4 août 2017

Mon enfant ne raconte rien

Une fois franchi le seuil de la maison, les petits peuvent se révéler terriblement secrets sur leur vie à l’extérieur. Au point d’angoisser leurs parents. Pas de panique, c’est normal.

Temps de lecture 4 minutes

Comment s’est passée ta journée?» «Qu’as-tu fait à l’école?» «Et à midi? Tu as bien mangé?» Silence. Silence et silence encore. L’envie vous prend d’insister? Réponse: «Je ne me souviens plus.» Las, vous laissez tomber, vous demandant ce que vous avez fait pour que votre enfant ne vous raconte rien.

Les petits mutiques sont pourtant nombreux. Et ce n’est pas parce qu’ils ne balancent pas tout d’une tirade au retour de l’école qu’ils ont passé une mauvaise journée ou que quelque chose les tracasse. «Les bombarder de questions n’est pas la solution, le risque étant de voir l’enfant se refermer sur lui-même», prévient la pédopsychiatre Nathalie Nanzer, médecin adjoint, responsable de l’unité de la Guidance infantile aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG). En un mot: ne soyez pas intrusifs et prenez ce qui vient en vous montrant à l’écoute.

Raconter sa journée ou faire part de ses émotions n’est pas chose aisée. Ce d’autant lorsqu’on a 4 ou 5 ans. «Les enfants qui relatent ce qu’ils ont vécu à cet âge-là sont très rares, note-t-elle, et je ne suis pas certaine que, lorsqu’ils le font, ils donnent réellement beaucoup d’informations, car ils n’arrivent simplement pas à se repérer dans le temps dont on leur parle.» Les choses changent entre 8 et 12 ans, les enfants étant alors capables de restituer leurs émotions et ce qu’ils ont vécu. «Il y a moins de conflits intérieurs et ils se lâchent un peu plus», fait remarquer Nathalie Nanzer. Il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter face à un enfant mutique, sauf bien entendu si d’autres signes, tels des bleus, des pleurs ou des angoisses, apparaissent au retour de l’école.

Une communication d’adultes

Les premières années de scolarité riment souvent avec changement pour les enfants comme pour les parents. Et ce sont souvent eux qui font preuve d’angoisse face à la nouvelle vie de leur petit. «D’un coup, on ne nous racontait plus rien, alors qu’à la crèche on savait ce que notre fils avait mangé, à quoi et avec qui il avait joué, de quelle heure à quelle heure il avait dormi, s’il était allé à la selle, se souvient, Anne, maman de Jules, aujour­d’hui ado. C’est comme si on avait coupé net le canal d’information. «Car sans que les parents s’en rendent compte, la communication se fait en réalité d’adulte à adulte et leur enfant n’est pas devenu mutique du jour au lendemain.

Pierre, papa de deux garçons aujourd’hui préados, se rappelle qu’il s’agit aussi d’une question de caractère. «Très vite, leurs personnalités se sont dessinées et il est apparu que l’aîné était plus taiseux alors que le cadet aimait davantage se livrer.» Et cela ne s’arrange généralement pas avec l’adolescence. «Le besoin de se différencier devient plus fort et moins raconter, c’est aussi préserver son jardin secret», poursuit Nathalie Nanzer. Pas une raison pour couper tout échange et ne plus questionner, avertit-elle. «Contrairement à ce que l’on croit, ils ont besoin de parler.» Simplement, il faut essayer d’être à l’écoute et disponible lorsqu’ils ressentent le besoin de se confier.

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