31 janvier 2018

Motiver ses enfants à l’école

Spécialiste en coaching scolaire, Arnaud Trépey vole au secours des parents démunis en dévoilant onze conseils pour soutenir et stimuler leur enfant.

Temps de lecture 4 minutes

C’est le début du second semestre, le temps est encore hivernal et la lassitude se fait sentir. Dès lors, comment convaincre ses enfants et ados de s’extraire de leur lit et de se rendre à l’école? Mieux: serait-il possible par chance de leur insuffler l’enthousiasme nécessaire pour travailler jusqu’à cet été avec efficacité et optimisme? «Oui!», répond Arnaud Trépey, doyen pédagogique au centre de soutien, appui et coaching scolaire Futurplus, à Lausanne. Qui dévoile onze pistes aussi avisées qu’astucieuses.

1. Donner du sens à son travail

Commencer par donner du sens au travail de son enfant en lui demandant: «Qu’est-ce que tu veux faire plus tard? Qu’est-ce qui t’intéresse dans la vie et qu’est-ce qui te rendrait heureux(se) quand tu seras adulte?» Puis remettre fréquemment en perspective son objectif, même si celui-ci paraît encore très lointain. Comme Arnaud Trépey le souligne, «Cela peut paraître bête de dire: ‹les maths vont t’aider à faire ce que tu aimes plus tard›, mais le fait de mettre des balises permet d’avancer.»

Les apprentissages prennent tout leur sens dès lors qu’ils sont liés à un objectif.

Arnaud Trépey

2. Garder le contact

Il est extrêmement important que les parents gardent le contact avec leur enfant au fil des années, communiquent, et lui rappellent régulièrement le cadre si nécessaire. Cela permet à ce dernier de se situer et de savoir qu’il peut compter sur ses parents en tout temps, même s’il ne fait pas forcément appel à eux.

3. L’inciter à se créer des images mentales

«Il est scientifiquement prouvé que le fait de se créer des images mentales lors d’un apprentissage permet d’ancrer plus profondément ce dernier et de le rendre mobilisable à plus long terme», remarque Arnaud Trépey. Ainsi, pour apprendre des mots de vocabulaire, il est nécessaire de les lire et de continuer à les écrire – à la main, car

Il est prouvé que le fait d’écrire à l’ordinateur ne permet pas d’intégrer aussi efficacement la matière.

Il est aussi conseillé de se créer également des histoires avec les différents mots et de multiplier les supports d’apprentissage. «La maxime: ‹La perfection n’est atteignable que par la répétition› est absolument vraie!», souligne ainsi le doyen pédagogique.

4. L’aider à trouver sa méthode

Il est inutile de vouloir «donner des trucs» à son rejeton alors que chacun a sa propre logique. Laissez-le plutôt découvrir sa propre méthode d’apprentissage, ainsi que les astuces mnémotechniques qui lui seront les plus utiles.

5. Respecter son ancrage de travail

Il est nécessaire que l’enfant ou l’ado se crée un ancrage de travail en déterminant le moment, le lieu et l’environnement qui lui conviennent le mieux. Il aime travailler couché sur son lit avec de la musique, ou faire ses devoirs sur la table basse du salon? Pas de souci, du moment que l’espace de travail est serein… et les résultats au rendez-vous.

6. Favoriser les objectifs dits SMART

Arnaud Trépey conseille de séquencer les périodes d’apprentissage en «petits escaliers»: un objectif SMART (basé sur les initiales des adjectifs spécifique, mesurable, accessible, réaliste et temporellement défini, ndlr), réparti sur plusieurs jours, est nettement plus motivant et efficace qu’une énorme quantité de travail à abattre en une soirée. Par ailleurs, une fois le premier escalier franchi, on a nettement plus de courage pour continuer.

7. L’initier aux listes de tâches

Pour se libérer l’esprit et se motiver, la to-do list est ultra efficace: elle permet de biffer ce qui est fait et de se motiver ainsi à avancer. Autre méthode possible: créer une grille et s’y tenir. On y note les plages de loisirs, à raison de trois à quatre par semaine, et les plages de travail hors scolarité obligatoire, comme les devoirs par exemple, à raison de quatre à cinq par semaines. L’enfant remarque vite que cela ne représente pas tant d’heures de travail que ça et permet de liquider rapidement les tâches en évitant de procrastiner.

8. Réfléchir à une approche d’apprentissage ludique

Pas de miracle: l’humain fonctionne à la récompense. Il est donc nécessaire que l’enfant ait des moments de loisirs pour cultiver ses passions et ses intérêts: se nourrir d’énergie positive permet aussi de se construire! Idem pour l’apprentissage: si votre ado connaît par cœur le nom de tous les joueurs de foot mais n’est pas capable de retenir cinq mots de vocabulaire allemand, c’est qu’il a du plaisir à apprendre dans un domaine et pas dans l’autre. Aux parents de trouver le moyen de l’aider à apprendre aussi les matières scolaires de manière ludique, selon ses intérêts.

9. Lui proposer de travailler en groupe

Une participation active en classe, c’est déjà près de 95% du travail. Le conseil d’Arnaud Trépey: que les élèves créent des groupes de travail, qui leur permettront de confronter leurs idées et d’échanger des connaissances.

Quand on n’a pas compris un exercice, un copain pourra nous l’expliquer.

Ces échanges favorisent aussi des ancrages amicaux importants. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le cerveau est malléable: plus on le stimule, plus il sera prêt à apprendre!

10. Fixer un «jour de rien»

Cela fait un bien fou de placer une fois par semaine un «jour de rien», durant lequel on n’a aucune obligation, aucun rendez-vous et où on se laisse vivre librement…

11. Lui permettre d’avoir une bonne hygiène de vie

L’hygiène de vie est bien sûr également essentielle à une présence dynamique en classe: il s’agit dès lors d’aider son enfant à trouver son rythme, dans un cadre donné. Gare au manque de sommeil, à une alimentation déséquilibrée et à la surdose de sucre: il est prouvé que ce dernier a des conséquences très négatives sur les capacités d’attention et de concentration.

Arnaud Trépey, doyen pédagogique, au centre de soutien, appui et coaching scolaire Futurplus, à Lausanne.

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