8 mars 2018

Au pied du Chasseral, loin de la civilisation

Envie de vous balader dans une vaste étendue sauvage? Optez pour cette randonnée en boucle au départ de Nods (BE).

chasseral
Le parc national régional Chasseral, vaste étendue blanche. (Photos: Christophe Chammartin)
Temps de lecture 5 minutes

À voir le soleil printanier qui brille aujourd’hui sur le lac de Neuchâtel, nous peinons à croire que nous sommes sur le point de nous lancer dans une randonnée hivernale! D’autant que Nods (BE), point de départ de notre promenade située dans le parc naturel régional Chasseral, ne s’élève qu’à 885 mètres d’altitude et, pour l’heure, alors que nous nous approchons en voiture du Landeron, nous n’apercevons aucune trace de neige à l’horizon. Certes, nous n’avions pas prévu de chausser raquettes ou skis de fond (le circuit, proposé par Suissemobile, est en principe accessible à pied), mais nous espérions quand même évoluer dans un environnement blanc.

Ouf! À mesure que nous progressons vers notre destination, nos inquiétudes se taisent rapidement: la neige est bel et bien au rendez-vous. Et lorsque nous nous garons à la sortie du village, c’est un paysage digne de ce mois de février qui nous accueille, avec, en guise d’ambassadeurs, des épicéas et des sapins parsemés de poudre blanche. À nous la magie de l’hiver! Comme pour nous plonger immédiatement dans une ambiance féerique, nous croisons, dès les premières minutes de la balade, une ruelle joliment baptisée «Impasse des lutins»…

Fraîchement damé, ce chemin de randonnée permet de flâner dans le parc national régional Chasseral.

Fouler la neige fraîche

Le ton est donné. Sourire aux lèvres, nous suivons sur une centaine de mètres la route principale avant de nous retrouver sur le chemin alloué aux promeneurs. Et nous pénétrons bien vite dans une forêt peuplée essentiellement de conifères, mais également de hêtres dont les longs fûts s’élancent élégamment vers le ciel et dont les branches projettent leur ombre dénudée sur la piste fraîchement damée, dans un poétique enchevêtrement de lignes. Nous sommes apparemment les premiers à emprunter le sentier ce matin et nos pieds s’enfoncent de quelques centimètres dans la neige: voilà qui, sur cette pente douce, va nécessiter un petit effort supplémentaire à chaque pas – nous en serons quittes pour des mollets d’acier! – mais ne rend pas pour autant indispensable le port de raquettes.

Baignés dans une paisible atmosphère feutrée, le silence n’étant rompu que par le bruit de nos pas, le craquement des arbres et le chant de quelques oiseaux qui, vaillants, affrontent l’hiver et ses frimas, nous profitons de ces instants de tranquillité. Çà et là, s’éloignant du chemin et zigzaguant entre les sapins, quelques traces témoignent de la présence d’une petite faune, mais, à moitié recouvertes par la neige tombée la veille, ne permettent pas d’en identifier les auteurs. Un lièvre, peut-être? Nous n’en saurons rien…

Tout à notre contemplation, nous arrivons bientôt à mi-parcours, ou presque. Nous amorçons la descente, tout aussi légère que la montée, croisons encore quelques empilements de troncs de hêtres – dont l’un porte la mention «Ne pas escalader!» – et parvenons finalement à l’orée de la forêt, où une petite cabane en bois, et surtout le banc installé devant, face au soleil, nous font de l’œil. L’heure est venue de casser la croûte! L’occasion de nous imprégner encore un peu de cette atmosphère sylvestre avant de rejoindre la vallée.

les promeneurs ne se bousculent pas sur notre parcours.

La caresse du vent

Rassasiés, nous sortons des bois. Le vent, dont jusque-là les arbres nous protégeaient, a tôt fait de venir nous chatouiller les joues et s’infiltre même sous nos habits. Le froid se fait plus mordant. Mais le paysage qui s’offre à nos yeux vaut bien quelques frissons. À droite, la tour de télécommunication du Chasseral joue à cache-cache avec les nuages et semble veiller sur les cimes enneigées de la forêt que nous venons de traverser. À gauche, une vaste étendue blanche accueille quelques arbres isolés, dont les ombres s’accrochent à la poudreuse. Poudreuse que nous prenons un plaisir espiègle à fouler, pour éviter le détour que le chemin officiel nous propose. En coupant ainsi à travers champs, il nous viendrait presque des envies de construire un bonhomme de neige!

Rencontre avec un arbre

Nous marchons à présent en parallèle de la piste de ski de fond. Alors que jusqu’à maintenant nous n’avions croisé qu’un ou deux promeneurs, le chemin est plus fréquenté, notamment par quelques courageux joggeurs. Mais nous ne sommes pas prêts à retrouver la civilisation et c’est une fois encore un arbre qui attire notre attention, à quelques dizaines de mètres du sentier. Son tronc, s’enroulant sur lui-même, évoque celui des Ents, ces fameux esprits de la forêt du «Seigneur des Anneaux». D’autant que la neige qui l’entoure scintille de mille feux sous l’éclat du soleil… Et dans son entrelacement de branches, nous percevons ici quelques bourgeons, là une mousse vert tendre. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agissait en fait d’un saule marsault.

Forts de cette expérience magique, nous poursuivons notre balade, qui touche à sa fin. Nous traversons encore une petite forêt, plus clairsemée que la première, et commençons à rencontrer quelques habitations, avant de deviner, en contrebas sur notre gauche, le lac de Neuchâtel, lui aussi étincelant sous les rayons d’Hélios, et d’apercevoir au loin la chaîne des Alpes. Nous voilà de retour au parking, prêts à emporter avec nous des images de cette féerie hivernale.

La tour de télécommunication du Chasseral.


⇒ Lire aussi: La Vue-des-Alpes: un petit air de Grand Nord

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