7 septembre 2017

Les râteaux du mercato

Le marché estival des transferts a battu tous les records, avec 4 milliards de transactions. Tout ça pour que l’équipe de France sèche devant des touristes luxembourgeois.

Alexis Sanchez avait des envies d'ailleurs. Arsenal le retient contre son gré.
Alexis Sanchez avait des envies d'ailleurs. Arsenal le retient contre son gré.
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Mon dieu qu’elle est dure la vie du footballeur de haut niveau. Ce qui gâche notamment et régulièrement son existence de rêve, c’est que comme le dernier des humbles employés ou le plus petit des fonctionnaires, il est hanté par le désir de changer d’air. Le footballeur de haut niveau, comme nous tous, entretient l’illusion que le gazon serait plus vert ailleurs.

Sitôt ouverte la période dite du mercato, début juin, et jusqu’au 31 août, il ne rêve plus qu’à une chose, le footballeur de haut niveau: être transféré. Fuir cet entraîneur si incompétent, ces supporters si bas du front, cette équipe abonnée à la loose, tous tellement indignes de son talent.

Sauf que même dans ce monde enchanté, les caprices ne sont pas toujours exaucés. Le mercato qui vient de s’achever, le plus fou de l’histoire avec plus de 4 milliards de transaction, a fait ainsi quelques inconsolables. Comme le chilien Alexis Sanchez piaffant tout l’été de quitter Arsenal pour une écurie sans trop de palmarès mais avec beaucoup de pétrodollars, genre PSG, Manchester City, Chelsea.

Ou l’algérien Riyad Mahrez qui avait fait savoir dès le mois de mai qu’il n’en pouvait plus de Leicester, le surprenant champion d’Angleterre 2016. Parce que franchement, ça ressemble à quoi sur une carte de visite, Leicester? Lui se rêvait à Barcelone, Arsenal (comme quoi…) la Roma, à la rigueur. Dans les deux cas les geôliers ont fermé à double tour la cage dorée. Colère et consternation des intéressés.

C'est en blanc que les Lions Rouges ont accompli un des plus grands exploits de leur histoire.

Mais le vrai râteau de ce mercato, c’est peut-être celui administré par le Luxembourg à l’équipe de France en éliminatoire de la Coupe du monde. Un 0-0 héroïque, meilleur résultat obtenu par des joueurs du grand Duché face au voisin tricolore depuis… 1914. Une équipe pourtant de touristes, ces Roud Léiwen (Lions rouges) dont les meilleurs éléments sont remplaçants dans des clubs de Ligue 1 française comme Metz, ou titulaires en deuxième division hollandaise.

C’est contre cette armada si peu invincible qu’a buté une équipe de France composée de joueurs parmi les plus chers du monde. Comme Kylian Mbappé, passé fin août de Monaco au PSG pour 180 millions. Ou Paul Pogba, montant record de la foire aux bestiaux de l’an dernier –105 millions pour aller de Juventus à Manchester United.

La voilà, la magie du football: ouvrir un monde parallèle où c’est le Luxembourg qui se moque de l’argent.

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