents exploitaient un restaurant italien.

On nous a toujours dit que c’était le meilleur

Michèle Minelli

Sevi atteint l’apogée de sa carrière à la fin des années 1930, à une époque où la Suisse rivalise avec les meilleures nations du monde. Le nouvel entraîneur national Karl Rappan met en place un nouveau système défensif, le fameux «verrou suisse», ancêtre du «catenaccio», qui pose de gros problèmes aux équipes adverses. Le gardien de but Willy Huber et les deux défenseurs centraux August Lehmann et Severino Minelli sont considérés comme de véritables héros encensés par la presse qui célèbrent ces défenseurs «infranchissables, pugnaces, durs au mal et collectifs».

En 1938, Sevi porte le brassard de capitaine lors de la Coupe du monde disputée en France, où la Suisse fête peut-être le plus grand succès de son histoire.

* Michèle Minelli, écrivain, publiera en août un roman intitulé «Der Garten der anderen» aux Éditions Salis.

André «Trello» Abegglen: quand la «Nati» a fait plier les nazis

Fritz Abegglen n'a jamais connu Trello Abegglen, ni ses frères Jean et Max. (Photo: Fred Merz)
Le onze helvétique a affronté l’Allemagne au Parc des Princes en 1938. Il y aura un premier match nul. (Photo:© Sport Archive/ FIFA Museum )

Lors de la Coupe du monde 1938 en France, la dernière disputée avant que le monde ne sombre dans la guerre, la Suisse aligne peut-être la meilleure équipe de son histoire. La compétition se joue par élimination directe et, en huitièmes de finale, le onze helvétique affronte l’Allemagne nazie. Au Parc des Princes, la Suisse encaisse un premier but, mais parvient à égaliser grâce à un coup de tête du redoutable buteur du Servette André «Trello» Abegglen, qui reprend un centre et propulse le cuir dans la lucarne gauche. On en restera à 1:1 et le match sera rejoué le 8 juin 1938 pour l’accès aux quarts de finale.

La Suisse démarre la rencontre en encaissant un but dès la 8e minute. À la 22e minute, Ernest Lörtscher marque le premier autogoal de l’histoire de la Coupe du monde. Mais juste avant la mi-temps, Eugène «Genia» Walaschek réussit à réduire le score. En seconde période, la Suisse fait cavalier seul. Elle égalise par Fredy Bickel avant que Trello Abegglen ne signe un doublé à la 75e et à la 79e minute. La petite Suisse terrasse la grande Allemagne sur le score de 4:2, un succès mérité.

Mon père me parlait souvent d’eux, même s’il ne les avait hélas jamais connus personnellement

Fritz Abegglen

Trello Abegglen, qui mourra des suites d’un accident de train en 1944, est issu d’une famille de footballeurs: ses frères Jean et Max ont eux aussi porté le maillot de la «Nati». Max a inscrit 32 buts pour la Suisse, ce qui le place au 3e rang des meilleurs scoreurs de tous les temps, juste devant Trello, qui en compte 30. Surnommé «Xam», Max est aussi co-fondateur du club de Neuchâtel Xamax, auquel il a donné son nom. Son père Johann était originaire d’Iseltwald, sur les bords du lac de Brienz, où son frère Ulrich dirigeait le célèbre hôtel Chalet du Lac.

L’établissement est aujourd’hui encore aux mains de la famille Abegglen: «Mon père me parlait souvent d’eux, même s’il ne les avait hélas jamais connus personnellement», raconte Fritz Abegglen (70 ans), membre de la 5e génération, qui a dirigé le Chalet du Lac jusqu’en 2004 avant de passer le témoin à son fils Sascha. Il se souvient encore d’une anecdote: «Lorsque j’ai fait paraître une chronique pour commémorer le 100e anniversaire de l’hôtel en 1997, j’en ai envoyé un exemplaire au club de Neuchâtel Xamax, qui m’a envoyé un fanion en retour. Nous l’avons suspendu à la réception.»

Stéphane «Chappi» Chapuisat: le chasseur de buts

Stéphane Chapuisat est l’une des premières stars suisses à évoluer en Bundesliga. (Photo: Fred Merz)

Aux États-Unis, les Suisses franchissent le tour préliminaire en donnant une leçon à la Roumanie (4:1). Le onze helvétique dispute à cette occasion l’un des tout meilleurs matchs de son histoire, comme le confirme Stéphane Chapuisat (48 ans), l’une des premières stars suisses à évoluer en Bundesliga, auteur du 2e but.

