6 juillet 2015

«Les parcs d’attractions sont devenus une sorte de produit de remplacement des vacances»

En 40 ans d’existence, Europa-Park n’a jamais connu la crise. Le parc d’attractions allemand accueille chaque année près de 5 millions de visiteurs, dont un million sont des Suisses. A l’occasion de cet anniversaire, Roland Mack, son fondateur, lève le voile sur la réussite de cette entreprise familiale.

Roland Mack photo
Roland Mack peut être fier de la pérennité de son entreprise: fondée en 1780 par Paul Mack, elle est restée depuis lors en mains familiales.
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Roland Mack, à quelle fréquence utilisez-vous vos propres attractions?

En fait, tous les jours! Quand il fait très chaud, j’ai davantage de plaisir sur les attractions aquatiques et les grands huit. S’il pleut, j’affectionne particulièrement Eurosat, le grand huit sous la sphère argentée.

Et vous y allez uniquement pour le plaisir?

Les raisons sont diverses. J’accompagne parfois des visiteurs, des amis ou des journalistes. Il m’arrive aussi d’y aller avec mon petit-fils. Parfois, je me livre à des inspections. On ne voit bien certains détails d’une installation que lorsqu’on l’utilise. Et je découvre souvent quelques aspects qui doivent être améliorés.

Comment naissent les nouvelles attractions? Sont-elles le fruit de vos idées ou les impulsions viennent-elles de l’extérieur?

Au départ, j’en ai été l’instigateur. Mon père aussi. Puis nous avons mis en place une équipe de jeunes designers et ingénieurs. Mes fils sont aussi impliqués. Naturellement, le feedback de nos visiteurs joue un rôle important. Pour savoir s’il faut ajouter un show, un grand huit ou une installation pour les petits. Les attractions ont la priorité. Nous pouvons les construire nous-mêmes. Cependant, à la fin, c’est le marché qui décide. Raison pour laquelle nous en achetons aussi toujours de nouvelles. Certaines proviennent d’ailleurs de Suisse.

Roland Mack photo.
Roland Mack.

La concurrence ne dort pas. Quelles pressions subissez-vous pour développer constamment de nouvelles attractions qui séduisent?

La pression est bien là, c’est vrai. Chaque saison, nous essayons d’offrir quelque chose de nouveau. Cela ne peut pas être chaque fois aussi spectaculaire qu’«Arthur» ou que «Blue Fire». Il n’empêche: nous ne cessons d’agrémenter et d’améliorer nos installations. Ce qui fait que nos hôtes reviennent régulièrement nous voir. Naturellement, nous observons aussi le marché international. En Allemagne, nous en sommes actuellement les leaders. Idem en Europe où nous sommes placés aux avant-postes quand bien même la perspective est très différente de ce qu’elle était précédemment. C’est que, aujourd’hui, les gens voyagent partout dans le monde. Ils découvrent d’autres parcs et les comparent. Nous sommes en concurrence avec de grands acteurs comme Disney ou Universal.

Par conséquent, vous contribuez aussi à lancer des modes…

C’est le cas. Nous fabriquons nous-mêmes 80% de nos installations. Le domaine d’activités de Mack Rides est la construction mécanique et non la confection de créatures animées ou d’animatronics® (figures robotisées, ndlr.). La semaine dernière, par exemple, nous étions au Japon et avons négocier avec un intéressé au sujet d’«Arthur». En l’occurrence il ne s’agissait pas de discuter du contenu mais bien de la technique propre à cette attraction. Dans le courant de l’année, nous avons développé quelques spécificités qui remportent beaucoup de succès aux Etats-Unis et en Asie.

Ne commercialisez-vous que vos propres réalisations ou recevez-vous parfois des commandes pour des attractions auxquelles vous n’auriez vous-même pas pensé?

Dans la branche, nous passons pour des perfectionnistes, notamment parce que nous pouvons concrétiser des projets complexes. Nous mettons aussi en œuvre des suggestions d’autres parcs qui cherchent de l’inédit. Par rapport à beaucoup d’autres branches, nous ne produisons pas en série. Fondamentalement, chaque installation est unique. Nous préférons vendre des installations que nous avons testées ici sur place. De cette manière, il nous est possible de remédier à certains défauts de jeunesse avant de commercialiser nos attractions auprès d’autres parcs.

