5 juin 2018

Jardin botanique de Neuchâtel: calme, verdure et nature

Le Jardin botanique de Neuchâtel fête ses vingt ans au vallon de l’Ermitage. Les visiteurs sont encouragés à enrichir l’exposition ouvrant les festivités de leurs propres objets liés au monde végétal.

Jardin botanique
Le Jardin botanique de Neuchâtel a participé à une recherche sur le miel dont les résultats ont eu un grand écho dans le monde scientifique. (Photo: Mathieu Spohn)
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Ici, tout n’est que calme, verdure et nature. En plein vallon de l’Ermitage, sur les hauts de la ville de Neuchâtel, le Jardin botanique prend toute sa dimension de musée à ciel ouvert lorsqu’il fait beau, et les nombreux visiteurs de tout âge ne s’y trompent pas. Cette année, les vingt ans de son installation en ce lieu sont marqués par plusieurs événements et expositions. Le fil conducteur (forcément vert) des manifestations thématise tant la défense de la nature que l’ouverture sur diverses cultures et sur la Cité.

Un attachement réciproque puisque le Jardin botanique, d’abord voué à l’enseignement académique, aurait pu disparaître sans un important soutien populaire en 2006. «L’ensemble du vallon était convoité par les promoteurs. Mais le canton et la Ville de Neuchâtel ont empêché leur achat grâce à une acquisition publique», explique le biologiste Blaise Mulhauser, son directeur depuis 2011.

Le microclimat du vallon permet de présenter une grande diversité de biotopes. (Photo: Mathieu Spohn)

Une importante contribution à la recherche

Devenu quatre ans auparavant la «Fondation du Jardin botanique et universitaire», le site n’a jamais cessé d’être un pôle de recherche en lien étroit avec l’Université de Neuchâtel, accueillant régulièrement des chercheurs mais aussi des séminaires à l’intention des étudiants en biologie et en ethnologie. L’an dernier, grâce à un appel au public pour rapporter de leurs voyages des échantillons de miel, une étude publiée dans le revue Science cosignée par les deux institutions a ainsi fait les gros titres en révélant que près des trois quarts des échantillons contenaient des pesticides. «Fait moins connu, ces cinq cents miels du monde entier ont permis non seulement une première approche de leurs différentes qualités organoleptiques, mais aussi d’aider à la visibilité de nombreuses productions en polycultures notamment au Brésil, à Bornéo et en Amérique centrale», souligne Blaise Mulhauser, grand voyageur à la découverte des cultures du monde et infatigable promoteur de projets de conservation des milieux naturels.

Un tel cadre bucolique est une aubaine pour les amateurs de photographie. (Photo: Mathieu Spohn)

La première journée mondiale des abeilles qui vient de se dérouler ici a été l’occasion d’une belle rencontre avec un public éclectique, familles, scientifiques ou amoureux de la nature se mêlant régulièrement au Jardin botanique. Des visiteurs aux multiples origines, aussi, puisque sous l’impulsion d’Élodie Gaille, ethnologue et conservatrice scientifique, plusieurs journées particulières sont consacrées aux liens qu’entretiennent différentes cultures avec leur environnement. «Les 7 et 8 août prochains, deux jours thématiseront la préparation de la pachamanca, une cérémonie pratiquée dans les Andes et durant laquelle des aliments sont emballés et cuits dans un trou creusé à même la terre avant d’être partagés au sein de la communauté», explique Élodie Gaille, qui se réjouit du succès rencontré par ce type de rendez-vous.

Le Jardin botanique de Neuchâtel est aussi apprécié pour les possibilités de flânerie qu’il offre. (Photo: Mathieu Spohn)

À l’écoute du besoin de renouer avec la terre

«Si nous vivons sûrement dans une société qui a coupé beaucoup de liens avec la nature, de plus en plus de gens manifestent le besoin de s’en rapprocher et nous tentons modestement d’y contribuer», relève pour sa part Blaise Mulhauser. La mise en avant de sujets ethnobiologiques, la spécialisation d’Élodie Gaille, semble remporter un franc succès. Tout comme la volonté de dresser des ponts avec le monde agricole d’ici et d’ailleurs, d’autrefois et d’aujourd’hui, par exemple lors de l’exposition Terre d’outils en 2017 qui a mis en scène quelque cent vingt d’entre eux.

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