20 décembre 2018

On perd Noël

La chronique de Martina Chyba, journaliste RTS.

martina chyba
Martina Chyba, journaliste RTS.
Temps de lecture 3 minutes

Bon, ça y est. C’est Noël. Et la magie de Noël, c’est qu’aucun événement ne cristallise autant d’amour et d’angoisse en même temps. Alors, comme on dit dans les entreprises quand on veut faire de la psychologie positive: soyons «orientés solutions».

1. L’avent. Vous êtes entraîné pour l’Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km de course à pied)? Parfait, mais cela ne vous suffira pas pour arriver vivants au Réveillon. Oui, cette période merveilleuse de course aux cadeaux, boulot, apéros, spectacles de fin d’année, discussions de qui fait Noël chez qui, cette période que l’on devrait finir en resplendissante hôtesse détendue et emballée dans la ficelle d’un string rouge, se termine la plupart du temps en mélangeant champagne bon marché et chimie bâloise pour tenir le coup. Solution: laisser courir (pour être polie). Lâcher. Dire «non», parfois. Noël finira d’une manière ou d’une autre par se passer. Pour survivre à l’avent, penser à l’après.

2. Les cadeaux. Que ce soit clair, Noël est une arnaque. Ceux qui dépensent le plus sont ceux qui reçoivent le moins. Vous vous crevez la peau et le budget par la même occasion, et vous savez que vous n’aurez pas de médaille, peut-être même pas une bougie parfumée. Vous pouvez décider de vous en tenir aux bons d’achat achetés à la Poste, mais comme tout le monde fait ça, vous risquez de recevoir le même bon d’achat que vous offrez (du vécu), et si vous avez mis une somme moins importante que l’autre, vous avez l’air con. Solution: s’il y a un truc qui vous plaît, achetez-vous-le (ça se dit ça?), faites un joli paquet et déballez-le, heureux, le jour J. Ou alors commandez des trucs sur le web à la der pour qu’ils n’arrivent pas à temps, excusez-vous et après gardez-les pour vous. Héhé.

Cette année, les gilets jaunes pour l’entrée, les militants véganes en plat principal et les voyages et notes de frais des politiciens au dessert, ça devrait animer la soirée

Martina Chyba

3. La bouffe. Est-ce que quelqu’un aime VRAIMENT la tranche de dinde un peu sèche avec les marrons et les haricots verts flapis? Est-ce que quelqu’un aime VRAIMENT la bûche au beurre, après les haricots verts flapis? Solution: tant qu’à faire, mangez ce qui vous fait VRAIMENTplaisir. Et si c’est une pizza ou une fondue, pfff pourquoi pas. Reportez vos ambitions sur l’alcool.

4. La conversation. Il ne faut parler ni politique, ni argent, ni famille, ni cul, ni religion, ni boulot. Reste la pluie et le beau temps. Ah ben non, le dérèglement climatique est devenu un sujet plus qu’orageux. Ok, on mâche les haricots verts flapis en silence. Solution: Y aller franco, pour le fun. L’an dernier, on a lancé les discussions sur #metoo et No Billag. Cette année, les gilets jaunes pour l’entrée, les militants véganes en plat principal et les voyages et notes de frais des politiciens au dessert, ça devrait animer la soirée.

Mais en fait les amis, on va faire comme chaque année, manger les haricots verts flapis en souriant et trouver que c’est super. Joyeux Noël!

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