Ces dernières années, vous avez construit de nombreux hôtels dans le parc. Faut-il passer par là aujourd’hui pour réaliser un chiffre d’affaires suffisant?

Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une tendance. Avec des hôtels on peut compenser les inconvénients liés à l’emplacement et continuer à croître. Précédemment, on se rendait au parc pour une excursion d’une journée. On y fait maintenant de courts séjours. Des hôtels élargissent aussi potentiellement le bassin de population de nos hôtes. Au début, les gens venaient pour une demi-journée, puis pour un jour entier et, maintenant, pour deux ou trois jours.

Rust n’est pas un emplacement idéal?

Prenez une carte et cherchez dans les environs une ville d’un million d’habitants… Vous n’en trouverez aucune! A l’époque, c’était un sérieux handicap. Entre-temps, les frontières avec la France et la Suisse ont pour ainsi dire été abolies. De sorte que notre emplacement dans ce triangle frontalier est excellent. Les gens sont prêts à faire deux heures de route. Après tout, dans cette zone, vivent quelque 22 millions de personnes. 50% de nos hôtes viennent de l’extérieur de nos frontières et pas moins de 20% de Suisse (ils sont même 30% dans les hôtels). Nous nous trouvons par ailleurs dans une des régions les plus chaudes de l’Allemagne, avec relativement peu de précipitations – ce qui constitue aussi un avantage.

Etaient-ce les seules raisons qui ont conduit à la construction du parc à cet endroit il y a 40 ans?

La raison était relativement naïve. Nous ne voulions pas trop nous éloigner de notre lieu de production. Nous avons aussi considéré qu’il était intéressant de nous installer le long d’un axe routier international quand bien même, à l’époque, on prenait très au sérieux la question des frontières. La douane française fermait à 20 heures. Pour arriver jusqu’à nous, il fallait faire un détour par Strasbourg! Reste que nous ne comptions pas sur cinq millions de visiteurs, comme ce fut le cas, mais tout juste sur un million. Nous avons commencé avec 250 000 hôtes. La deuxième année, ils étaient déjà 600 000. Des résultats bien au-delà de nos espérances!

Combien avez-vous investi dans le parc depuis lors?

Tout juste un milliard d’euros au fil des ans. Et cela, sans la moindre subvention!

C’est considérable pour une entreprise familiale…

C’est gérable car nous sommes depuis longtemps dans le monde des affaires. Nous avons sans cesse réinvesti nos gains dans l’entreprise.

Vous vous êtes considérablement diversifié. Quelle est la part de votre chiffre d’affaires que vous réalisez avec des congrès, des manifestations politiques, des concours de miss, des concerts?

C’est un segment en pleine croissance mais il ne représente actuellement que 10 à 15% de notre chiffre d’affaires. Grâce à des shows, des manifestations diverses et de bons restaurants, il arrive que plus de 5000 personnes se trouvent encore sur notre site le soir, même si les attractions sont fermées. Il arrive par ailleurs que nos hôtels soient complets alors que le parc est fermé. Mais les réservations fluctuent énormément. Raison pour laquelle nous projetons la construction d’un nouveau parc aquatique. Si tout marche comme prévu, l’ouverture aura lieu en 2018.

Une entrée en bourse de votre société n’est pas à l’ordre du jour?

Non. Nous possédons le know-how et les capitaux nécessaires pour croître. Avec mes deux fils, la succession est assurée. Ils collaborent déjà depuis des années dans l’entreprise et sont chacun responsables de leurs propres domaines. L’un d’eux a déjà trois fils. Ainsi il n’est pas interdit de songer que l’entreprise passe un jour en mains de la neuvième génération. Nous pensons en termes de générations et non de trimestres!

Votre entreprise existe depuis 1780 sans la moindre interruption?

