29 août 2018

Si tu avances quand je canicule…

La chronique de Marie-Thérèse Porchet.

Marie-Thérèse Porchet
Marie-Thérèse Porchet.

Cet été, la vague de chaleur qui a fait suer les Suisses – c’est un euphémisme! – a eu plein d’effets pervers. Par exemple, mi-juillet, en Valais, un quartier de la ville de Martigny a été littéralement envahi par les mouches, au point qu’il a fallu distribuer à tous les habitants de quoi se défendre. Les Valaisans sont vraiment imprévisibles: ils s’opposent à la Gay Pride, mais ils sont ravis de recevoir une tapette!

À la prison genevoise de Champ-Dollon, la température est montée tellement haut dans les ateliers que les détenus ont refusé d’aller travailler. Mais ils ont quand même reçu leur indemnité, qui est d’environ vingt francs par jour. Des députés crient au scandale. Pourtant, payer des prisonniers pour ne rien faire, c’est faciliter leur réinsertion, ils pourront beaucoup plus facilement entrer dans la fonction publique...

Les naturistes ont été priés d’aller se rhabiller, car le pacu s’attaque exclusivement aux testicules des baigneurs

Marie-Thérèse Porchet

Là où il y a eu aussi pas mal de mécontents, cet été, c’est chez Exit. Forcément, plus besoin d’aide, les vieux mouraient tout seuls! Je n’ai jamais compris pourquoi les gens s’inscrivaient chez Exit. Pourquoi gaspiller autant d’argent alors qu’il y a un truc bien plus simple pour réussir son suicide: il suffit de se faire opérer à l’hôpital de Sion. En plus, c’est remboursé. Même la faune aquatique a été bouleversée par la canicule. Le pacu, un poisson d’Amérique du Sud, cousin du célèbre piranha, a été signalé sur les côtes suédoises. Les naturistes ont été priés d’aller se rhabiller, car le pacu s’attaque exclusivement aux testicules des baigneurs. En revanche, on en a lâché quelques-uns dans le jacuzzi du Conseil fédéral, ils sont rentrés bredouilles…

Enfin, autres conséquences très étranges, sous l’effet de la chaleur, certaines personnes se sont soudain retrouvées à faire quelque chose qu’elles n’auraient jamais fait en temps normal. Moi, par exemple, le jour où il a fait le plus chaud, j’ai acheté deux billets pour le Comptoir suisse. Pourtant je m’étais juré de ne plus y retourner, depuis qu’un monsieur m’a dit, il y a quelques années, en me croisant dans une allée: «Il y a tellement de vieux machins qui sont plus à la mode, dans ce Comptoir, j’étais pas sûr de vous reconnaître!» En tout cas je suis passée à Beaulieu la semaine dernière, les organisateurs sont optimistes: trois semaines avant l’ouverture, il n’y a déjà personne! 

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Le site de Marie-Thérèse Porchet: https://marie-therese.ch

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