12 février 2018

Les camions de demain

En partenariat avec le Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa), Migros développe un projet visant à faire circuler des véhicules particulièrement respectueux de l’environnement. Un concept innnovant baptisé «move».

Les chercheurs de l’Empa Brigitte Buchmann et Christian Bach devant les pompes à carburant de demain.
Les chercheurs de l’Empa Brigitte Buchmann et Christian Bach devant les pompes à carburant de demain.

Dans les locaux du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) à Dübendorf (ZH), la mobilité de demain est quasiment une réalité. Là-bas, on peut faire le plein de gaz naturel, d’hydrogène et d’un mélange de biogaz et d’hydrogène, ainsi que, bientôt, de méthane de synthèse renouvelable. Dans les années à venir, ces carburants devraient rapidement remplacer l’essence et le gasoil. Dans le cadre d’un concept innovant baptisé «move», l’Empa cherche à développer et à promouvoir le transport de personnes et de marchandises sans recourir aux énergies fossiles.

Migros a désormais rejoint cette plateforme novatrice. «Nous voulons être le leader du transport de marchandises durable. La collaboration avec un institut de recherche reconnu au niveau international tel que l’Empa nous aidera à mettre en œuvre des mesures innovantes et respectueuses de l’environnement», se réjouit Andreas Münch, responsable de la Direction Logistique et informatique à Migros.

Depuis des années, le détaillant travaille à la réduction de ses émissions de CO2, notamment dans le secteur des transports. La route a par exemple cédé la place au rail. Ainsi, près de la moitié des marchandises de Migros est acheminée par le train dans les centres régionaux et nationaux de logistique. Toutefois, les poids lourds continuent de jouer un rôle indispensable dans la livraison de chaque magasin.

En 2016, la flotte de camions de l’enseigne a parcouru au total 31 millions de kilomètres, principalement avec des véhicules rejetant peu d’émissions et avec quelques modèles électriques ou roulant au gaz. La coopération entre Migros et l’Empa doit permettre d’approfondir cet engagement en faveur d’un fret routier respectueux de l’environnement.

Quelle technologie pour demain?

Sous l’égide de Christian Bach, l’équipe de l’Empa étudie des concepts innovants que Migros pourrait utiliser à l’avenir. «Nous ne nous intéressons pas au véhicule pris isolément, mais à la chaîne énergétique dans son entier. L’origine de l’électricité et la période pendant laquelle elle est disponible ont également leur importance.»

Le concept «move» entend mettre au service de la mobilité l’excédent de courant renouvelable produit en Suisse en partie au printemps et en été. Cette énergie pourrait alimenter des voitures électriques mais aussi aider à fabriquer des carburants tels que l’hydrogène, le méthane de synthèse ou encore le diesel. «Pour l’instant, le choix de la technologie reste ouvert. Sachant que la mobilité recouvre de multiples formes, il faut envisager différents concepts de transmission, qui seront déployés en fonction de leurs points forts», explique Christian Bach.

De nos jours, la flotte de Migros se compose principalement de véhicules diesel. Au cours des années à venir, elle devrait nettement se diversifier. En effet, la technologie de transmission choisie dépendra à l’avenir davantage de l’usage auquel le poids lourd sera destiné, avec toujours pour objectif de préserver autant que possible le climat. À cet égard, sur de courtes distances, l’électromobilité se révèle une solution adéquate. Pour des trajets plus longs, en revanche, il est plus pertinent de recourir au gaz ou au diesel renouvelable.

La nouvelle stratégie de flotte que développe le détaillant s’articule donc autour de plusieurs technologies en fonction des lieux et des modalités. «Nous élaborons les bases des nouvelles technologies, et Migros les mettra en pratique, indique Brigitte Buchmann, responsable du département Mobilité, énergie et environnement à l’Empa. Nous ne voulons pas travailler en vase clos, mais pouvoir utiliser les résultats que nous obtenons dans la vie quotidienne, afin qu’ils profitent à la société dans son ensemble. En cela, le feed-back du secteur privé nous est précieux.»

Migros: un rôle pionnier à jouer

Les objectifs climatiques de la Suisse à l’horizon 2030 prévoient une réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990. «Si l’on applique ce calcul aux poids lourds de Migros, il faudra que la moitié de la flotte fonctionne aux énergies renouvelables d’ici là», estime Christian Bach.

Les différents technologies existent déjà, comme en témoignent les véhicules électriques, à l’hydrogène et au gaz circulant aujourd’hui sur les routes. Cependant, le marché suisse n’est pas encore prêt. Et Christian Bach de poursuivre: «C’est la raison pour laquelle tous les nouveaux concepts de propulsion doivent pour ainsi dire être imposés».

Les véhicules diesel ou essence continuent d’être meilleur marché et s’appuient sur un réseau de stations-service développé partout dans le monde. «Néanmoins, si une entreprise comme Migros mise sur une technologie émettant peu de CO2, elle peut envoyer un signal fort. Même aux particuliers.»

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