C’est exact. Elle a été fondée à l’époque par Paul Mack. C’était une entreprise de construction automobile. Puis, dans la deuxième moitié du 19e siècle, est venu le cirque avant que l’on ne passe aux premiers carrousels au tournant du siècle. Depuis lors, plus personne ne portait le prénom de Paul dans la famille. Jusqu’à ce qu’un de mes fils baptise ainsi son garçon. Si ce n’est pas un signe, ça!

Avez-vous déjà songé à ouvrir un deuxième site?

Je préfère faire une chose bien que deux choses à moitié. Devons-nous nous en tenir à ce que nous avons déjà réalisé? Je l’ignore. Il reste que, en cas d’expansion, nous devons tout de suite voir grand. En conséquence, les risques augmentent. Je connais quelques entreprises familiales qui se sont brûlé les doigts en rêvant d’expansion. Même Disney a connu des difficultés à Paris et à Hong Kong. Trouver des collaborations avec d’autres parcs nous permettrait de décharger Mack Rides sans que nous ayons à construire nous-mêmes d’autres sites.

Recevez-vous parfois des offres de reprise?

Constamment. La rumeur a cependant fini par se répandre: c’est inutile.

Disney aussi était intéressé?

Non, Disney a son propre concept et la société préfère partir de zéro. Sur les marchés occidentaux saturés, il est difficile de se financer si l’on démarre tout au début. En Asie en revanche les affaires flambent. En Chine les parcs émergent de tous côtés. C’est une ambiance de grand renouveau.

Vous n’auriez pas envie de participer à cet essor?

J’ai beaucoup de respect pour deux choses: les spécificités culturelles et la question de l’éloignement. Si vous n’êtes pas sur place, vous ignorez ce qui se passe avec votre argent et ce que devient votre produit. Je suis peut-être excessivement conservateur mais, pour une entreprise familiale, une telle aventure la dépasserait.

Roland Mack photo.
Roland Mack.

Mais, ces dernières années, même dans les pays saturés, les parcs de loisirs se portent bien?

Il y en a aussi qui piétinent. Les gens sont aujourd’hui mobiles et critiques. Ils préfèrent rouler 100 kilomètres de plus pour trouver un site qui leur convient. Si nous n’avions pas à Rust une offre qui correspond à leurs attentes, les Suisses iraient directement à Paris chez Disney.

Il n’empêche: en dépit de la crise économique, les parcs s’en sortent. A quoi cela tient-il?

Ils sont devenus une sorte de produit de remplacement des vacances. A cause de la crise, une famille renonce peut-être à des vacances annuelles. Mais elle veut quand même offrir quelque chose à ses enfants. Les parcs, où on peut passer deux ou trois jours, constituent une bonne option. A la différence de Disney, on peut par exemple emporter son pique-nique à Europa-Park et faire ainsi quelques économies. De fait, nous avons quelque peu profité de la crise. Tel n’est cependant pas le cas partout. Aux Etats-Unis, les gens réagissent de manière plus sensible à la crise. En Floride, les grands parcs le ressentent.

Pour un adulte, aux Etats-Unis, le prix d’entrée à Disney coûte environ 100 dollars. Seules des familles fortunées peuvent se l’offrir.

Je suis toujours étonné par cette politique de prix. Elle semble pourtant fonctionner. Mais le statut de Disney aux Etats-Unis est très particulier: on doit y aller une fois dans sa vie. Et si on achète un package de prestations pour plusieurs jours, le prix diminue. De surcroît la zone de chalandise est très large, pour ainsi dire globale. De nombreux touristes en provenance d’autres pays se rendent à Disney, même s’ils trouvent peut-être que la visite est onéreuse. Pour notre part, si nous augmentions notre prix à 100 francs, le nombre de nos visiteurs chuterait massivement. Il ne faut pas oublier que nous avons un rapport qualité/prix très favorable et que nous avons des concurrents en Allemagne qui demandent plus cher. Nous sommes le numéro un en Allemagne mais le numéro six pour les prix.

Le principal problème c’est toujours les longues files d’attente devant les attractions. N’avez-vous pas pensé à différencier les prix pour mieux répartir les visiteurs selon les jours ou les saisons?

