18 avril 2018

Travaux vaches cochons…

La chronique de Martina Chyba, journaliste RTS.

Martina Chyba
Martina Chyba, journaliste RTS.
Temps de lecture 3 minutes

Pardon hein, je vais vous faire un truc de blaireau, ou plutôt de euh… comment on dit «blaireau» au féminin? Voilà, renseignement pris, on dit «blairelle». Oui moi j’aurais préféré «blairotte», mais bon. Donc je vais faire un truc de blairelle: râler parce qu’il y a trop de travaux.

Pourtant je ne roule même pas en voiture hein, je roule en scooter à côté des automobilistes qui sont à l’arrêt dans les bouchons et qui ont envie de me buter parce que je les dépasse. Mais là, même en scooter on n’avance plus, Genève est comme une actrice aux Oscars ou aux Césars ou à Cannes: défigurée par trop de travaux. Je ne comprends pas pourquoi les producteurs des émissions de téléréalité dites de survie se cassent la nénette à envoyer les gens s’affamer sur des îles désertes à l’autre bout du monde.

La vraie jungle, c’est de traverser la ville à 8 heures du matin ou à 6 heures le soir et d’en sortir vivant.

Martina Chyba

Il n’y a plus une rue qui n’est pas en travaux, ni même un trottoir; l’autre jour, même pour faire mon footing à l’endroit habituel, un monsieur en orange m’a enjoint d’enjamber des barrières, heureusement que mon fils fait du 110 mètres haies, j’avais vu comment faire. Ma fille va passer son permis, eh bien, ils peuvent le lui donner direct, rien que de sortir du parking et de notre rue, je ne suis pas sûre que Lewis Hamilton y arrive. L’autre jour, nous avons pris la route du Lac sur 25 kilomètres, vu le gymkhana, on n’a jamais pu passer la quatrième.

Le pire c’est qu’on pourrait se dire: OK c’est un mal nécessaire, parce que après ce sera tellement bien. En Grande-Bretagne ils mettent des panneaux «your taxes at work», en gros «vos impôts travaillent» pour calmer les gens.

Moi j’aimerais bien que mes impôts travaillent pour que ça circule mieux ou que je puisse me loger à un prix correct.

Martina Chyba

Mais en fait non. Il y a des travaux partout depuis des années et il n’y a toujours pas un appart de dispo et il n’y a toujours rien qui circule, et surtout pas de l’air pur. Ils ont déjà éventré au moins quatre fois notre quartier pour installer la fibre optique, et malgré le fait que je paie l’équivalent d’un rein chaque mois à mon opérateur pour un machin highspeed, le wi-fi est toujours pourri.

Je ne parle pas des plombes que cela dure, de toutes les fois où on se dit: «ah tiens c’est vendredi premier jour de vacances avec des monstres déplacements et ils décident de commencer le chantier à ce moment-là», des fois où les travaux du centre sportif sont censés être faits durant l’été et qu’ils commencent… à la rentrée quand des centaines d’enfants débarquent… stooop j’arrête.

Adieu travaux, vaches, cochons, je vais rentrer chez moi et passer le Karcher sur mon balcon, il fait beaucoup de bruit hinhin, je sens que ça va me détendre.

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