16 avril 2019

Un job au top

Entre mars et novembre, Florin et Doina Marian travaillent et vivent dans la Fiore di pietra, le célèbre bâtiment de Mario Botta érigé au sommet du Monte Generoso.

Florin et Doina Marian travaillent et vivent dans la Fiore di pietra, le célèbre bâtiment de Mario Botta érigé au sommet du Monte Generoso.
Au sommet du Monte Generoso, à 1704 m d’altitude, le panorama est époustouflant.

Florin et Doina Marian bénéficient peut-être de la plus belle place de travail qui puisse exister en Suisse. Ce couple de Roumains travaille en effet de mars à novembre au sommet du Monte Generoso, à 1704 mètres d’altitude. Par temps clair, le panorama y est époustouflant avec, au nord, la chaîne des Alpes et Lugano et, au sud, la plaine du Pô et Milan. «Je ne me lasse pas d’observer ces montagnes. Selon la saison, la lumière change considérablement, et je remarque toujours de nouveaux détails», explique Florin Marian, qui commence sa troisième saison en tant que gardien.

Je ne me lasse pas d’observer ces montagnes

Florin Marian, gardien

Et si cet environnement de travail est pour le moins unique, il en va de même pour l’appartement de fonction qu’occupe le couple. Un deux-pièces aux lignes sobres et élégantes… signé Mario Botta et situé dans la déjà célèbre Fiore di pietra construite en 2017 par l’architecte-star et enfant du pays.

L’appartement de fonction qu’occupent Florin et Doina Marian est un deux-pièces aux lignes sobres et élégantes.

Outre un logement, cette fleur minérale posée sur la crête de la montagne abrite également un restaurant à la carte et un self-service, une salle de conférence et un lieu d’exposition, ainsi que deux terrasses panoramiques. Le tout sur cinq niveaux.Tout au long de la journée, le couple, qui n’est pas seulement engagé en tant que simple gardien du site, y a toujours fort à faire. «Nous montons déjà deux semaines avant l’ouverture au public, explique Florin Marian. Nous faisons alors les grands nettoyages afin que tout soit prêt quand les premiers visiteurs arrivent. Il faut par exemple entretenir les parquets, nettoyer les fenêtres, mettre en place les salles des restaurants, etc.» Et Doina Marian de poursuivre: «Durant la saison, nous aidons à la plonge et nous nous occupons de la lessive des vêtements du personnel en cuisine.» À cela s’ajoutent le contrôle et le nettoyage du chauffage et un tour de ronde afin de vérifier, chaque soir, qu’aucun visiteur n’est resté enfermé dans la Fiore di pietra.

Florin Marian décharge les marchandises arrivant par le train.

Seuls au monde

Lorsque le dernier train redescend à Capolago (TI), Florin et Doina Marian deviennent les seuls maîtres du bâtiment. Pas de quoi avoir peur toutefois – «Si cela avait été le cas, je n’aurais pas accepté ce poste», résume Doina. Pas de quoi non plus souffrir de solitude. «Nous avons sympathisé avec un autre couple, les Clericetti, qui habite non loin d’ici en été afin de produire du fromage de chèvre. Nous passons parfois les soirées ensemble», commente Florin. Ce voisinage met un peu de baume au cœur du couple. C’est que l’éloignement de leur famille peut peser. «En Roumanie, nous avons laissé deux enfants et quatre petits-enfants, explique le couple, marié depuis trente-cinq ans. Ils nous manquent et nous communiquons chaque jour par Messenger.»

La Fiore di pietra abrite un restaurant à la carte.

Des rapports humains chaleureux

C’est évidemment les faibles perspectives d’avenir dans leur pays d’origine qui ont poussé nos deux gardiens à chercher un futur meilleur en Italie tout d’abord, puis en Suisse maintenant. «Nous retournons seulement chez nous en hiver, quand la Fiore di pietra ferme ses portes.»

Si nous devions quitter ce poste, nos collègues nous manqueraient

Doina Marian, gardienne

Dans notre pays, Florin et Doina se sont toutefois bien acclimatés et parlent parfaitement l’italien, gestes compris. «Si nous devions quitter ce poste, ce n’est pas le panorama qui nous manquerait, mais bien les personnes qui travaillent ici. Ils sont tous formidables.» Il est vrai que les rapports humains en montagne sont toujours un peu plus intenses qu’en plaine.

Benutzer-Kommentare

Articles liés

«Les égocentriques ne font pas de bons solistes»

Cabas de la billetterie du Service culturel de Migros Genève

Une offre multisite

Sarah Kreienbühl,

«L'engagement de Migros se mesure aux actes et non aux paroles»

Informationen zum Author

Témoin à charge