Contribution de lecteur
5 décembre 2017

J’ai parcouru les 42 km du marathon… en car!!

A 15 ans, Loïc Paroz a réalisé son rêve: vivre le marathon de New York de l’intérieur et participer à la prestigieuse course de la veille - malgré son handicap.

Comme annoncé la dernière fois, voici encore quelques photos prises depuis le rebord du 22e étage de notre hôtel.

Situé juste à côté de Times Square (l’équivalent des Champs-Elysées), sa situation est vraiment idéale. C’est certainement pour cela aussi que nous avons presque tout fait à pied… même si nous étions tout à fait conscients des kilomètres que nous allions parcourir. En 5 jours, nous avons parcouru presque 100 kilomètres! Il y a pourtant eu quelques trajets en bus et taxi.

Voici donc la suite de notre périple.

Arrivés à notre hôtel le jeudi soir, nous avons donc commencé par découvrir les environs depuis notre chambre. Ensuite, nous avons fait un tour de quartier, mangé quelque chose et nous nous sommes couchés sans demander de prolongation.

Vendredi matin, nous avions rendez-vous à 8h avec nos accompagnateurs-coureurs et les marathoniens (excusez-moi Mesdames, j’utilise seulement la forme masculine pour simplifier), pour un footing jusqu’à Central Park.

Bien que réveillés aux aurores, ce qui a permis de faire de jolies photos, c’est ainsi avec Daniel (Atienza, dont j’ai déjà parlé dans mes différents articles) et Robert, qu’une délégation suisse est partie, avec les drapeaux suisses, s’il vous plaît, à travers Broadway, jusqu’à Colombus Circle, à l’entrée de ce parc mythique.

Nous avions déjà croisé différents groupes de coureurs mais, depuis là, c’était de grandes troupes. La première fut française, et elle aussi s’entraînait avec son drapeau! Trop magique comme ambiance. Nous voilà dans ce lieu dont j’avais tant entendu parler. Nous avons poursuivi notre balade jusqu’à la zone d’arrivée du marathon, C’était une grande allée bordée des drapeaux des différents pays. Puis, nous avons fait un arrêt pour immortaliser ce footing particulier et nous sommes repartis pour nos hôtels.

Voici les photos prises par Tourisme pour Tous que je remercie pour leur accord de publication. Sur la 2e photo, Vera et Andréanne, les deux organisatrices de Tourisme pour Tous, sont encadrées par Robert (à gauche) et Daniel.

Moi qui était en petite forme et qui avait peur de ne pas réussir à suivre - et je cafte ici, tel un vilain, que ma maman craignait cela aussi -, nous y sommes bien parvenus. Les très nombreux arrêts aux feux pour les piétons y ont contribué aussi ;-).

Les 8 km de footing et tout ce que nous avions vu au passage nous ont vite fait oublier notre manque de sommeil. Alors que notre groupe avait ensuite une séance d’information concernant le marathon de dimanche et, surtout, un exposé de Daniel Atienza racontant son histoire et ses expériences, nous allions, de notre côté, rejoindre, encore une fois, l’Expo. Trop dommage de manquer cela, mais ma maman m’avait réservé une surprise extraordinaire: oui, j’allais faire le marathon!!! Oui, tout le parcours… mais en car!!!

Les organisateurs du marathon ont planifié différentes sessions, pour les coureurs ou les curieux, afin de repérer presque tout le parcours qui serait foulé le dimanche par les marathoniens. C’était la seule possibilité pour nous de prendre un de ces cars à ce moment-là. Nous avons donc embarqué pour une tournée de 4 heures. Trop bien! Un guide super intéressant nous a raconté plein de jolies anecdotes. Certes en anglais, mais ma maman maîtrise, donc ce n’était pas un souci et elle a l’habitude de traduire.

Nous sommes donc partis de Manhattan et avons rejoint Staten Island par les grands axes. Ensuite, à moi le Verazzano Bridge! Puis ce fut la découverte de Brooklyn, le Bay Bridge, Williamsburg, le Queens où nous avons fait un arrêt et ensuite le Queensboro Bridge nous reliant à nouveau à Manhattan. Nous étions en fin d’après-midi et la circulation devenait difficile. Nous n’avons plus pu passer par le Bronx. Un arrêt fut fait à Central Park pour ceux qui voulaient quitter le car et celui-ci nous a laissé à l’Expo. Quel parcours! Un retour à pied à l’hôtel s’imposait pour retrouver nos esprits et profiter encore d’une douce journée autour des 20 degrés.

