Contribution de lecteur
23 octobre 2017

National Economists Club à Washington

Temps de lecture 3 minutes

Lors du National Economists Club à Washington, la présidente de la Fed a expliqué que «l’économie fonctionne sur des taux plus bas qu’autrefois». Elle a également averti qu’il était «probable» qu’on ait besoin de réutiliser dans les années à venir une politique monétaire super-accommodante pour soutenir l’économie en cas de ralentissement, sans même une récession. C’est bien la première fois qu’un responsable monétaire de très haut rang admet que la FED va devoir avoir de nouveau recours une production monétaire non conventionnelle. Je défends cette théorie depuis longtemps sur les réseaux sociaux. Cette confirmation de Janet Yellen est lourde de sens.

Des facteurs intrinsèques empêchent les CPI de grimper à leur niveau cible et les taux d’intérêts doivent se maintenir à leur plus bas niveau pour éviter une flambée du spread taux – inflation. Si on considère que ce système ne peut s’étendre à l’infini et que le monde a besoin d’inflation pour se désendetter, nous risquons d’observer deux scénarios:

- Soit une nouvelle séquence de crise du crédit et de deleveraging. Celle-ci devrait générer une nouvelle poussée déflationniste à l’image de celle de 2008, puis, comme en 2009, les banques centrales devraient réagir en créant une quantité considérable de monnaie.

- Soit une activation précoce de la printing press en amont d’une nouvelle crise de la dette pouvant aboutir directement à une nouvelle dévalorisation monétaire.

Ces cycles, qui deviennent la norme monétaire selon l’aveu même de Janet Yellen, se poursuivront jusqu’à ce qu’une inflation majeure balaye le surendettement mondial qui touche désormais aussi les BRICs dont la Chine.

Les actions dont la valorisation est stratosphérique en l’absence de return des obligations, sont en risque dans les deux cas. Dans le scénario un, l’or peut subir temporairement une poussée baissière dans le deleveraging, puis exploser à la hausse avec les mesures non conventionnelles anticipées par Janet Yellen vendredi. Dans la deuxième hypothèse, l’or s’apprécierait directement sous l’effet de l’impression monétaire.

On parle souvent d’un crash obligataire imminent mais je suis de plus en plus persuadé que celui-ci ne naîtra pas d’une défiance des marché vis à vis de la dette mondiale mais de la survenue d’une forte inflation provoquée par l’acharnement des banques centrales.

Pour un trader ou un investisseur, la prochaine séquence de crise ne doit être couverte que par des shorts sur indices actions et la possession de cash dont la valeur exploserait avec la baisse des actifs. Mais rapidement, c’est l’or qui devrait bénéficier de la réaction de production monétaire des banques centrales.

Toute la problématique de la gestion patrimoniale et encore plus de celle de la spéculation, face à ces anticipations, est celle du market timing.

Elle est essentielle et extrêmement difficile à appréhender. La date du prochain ralentissement américain est à ce jour inconnue et l’or a déjà commencé son mouvement de hausse dans une volatilité et une incertitude qui est directement corrélée aux flux de statistiques américaines. Il n’y aura pas de mouvement linéaire et puissant sur le gold index tant que les perspectives de l’économie américaines resteront bonnes. Faut-il attendre un an, deux ans ou cinq ans? Nul ne peut le dire avec précision mais la hausse de l’or sera le prochain grand trade de la décennie. Elle fera suite au prochain krach boursier. Toute la difficulté sera de détecter les signes avant coureurs de cette crise. C’est ce que je vais m’efforcer de faire....

;-)

Benutzer-Kommentare