Grâce à des offres complémentaires, nous essayons plutôt d’atteindre une meilleure ventilation des visiteurs. Je ne pense pas qu’en modifiant notre politique de prix nous parvenions à soulager la saison d’été au profit des autres saisons. Mais nous tirons un peu parti de la répartition des dates des vacances à l’échelon international. Au mois d’octobre, nous accueillons certains jours jusqu’à 70 ou 80% de Suisse parce que ce sont les seuls à avoir des vacances scolaires à ce moment-là.

Les visiteurs suisses sont-ils comme les autres? Sont-ils plus exigeants, plus pinailleurs?

Ils participent de manière déterminante à notre succès. Ce sont des hôtes très agréables, soucieux de qualité, qui attendent de bonnes prestations et un bon rapport qualité/prix. Je pense que nous pouvons leur offrir tout cela. Naturellement, depuis janvier, le franc fort les aide aussi.

Revenons aux longues files d’attente. Quelles sont les solutions?

De mon point de vue, une augmentation de capacité, c’est-à-dire davantage d’installations. Nous sommes déjà maintenant relativement bon à cet égard. Mais, les jours de pointe, avec 30 000 visiteurs, nous ne parvenons pas à éviter les files d’attente devant les quatre ou cinq attractions les plus en vue. Il est à noter que, pour les attractions familiales plus modestes, il n’y a presque pas de temps d’attente. Il est vrai que nous tournons déjà à pleine capacité et que, pour nos attractions et nos shows, nous disposons d’une capacité horaire unique au monde. La satisfaction de nos clients figure toujours au premier chef de nos préoccupations.

Que pensez-vous d’une solution VIP avec un prix majoré de 10 euros, par exemple, pour bénéficier d’un accès facilité aux attractions les plus en vue?

Non. A Europa-Park, tous les visiteurs doivent être traités de la même manière. Le temps d’attente d’un enfant de millionnaire doit être le même que celui d’un enfant d’ouvrier. Dans les pays anglo-saxons, cette option de prix majoré existe par endroits. Mais j’ai l’impression que les Allemands n’apprécieraient pas particulièrement que certains hôtes leur brûlent la priorité dans les files.

Euromaus, votre mascotte, n’est-elle pas une copie délibérée de Mickey Mouse?

Seulement indirectement. Nous avons commencé notre activité en tant que techniciens et nous n’avions au départ rien prévu dans ce sens. On nous a dit: vous devez faire quelque chose pour les enfants. Nous avons ainsi créé notre première mascotte, qui était un rat, ce qui a soulevé maintes protestations d’organisations diverses. Nous nous sommes rabattus sur une souris, peut-être un peu inspirée par les Etats-Unis. Nous avons même dû batailler avec Disney et ses avocats. Mais, à la fin, nous avons obtenu leur feu vert car la différence avec leur souris était trop manifeste.

Le parc a-t-il toujours été une success story ou a-t-il connu des crises?

Non, nous avons toujours continué à croître, année après année.

Le secret de votre réussite?

Nous avons créé le bon produit au bon moment au bon endroit avec les bonnes personnes. Mais nous avons aussi profité de certaines impulsions. Le temps de travail s’est réduit. Les loisirs ont augmenté. Les frontières ont disparu. La vie s’est globalisée. Le tourisme a crû de manière spectaculaire. En Allemagne, il est aujourd’hui aussi important que la construction mécanique.

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Roland Mack.

Vous avez l’âge d’être à la retraite. Pourtant, on a l’impression que vous n’allez jamais vous arrêter.

(Rire). Arrêter? Non! Mais, à un moment ou à un autre, jouer un autre rôle, oui! Mon métier a toujours été mon hobby, ce qui m’a procuré énormément de plaisir. Si on abandonne brutalement, on n’est pas heureux. Et je n’ai pas envie d’être malheureux durant le dernier tiers de ma vie, après avoir eu tant de satisfactions.

Jouer au golf et présider deux fois par an le conseil d’administration: ça ne vous suffit pas?

Non, ça ne me suffit pas. L’entreprise est trop passionnante. Pensons seulement à sa diversité! Je suis ingénieur en mécanique de formation. Ici, je ne me suis pas seulement occupé de problèmes de restauration ou d’hôtellerie. Je me suis aussi impliqué dans l’économie de l’entreprise. La plupart des mes camarades d’étude de l’époque ont passé leur vie assis dans un bureau, derrière l’écran d’un ordinateur. Je le regrette pour eux.

