12 janvier 2015

Elles révèlent leurs secrets

Françoise Clerc et Fabienne Derivaz possèdent des dons de guérison et pratiquent le secret. Elles viennent tout juste de publier un livre dans lequel elles expliquent sans tabou ces pratiques encore mystérieuses.

Guérir avec ses mains
Françoise Clerc et Fabienne Derivaz, guérisseuses: «Nous aimons dire que lorsqu’une a le son, l’autre a l’image. Nous sommes complémentaires.»

Vous organisez des conférences et proposez des formations à propos du secret et des dons de guérison. Aujourd’hui, vous publiez un livre sur le sujet. Pourquoi cette envie de communiquer?

Fabienne Derivaz: Lors de ces échanges avec le public, nous nous sommes aperçues que ce sujet suscitait encore de nombreuses questions. Il existe notamment nombre de fausses croyances concernant ces pratiques… C’est pourquoi nous avons voulu clarifier les choses dans un livre.

Fabienne Derivaz et Françoise Clerc peuvent aussi intervenir à distance.

Quelles fausses croyances?

F.D.: Le secret est surtout pratiqué dans les trois cantons catholiques romands: Valais, Fribourg et Jura. Dans ces régions, le public est généralement déjà bien renseigné. Chacun connaît dans son entourage au moins une personne qui exerce le secret! Leurs questions concernent donc généralement des points très précis. En revanche, lorsque nous donnons une conférence à Lausanne ou Genève, les questions se veulent plus personnelles. On croit encore parfois que les guérisseurs vivent comme des ermites, coupés du reste de la société!

Le secret est de moins en moins… secret aujourd’hui. Faudrait-il en changer le nom?

Françoise Clerc: Cela fait très longtemps que l’on trouve en librairie des ouvrages dans lesquels les secrets sont répertoriés… Si on l’appelle «secret», c’est que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle on condamnait au bûcher les personnes qui pratiquaient ces méthodes. A mon sens, le terme de «sacré» serait plus adéquat aujourd’hui, car il met en avant le fait que le guérisseur ne soigne pas de manière directe, mais qu’il ne se met qu’au service d’une source d’énergie.

Vous révélez quelques-uns de ces secrets dans votre livre. Il s’agit de prières, adressées à des saints…

F.D.: Ce n’est pas le cas de tous! Il existe par exemple des recueils médiévaux qui ne font pas du tout référence à Dieu. Il n’y a d’ailleurs pas besoin d’être pratiquant, ni même croyant, pour faire le secret.

Vous détenez également toutes deux des dons extrasensoriels, qui vous viennent de vos familles respectives. Comment expliquez-vous leur présence chez vous plutôt que chez d’autres personnes?

F.C.: Et que dire d’un artiste qui manie le pinceau à la perfection? Ou qui joue divinement bien d’un instrument? Il n’y a pas d’explication à chercher… Ils possèdent également un don.

Vous racontez dans votre livre avoir eu vos premières expériences de clairvoyance durant l’enfance. Comment les viviez-vous à l’époque?

F.C.: Parfois c’était très effrayant, parce que nous ne pouvions pas encore mettre de mots sur ce que nous vivions. Aujourd’hui nous savons que nous ne décidons pas des informations qui nous parviennent.

Les esprits d’êtres décédés s’adressent aussi parfois à vous…

F.C.: Ces expériences n’ont rien à voir avec celles qui sont présentées au cinéma, à l’exemple du film «Sixième Sens».

Les morts sont comme les vivants… Ils aiment se montrer sous leur meilleur jour.»

Vous affirmez révéler systématiquement aux personnes qui vous consultent les informations qui vous parviennent à leur sujet. Ne craignez-vous pas parfois de les effrayer?

F.C.: Avec le temps, nous avons appris que nous n’avons accès qu’aux zones où nous avons le droit de travailler. La personne qui nous consulte est alors prête à recevoir ces mêmes informations. En revanche, si nous ressentons quelque problème concernant un inconnu croisé dans la rue, jamais nous ne l’aborderons! Il faut que la personne demande expressément notre aide pour que nous lui révélions des informations.

Vos proches ne craignent-ils pas que vous puissiez lire en eux comme dans un livre ouvert?

F.D.: Nous ne sommes pas voyantes et ne sommes pas non plus branchées en permanence! Même si, c’est vrai, il est pratiquement impossible de nous mentir.

Il arrive que certaines personnes se sentent légèrement perturbées en notre présence, se demandant ce que nous avons pu deviner d’elles.»

Une grande partie du livre est aussi dédiée aux personnes qui pensent détenir un don. Sont-elles nombreuses?

F.C.: Nous pensons que de nombreuses personnes possèdent certaines capacités mais ne savent ni comment les développer ni comment les utiliser. On espère que notre livre pourra les guider…

Vous mettez tout de même en garde ces personnes des dangers potentiels à posséder de tels pouvoirs…

F.D.: Les gens pensent que cela doit être extraordinaire de posséder de telles capacités. J’avoue que c’est fabuleux de vivre dans cette énergie-là tous les jours et d’avoir conscience d’une partie du monde invisible… Mais, comme pour chaque métier, il y a aussi des côtés négatifs.

Par exemple?

F.D.: Le plus difficile est d’avoir parfois à retirer des personnes de nos dossiers parce qu’elles sont décédées. On se sent alors frustré et même parfois révolté de n’avoir pas réussi à les aider…

nous ne guérissons pas nous-mêmes les gens qui nous consultent. Nous ne sommes que des intermédiaires!»

Il semble que vous soyez les deux seules à pratiquer le don en binôme en Suisse romande. Quel en est l’avantage?

F.D.: Travailler à deux, c’est une sécurité. Si moi j’ai une information sur une personne et que Françoise arrive à d’autres conclusions, c’est peut-être que je me suis trompée. Nous aimons dire que lorsqu’une a le son, l’autre a l’image. Nous sommes donc complémentaires…

Le regard des personnes sceptiques face à vos méthodes de soins n’est-il pas trop lourd à supporter?

F.D.: Chacun est libre d’y croire ou non. De notre côté, nous sommes plutôt discrètes. Ce n’est par exemple que lors de la publication de notre livre que des connaissances ont appris quel métier nous exercions!

Vous dites que votre travail est complémentaire à celui de la médecine classique. Qu’entendez-vous par là?

F.D.: La médecine s’occupe très bien du corps physique. Alors que nous nous occupons du corps énergétique. Certains docteurs croient en nos pratiques et d’autres non. Dans les hôpitaux il y a d’ailleurs souvent des listes de gué­risseurs dans les bureaux des infir­miers…

Texte: © Migros Magazine – Alexandre Willemin

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