10 janvier 2020

À la racine du ski

Dans son petit atelier situé au pied du Jura vaudois, Lucas Bessard – patron et seul employé de Woodspirit – fabrique des lattes haut de gamme en bois. Uniquement du sur-mesure pour les puristes et amateurs de glisse comme lui.

Photos: Dom Smaz
Temps de lecture 3 minutes

Parfait autodidacte

Lucas Bessard aurait pu devenir fromager comme son père. Il a d’ailleurs fait des études en ingénierie alimentaire. Mais finalement, ce Vaudois a préféré suivre sa propre voie en se lançant dans la conception de... skis en bois!

Cet amateur de glisse a commencé par en fabriquer une paire pour lui, histoire de remplacer celle qu’il venait de casser. Il en a fait ensuite d’autres pour des membres de sa famille et quelques amis. De là à lancer sa petite entreprise, il n’y avait qu’un pas qu’il a allégrement franchi.

C’est dans le garage de son paternel à L’Isle, au pied du Jura, qu’il a démarré sa modeste affaire baptisée en toute logique Woodspirit. Il y a investi toute son énergie et ses économies. On est alors en 2016, cet autodidacte a 26 ans et tout à prouver...

Quelques hivers et un crowdfunding plus tard (ce financement participatif lui a permis de s’installer à Cuarnens, dans un atelier plus spacieux et mieux équipé), ce jeune homme est devenu un artisan reconnu et même honoré par l’Association suisse des métiers d’art. À ce jour, il a façonné une centaine de lattes d’exception.

Son projet a même séduit Nicolas Falquet, un freerider professionnel qui a lâché la marque qui le sponsorisait pour devenir l’ambassadeur de Woodspirit. Une success story? Pas encore selon Lucas Bessard: «C’est cette saison que je vais voir si cette aventure est vraiment viable.» Il touche du bois!

www.woodspirit.swiss

07h -Debout là-dedans!

«Avec mon pote Sylvain, on vit en colocation dans l’appartement de mon enfance qui se trouve juste au-dessus de la laiterie que tient mon père. Mon copain est d’ailleurs devenu accro au fromage depuis qu’il habite ici. Hihihi!»


08h - Au boulot

«Il faut compter entre vingt et trente heures pour créer une paire de skis. Je travaille le frêne de préférence, c’est l’essence que l’on utilisait à l’origine pour faire les lattes. Le bois, c’est une matière vivante, fascinante et magique qui possède d’incroyables propriétés mécaniques.»

12h - Pause midi

«À midi, je mange avec mes parents. Mon neveu Finn est souvent là aussi et on est tous un peu gagas de lui. La famille, c’est important pour moi, nous sommes très soudés, mon père et ma mère m’ont toujours aidé et soutenu. Je suis conscient d’être privilégié de ce point de vue là.»

13h - Accueil client

«Ce que j’aime bien, c’est faire venir les clients à l’atelier, leur montrer mon univers, parler de ce qu’ils cherchent exactement. Mon but, c’est vraiment de créer un ski pour une personne, de faire du sur-mesure et pas du prêt-à-skier. »

15h - Touche perso

«Pour chaque paire de skis, je crée un habillage en marqueterie. Les gens peuvent me dire ce qu’ils souhaitent et je leur soumets des projets. Évidemment, ce que je préfère, c’est quand ils me donnent carte blanche. J’aime bien ce qui est sobre – moins il y a de fioritures et de découpes, plus j’apprécie.»

19h - Soirée entre amis

«On se retrouve souvent entre amis le soir, après le boulot. Parfois on mange un morceau ensemble, parfois on boit juste une bière et on discute. L’amitié, c’est essentiel, il faut en prendre soin, l’entretenir, la conserver. Les interactions humaines, c’est vraiment le sel de la vie!»

Griffe

«Je signe chaque ski à la main, sur la tranche, d’un discret «HiHiHi». J’aime bien faire des gags et cette signature représente bien mon côté taquin, facétieux. Et puis, je trouve cool qu’un objet unique soit signé, ça montre qu’il y a quelqu’un derrière le produit.»

MM

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