«Sachant que nous pouvions nous qualifier pour les huitièmes de finale, nous avons fait le match parfait. C’est un souvenir fantastique. Grâce aux nombreux supporters suisses, nous avons pu jouer comme à la maison», se souvient l’attaquant romand, aujourd’hui chef recruteur et entraîneur des attaquants au sein des Young Boys, récent champion suisse. Cette Coupe du monde est aussi restée mémorable parce qu’elle faisait suite à de longues années de disette, rappelle «Chappi»: «Il s’agissait d’une véritable aventure collective; contrairement à ce qui se passe avec l’équipe actuelle, aucun joueur n’avait l’expérience de la Coupe du monde.»

Il s’agissait d’une véritable aventure collective; contrairement à ce qui se passe avec l’équipe actuelle, aucun joueur n’avait l’expérience de la Coupe du monde

Stéphane Chapuisat

Pour Stéphane Chapuisat, une bonne part du mérite revient à l’entraîneur de l’époque, le Britannique Roy Hodgson: «Notre équipe était bien organisée et disciplinée. Chaque joueur savait exactement ce qu’il avait à faire.»

Un an plus tard, l’équipe défraie encore la chronique en déployant une grande banderole pour protester contre les essais nucléaires français dans le Pacifique. Mais Chapuisat, blessé, n’est pas là.

Gelson Fernandes: le tombeur de l’Espagne

«Champions d’Europe, les Espagnols étaient très forts techniquement. Nous avons eu de la peine», reconnaît Gelson Fernandes. (Photo: Fred Merz)
En 2010, l’équipe suisse est la seule équipe qui a battu l’Espagne, future championne du monde. (Photo:© Sport Archive/ FIFA Museum )

Lors de la Coupe du monde 2010, une seule équipe a réussi à faire trébucher l’Espagne, future championne du monde: la Suisse. Le milieu de terrain d’origine cap-verdienne Gelson Fernandes (31 ans) se souvient de son but: «Champions d’Europe, les Espagnols étaient très forts techniquement. Nous avons eu de la peine. En deuxième mi-temps, j’ai ressenti une sensation incroyable quand j’ai marqué mon but. Waouh!» Cette réussite n’a cependant pas influencé sa carrière.

J’ai ressenti une sensation incroyable quand j’ai marqué mon but

Gelson Fernandes

Avant de s’y rendre en 2010, Gelson Fernandes n’avait encore jamais mis les pieds en Afrique du Sud. Il a été impressionné par la gentillesse des gens, mais aussi par l’importance du dispositif de sécurité mis en place. «La Coupe du monde 2018 sera la dernière que je disputerai. Ce sera donc un moment particulier pour moi, une sorte de couronnement. Mais il se peut que je continue jusqu’au prochain Euro», ajoute-t-il.

Stephan Lichtsteiner: le capitaine emblématique

Les Brésiliens soutiennent la Suisse contre l’Argentine, car ils se gaussent de leurs voisins du sud.(Photo: Fred Merz)
«L’ambiance dans le stade des Corinthians de Sāo Paulo était fantastique», se souvient Stephan Lichtsteiner. (Photo:Keystone)

En marquant un but à la 118e minute du huitième de finale Suisse-Argentine en 2014, Angel Di Maria anéantit les rêves des Suisses. Le latéral Stephan Lichtsteiner (34 ans), aujourd’hui capitaine de la Nati, n’a rien oublié: «L’ambiance dans le stade des Corinthians de Sāo Paulo était fantastique. Les fans brésiliens nous encourageaient chaque fois que nous touchions le ballon!» Ils le faisaient moins par amour des Suisses qu’en raison de la présence des Argentins avec lesquels ils entretiennent des rapports d’amour-haine. Presque à la dernière seconde du match, Dzemaili tire sur le poteau argentin: «Dans les grands matchs, ce sont souvent des détails comme ça qui font la différence», raconte Lichtsteiner.

Dans les grands matchs, ce sont souvent des détails comme ça qui font la différence

Stephan Lichtsteiner

Pilier de la Juventus de Turin pendant des années, Lichtsteiner a décidé de quitter le club italien à la fin de la saison et vient de signer avec Arsenal en Grande-Bretagne: «Ce sera sans doute mon dernier contrat de joueur pro. Cette décision était donc très importante pour moi et pour ma famille.»