Avec l’aide d’un médiateur, vous avez récemment élaboré une charte familiale qui doit régler la phrase de transition. Normalement on engage des médiateurs quand il y a des divergences…

Au début, je n’entendais guère me soumettre à lui. Puis je me suis laissé persuader qu’il valait au moins la peine d’essayer. C’était bien ainsi. J’ai appris à analyser les choses à travers le regard d’une tierce personne. Et j’ai constaté que mes fils les voyaient aussi d’une manière différente. La charte est un bon instrument de base pour le futur. J’ajouterais qu’il n’est guère facile de nos jours de maintenir à flot une entreprise familiale.

Vous vous êtes trouvé quelque peu bridé?

Moi et mes fils avons dû concéder que les opinions des autres comptaient aussi. Quelques larmes ont coulé. C’était un processus difficile. Quelques assertions sont sorties, qu’il aurait peut-être mieux valu ne pas entendre. Beaucoup de pères ne peuvent pas lâcher prise. Ils croient qu’ils ont fait tout juste et ne comprennent pas pourquoi leur fils ou leur fille ne poursuit pas dans le même chemin. Nous avons travaillé ce processus à travers des jeux de rôle. C’était profitable et utile, notamment pour comprendre qu’il y avait aussi d’autres manières de considérer le monde. De fait, après cela, j’ai procédé à maints changements.

Vous avez dit une fois que, si vous reveniez au monde, vous deviendriez prêtre ou pasteur. La religion est importante pour vous?

Oui, j’ai été élevé chrétiennement. Pour ma mère en particulier, la religion était importante. Je crois que de nombreux éléments sociaux de l’entreprise en ont résulté. Ainsi, la famille a bien parcouru son chemin. Pour notre 40è anniversaire, nous organisons aussi un service religieux dans le parc, avec deux ecclésiastiques, un évangélique et un catholique. Tous deux sont d’ailleurs à notre service le reste du temps. Ils offrent une oreille attentive à nos collaborateurs.

Vous possédez une maison de vacances en Valais. Trouvez-vous le temps d’y aller?

(Rire). Non! Heureusement, une webcam est à disposition. Ainsi, je peux voir chaque matin comment les choses se présentent sur place et combien il serait agréable de s’y trouver… Plus sérieusement, deux ou trois fois par année, nous occupons cette maison que toute la famille utilise par ailleurs. De fait, nous avons beaucoup d’affinités avec la Suisse et y passons beaucoup de temps, notamment parce j’y ai des parents. Ma femme aimerait que nous nous rendions plus souvent dans notre maison. Elle a toujours beaucoup collaboré à l’entreprise. Mais elle a aussi souffert du petit nombre de week-ends vraiment libres ainsi que des fêtes de famille avortées à cause du travail. Quand je commence quelque chose, j’aime le faire correctement. D’une manière ou d’une autre, on a dû déposer cette exigence dans mon berceau.

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Roland Mack.

Vous dirigez un parc de loisirs. De combien de temps libre disposez-vous et que faites-vous alors du vôtre?

Je prends en moyenne une semaine de vacances par année. J’en profite pour lire et me reposer. Le reste du temps, j’ai tous les jours tant à faire avec tant de gens. C’est pour cela que cette maison de vacances en Valais est merveilleuse. J’ai besoin de trois jours pour décompresser. Mais l’endroit est si tranquille qu’on y entend l’herbe pousser. On peut faire le plein de nature avant qu’on remarque combien la pression est élevée, combien elle alourdit celui qui la porte. Il en est toujours allé ainsi dans notre famille. Mon grand-père avait les os durs. Mon père aussi.

Pendant vos vacances, vous ne visitez donc pas des parcs de loisirs?

Au grand désarroi de ma femme, ça m’arrive parfois, quand ils sont à proximité. Je ne le fais pas pour mon plaisir mais par intérêt professionnel.

Texte © Migros Magazine – Ralf Kaminski et Hans Schneeberger

Photographe: René Ruis

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