16 mai 2018

Loïc Paroz, un petit gars courageux

Motivé par sa maman, Loïc Paroz s’est découvert une passion pour la course à pied. Et ce n’est pas son handicap qui pourra l’empêcher de prendre du plaisir.

Loïc Paroz
Rien n’arrête Loïc Paroz: ni les éléments ni son handicap. (Photo: François Wavre/Lundi13)

C’est un ado pas comme les autres... Attachant dès la première rencontre et offrant un large sourire à son interlocuteur, Loïc Paroz doit toutefois s’investir trois fois plus que les autres pour s’intégrer. Du fait de sa dyspraxie, soit un trouble d’apprentissage caractérisé par une mauvaise coordination des membres, le jeune homme, qui habite dans le Jura bernois, est actuellement en formation dans une école spécialisée de La Chaux-de-Fonds – le CERAS. Présentant également une légère forme d’ Asperger, Loïc Paroz excelle en chimie et en maths. «Les personnes comme Loïc ont quelque chose en plus, pas en moins», précise sa maman, Samantha Mestral, présente lors de notre rencontre.

Une revanche sur les sans-cœur

Si notre jeune homme fait bonne figure en science, il s’est aussi découvert des facilités en sport. C’était il y a trois ans. «Un jour, les éducateurs nous ont proposé de participer à une course à pied. Je n’avais jamais fait cela auparavant.» Plus ou moins forcé, Loïc Paroz se met donc au footing sans pour autant que le virus ne prenne. Il accepte ensuite de prendre part à une deuxième épreuve, mais à la condition que sa mère parvienne à faire participer son frère autiste. Ce qui fut fait – avec panache – puisque ce dernier prit un plaisir fou à courir et que Loïc Paroz termina premier de sa catégorie. Un excellent résultat qui ne manquera pas de lui donner des ailes ainsi qu’une nouvelle confiance en lui. Ce succès fera aussi taire toutes celles et tous ceux qui, auparavant, n’avaient pas manqué de se moquer de lui, doutant de ses capacités sportives.

Les personnes comme Loïc ont quelque chose en plus, pas en moins

La maman de Loïc Paroz

Ayant pris sa revanche sur les méchants, le jeune Bernois n’en est pas resté là. Au contraire, il s’est même pris à rêver. À rêver de la course la plus incroyable du monde: le marathon de New York. Seulement voilà, à 15 ans, Loïc Paroz n’a pas le droit de participer à la mythique épreuve. Et n’a pas non plus les capacités de faire les 42 kilomètres du parcours. Malgré tous les efforts de sa mère pour obtenir une dérogation afin de courir sur une partie du parcours, les organisateurs américains se sont montrés intransigeants. Samantha Mestral et son fils ont donc dû trouver un plan B: ils participeront à une course de 5 kilomètres avant le jour J.

Sa maman est sa coach

L’an passé, Loïc Paroz a décrit sa préparation à la course new-yorkaise et son séjour dans la Grande Pomme en écrivant une dizaine d’articles sur www.migrosmagazine.ch, profitant de la possibilité qu’offre le site à tout un chacun de devenir rédacteur (lire ci-dessous).

Tout comme cette incroyable aventure américaine, l’expérience de la rédaction de textes a beaucoup fait mûrir l’adolescent.

Aujourd’hui, quand le duo repense à New York, on peut encore ressentir leur joie, mais aussi leur fierté. «L’arrivée de la course est le plus fort souvenir du séjour. Sur la fin du parcours, j’ai encore pu accélérer et gagner plusieurs places au classement.» Il est vrai qu’au fil des ans et des épreuves, Loïc Paroz a su développer sa technique. «Quand je cours, je pense à mon souffle et au parcours. Avec ma montre, je peux savoir combien de kilomètres j’ai déjà effectués et calculer la distance restante, par exemple.»

Quand je cours, je pense à mon souffle et au parcours

Loïc Paroz

Pour progresser encore et encore, le jeune Bernois rejoint une fois par semaine le groupe de Special Training du CEP de Cortaillod. De son côté, sa mère, qui s’est aussi prise au jeu, est devenue sa coach sportive.

À l’avenir, les deux pourront profiter en sus des conseils techniques de Gilles Bailly, récent vainqueur dans sa catégorie des 20 km de Lausanne. Une opportunité à ne pas manquer, surtout que Loïc Paroz enchaîne ce printemps les courses. Avec succès. L’adolescent a ainsi remporté début mai l’handi-challenge de Lausanne. «J’ai aussi notamment décidé de participer à toutes les épreuves du Tour du canton de Neuchâtel.» Et tant pis s’il n’existe pas de catégorie handicap; Loïc Paroz court avec tous les autres, assumant les regards de certains
sportifs se moquant parfois de sa façon peu conventionnelle de courir.

Le grand rendez-vous qu’il attend avec impatience se déroulera fin mai à Genève. Les «National Games» organisés par Special Olympics réuniront notamment de nombreux athlètes suisses en situation de handicap mental ou présentant des difficultés d’apprentissage. Loïc Paroz participera au 1500 m et au 100 m. Surtout, il fera une fois de plus sienne la citation d’Antoine de Saint-Exupéry qu’il publia dans son dernier article sur le site de Migros Magazine et que nous ne pouvons nous empêcher de reprendre: «Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve.»

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