Pascal «Zubi» Zuberbühler: l’homme qui arrêtait les pénaltys

«Zubi» travaille aujourd’hui comme consultant pour la chaîne Teleclub et comme responsable de la formation des gardiens à la FIFA. (Photo: Fred Merz)
Le gardien Pascal «Zubi» Zuberbühler a réalisé une performance extraordinaire en 2006. (Photo: Keystone)

Quand Pascal Zuberbühler (47 ans), gardien de la Nati pendant des années, évoque la Coupe du monde 2006 en Allemagne, il peine à cacher son enthousiasme: «C’était un événement énorme. Nous avions une super équipe. Nous avons géré souverainement nos matchs de groupe sans encaisser de but.» En huitièmes de finale, on croit que le «jour de gloire» est arrivé avant le match contre l’Ukraine. Or, après 120 minutes, le score est toujours nul et il faut se départager aux pénaltys. Les Suisses n’en transforment aucun et s’inclinent finalement 0:3 aux tirs au but.

Nous avons géré souverainement nos matchs de groupe sans encaisser de but

Pascal Zuberbühler

Avant cette fin cruelle, «Zubi» est le seul gardien du tournoi à n’avoir pas encaissé le moindre but. Il arrête également le premier pénalty ukrainien tiré par la star Shevchenko: «À mon retour en Suisse, j’ai déprimé quelque temps. C’était dur à digérer mentalement.» Des actions du match passaient en boucle dans la tête du gardien. Malgré une performance fantastique et un bilan immaculé qui restera dans les annales de la FIFA, le grand Zuberbühler, originaire de Suisse orientale, aurait préféré commettre une grosse bourde mais que la Suisse s’impose finalement 3:2. Il garde cependant un excellent souvenir de cette Coupe du monde 2006: «Lors du match contre le Togo à Dortmund, le stade était déjà plein à craquer une heure avant le coup d’envoi. Il y avait 60 000 spectateurs. Je n’avais jamais connu une telle ambiance. Waouh!»

«Zubi» travaille aujourd’hui comme consultant pour la chaîne Teleclub et comme responsable de la formation des gardiens à la FIFA: «Cette mission m’oblige à voyager énormément dans le monde entier, car je dois donner des cours aux joueurs.» Il s’envolera pour la Russie le 12 juin et assistera à plusieurs rencontres: «Je dois évaluer la performance des gardiens à l’aide d’une tablette et transmettre des actions de jeu à une équipe d’analystes. Je pense que l’on pourrait bien assister à un Mondial extraordinaire», confie-t-il.

Josef «Seppe» Hügi (1930-1995): le héros tragique du match complètement fou de Lausanne

Petite-fille de Josef «Seppe» Hügi, Caroline Hügi regrette de n’avoir jamais vu son aïeul sur un terrain. (Photo: Fred Merz)
La Coupe du monde de 1954 disputée à domicile est celle du «miracle de Berne». Face à l’Autriche, Josef «Seppe» Hügi a inscrit trois buts dans une même rencontre, qui se terminera quand même sur une défaite. (Photo: Keystone)

Il est extrêmement improbable que la Suisse puisse réorganiser un jour une Coupe du monde. Reste le souvenir de la Coupe du monde 1954 disputée à domicile, celle du «miracle de Berne» dont on parle encore aujourd’hui: en battant les grands favoris hongrois en finale par 3 buts à 2, l’Allemagne retrouve après la guerre son statut de grande nation du football.

Devant son public, la Suisse réalise elle aussi des performances qui marqueront l’histoire. Au tour préliminaire, elle bat deux fois l’Italie. L’artisan de ce succès est Josef «Seppe» Hügi, auteur de trois réalisations. En quarts de finale, la Nati affronte l’Autriche, qui fait à l’époque partie des ténors.

Cette rencontre disputée le 26 juin à Lausanne compte parmi les plus folles de l’histoire du football, notamment en raison des conditions météo extrêmes (40 degrés à l’ombre et 81% d’humidité dans l’air). Certains joueurs sont au bord de l’évanouissement. Victime d’une insolation, le gardien autrichien Kurt Schmied titube entre ses poteaux comme s’il avait trop bu. Quant au Suisse Roger Bocquet, patron de la défense, il s’écroule inanimé. Plus tard, les médecins lui diagnostiqueront une tumeur au cerveau.