Ce fut une journée intense dans tous les sens du terme. J’étais épuisé mais il y avait de quoi: en plus de tout ce que nous avions vu, notre montre indiquait que nous avions parcouru plus que 30 km à pied. En se couchant, nous nous sommes demandés dans quel état nous allions être le lendemain, samedi, jour de notre course de 5 km… A ce moment-là, c’était une évidence que nous prendrions le départ, quelles que soient la forme et les douleurs de part et d’autre!

Après une nuit plutôt courte, car décidément, notre horloge biologique avait de la peine à s’adapter, nous nous sommes préparés pour l’événement qui nous attendait. Il faisait frais et venteux. Décidément, cela changeait radicalement des deux jours précédents.

Notre course, qui prenait son départ devant les Nations Unies, était planifiée pour 8h30. Cependant, nous devions y être une heure avant. Comme nous n’avions pas suivi la séance du jour précédent, nous ne savions pas qui prendrait part à la course parmi les personnes ayant voyagé avec nous, ni si quelque chose était organisé. Nous y sommes donc allés seuls. Le vent était vraiment glacial, si bien que nous nous sommes réfugiés dans le local d’une banque abritant des distributeurs d’argent. Et nous y étions serrés comme des sardines. D’autres coureurs avaient trouvé très drôle notre situation et nous avaient pris en photo depuis l’extérieur!

Il y avait un long chemin, avec des tronçons séparés par des lettres de l’alphabet. Les coureurs professionnels s’élanceraient en premier. Eux portaient la mention AA sur leurs dossards. Ensuite, c’était de A à L, selon les résultats des courses précédentes. Nous étions donc tout à la fin puisque nous n’avions jamais couru une telle distance. Et c’était très bien ainsi pour ne pas se faire bousculer.

(Photo: MarathonPhoto by Iconic Group Inc.).

Nous nous sommes mis dans la file et avons attendu longtemps que les plus ou moins 10'000 coureurs avant nous soient partis. Malgré le froid, l’ambiance était bonne. Nous avons rencontré des Français qui travaillent à l’ONU et qui couraient avec leur organisation. Il y avait beaucoup de groupes courant pour une bonne cause (identifiable par leur t-shirt) et d’autres gens accompagnant des personnes à difficulté. Ma maman avait pris un Kimbo avec pour la course aussi. Celui-ci était plus petit que celui présenté dans mon dernier article. Plusieurs personnes de ce groupe sont venues lui poser des questions. Décidément, il n’y a pas que mon frère qui s’intéresse aux peluches!!! Nous allions courir également avec les photos des doudous et des gens qui auraient souhaité être avec nous, c’était une promesse et nous avons beaucoup pensé à eux.

Parmi la foule qui allait s’élancer, il y avait aussi des gens déguisés. Nous avions devant nous un groupe de Coréens complètement déjanté et c’était chouette de les voir s’amuser et prendre des poses délirantes pour les nombreux photographes.

Enfin notre tour est venu et nous avons attaqué le parcours que j’avais repéré depuis si longtemps.

Il y avait beaucoup de Français dans le public. En effet, beaucoup de coureurs de cette nationalité prendraient part au marathon dimanche et couraient déjà la course du samedi en guise d’entraînement. Nous les avions repéré dans les tronçons B et C, par leur drapeau, mais aussi par des t-shirts les identifant. Plusieurs logeaient dans notre quartier aussi. Le support apporté à leurs compatriotes portant la même lettre que nous, tant avec des mots qu’en agitant des petites clochettes (venant de l’Expo) n’est pas passé inaperçu.

Nous étions en train de courir et c’était un instant magique. Ma maman et moi, à New York, dans une course de 5 km que j’avais commencé par refuser de faire car cela me semblait infaisable!

A quelque deux kilomètres de l’arrivée, ma maman m’a dit de foncer, et c’est ce que j’ai fait!!! J’ai réussi à gagner quelques minutes sur elle. J’ai fini dans la tranche des 6 millièmes et elle dans les 8 millièmes ;-).

(Photo: MarathonPhoto by Iconic Group Inc.).

Puis, nous nous sommes difficilement retrouvés dans la zone d’arrivée. Beaucoup d’émotions.

Nous sommes repartis ensuite avec nos sacs de ravitaillement à travers Central Park. Juste un petit regret: nous étions seuls à l’arrivée. Normalement, notre famille est toujours là pour nous filmer, photographier et nous féliciter. Là, nous étions seuls, sans personne que nous connaissions.

C’est alors que nous avons rencontré un écureuil. Nous lui avons donné à manger. Et là, c’est nous qui avons filmé et photographié: il y en avait tout un groupe et de magnifiques oiseaux aussi. C’est alors que le temps s’est arrêté et nous sommes restés longtemps à les nourrir et les contempler.

Puis, nous sommes repartis et nous étions simplement heureux.

Suite au prochain épisode.

Benutzer-Kommentare