Mon grand-père a trouvé cela profondément injuste et frustrant

Caroline Hügi

Aussi incroyable que cela puisse paraître aujourd’hui, les remplacements sont alors interdits: «Mon grand-père a trouvé cela profondément injuste et frustrant», raconte Caroline Hügi (38 ans). Du point de vue purement footballistique, le match est tout aussi insensé: la Suisse mène 3:0 après 19 minutes avant que les Autrichiens n’égalisent en quelques minutes. Au final, l’équipe visiteuse s’impose 7:5 à l’issue d’une rencontre qui reste jusqu’ici la plus prolifique en buts de l’histoire de la Coupe du monde.

Seppe Hügi reste pour sa part l’un des deux seuls joueurs à avoir inscrit trois buts dans la même rencontre mais qui a quand même quitté la pelouse battu: «Je ne l’ai malheureusement jamais vu évoluer sur le terrain, mais cela devait être incroyable», affirme Caroline Hügi. Son ratio de buts sous le maillot de l’équipe nationale n’a encore jamais été battu: 23 réussites en 34 rencontres, soit 0,68 but par match

Gottfried «Godi» Dienst (1919-1998): l’homme du «but de Wembley»

«Mon grand-père a même reçu des menaces de mort», raconte Sacha Kunz à propos du fameux but. (Photo: Fred Merz)
Le Bâlois Gottfried «Godi» Dienst, l’un des meilleurs arbitres de sa génération, est choisi pour diriger la finale opposant l’Angleterre à l’Allemagne. (Photo: Keystone)

Côté suisse, il n’y a pas grand-chose de positif à retenir de la Coupe du monde 1966 qui se déroule en Angleterre. L’équipe sombre corps et biens dans le groupe de la mort. Elle finit avec 0 point et une différence de buts de 1:9 contre l’Allemagne, l’Espagne et l’Argentine. Elle fait surtout parler d’elle hors du terrain: contre l’Allemagne, l’entraîneur Alfredo Foni laisse Köbi Kuhn, coupable d’avoir «fait le mur», sur le banc des remplaçants. C’est la fameuse «nuit de Sheffield» dont la presse fera ses choux gras pendant des mois. Un scandale national où l’on fera même intervenir la justice.

Un autre Suisse fera la une de la presse: le Bâlois Gottfried «Godi» Dienst, l’un des meilleurs arbitres de sa génération, qui est choisi pour diriger la finale opposant l’Angleterre à l’Allemagne.

Par la suite, mon grand-père a connu des moments difficiles. Il a même reçu des menaces de mort

Sacha Kunz

À la 101e minute, l’attaquant anglais Geoff Hurst cadre un tir qui rebondit sous la latte et retombe juste sur la ligne. Le ballon a-t-il franchi entièrement cette dernière? Nul ne le sait. Pas même Godi Dienst, qui décide de consulter son juge de touche soviétique Tofik Bachramov. Ce dernier affirme que le but est valable. Cette réussite qui a donné le titre de champion du monde à l’Angleterre passera à la postérité sous le nom de «but de Wembley».

«Par la suite, mon grand-père a connu des moments difficiles. Il a même reçu des menaces de mort», confie Sacha Kunz (49 ans), petit-fils de Godi Dienst. Souvent invité par la télévision allemande, il est aussi retourné plusieurs fois à Wembley. Aujourd’hui, les analyses vidéo montrent clairement que Godi Dienst s’est trompé. Mais il a probablement eu raison quand il a affirmé, sur son lit de mort: «Sacha, on discutera encore de ce but dans 100 ans.»

Heinz Schneiter (1935-2017): auteur d’un but de rêve

Le défenseur Heinz Schneiter a permis à la Suisse de réduire le score. (Photo: Fred Merz)

Lors du deuxième match contre l’Allemagne, la Suisse est menée 2 à 0. À la 73e minute, la Suisse bénéfice d’un corner qu’André Grobéty renvoie dans la surface de réparation. Mais le gardien allemand dégage le ballon des poings. Pas assez loin, car le cuir aboutit dans les pieds du défenseur Heinz Schneiter qui le reprend de volée. Le ballon part en cloche en direction du but. L’arrière allemand Karl-Heinz Schnellinger tente un sauvetage désespéré, mais le ballon tombe juste sous la latte. La Suisse réduit le score à 1:2. Quatre ans plus tard, Heinz Schneiter portera le brassard de capitaine lors de la Coupe du monde organisée en Angleterre.

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