10 novembre 2017

La villa des astuces

Tout a commencé avec quelques prises commutables. De fil en aiguille, Hans Fischer a transformé son lieu de vie en une maison intelligente, équipée de mécanismes subtils de la marque «fait maison».

domotique
Hans Fischer peu enclencher l'arrosage automatique du jardin à partir d'une tablette. (Photos: Daniel Winkler)

De prime abord, cette maison ressemble à n’importe quelle villa familiale classique implantée dans la campagne. Rien ne permet d’imaginer quelque chose d’extraordinaire. Seuls les initiés décèleront çà et là, en y regardant de plus près, un petit capteur qui dépasse ou un câble discret. Hans Fischer nous ouvre la porte.

La recharge de la voiture électrique se fait par l'installation photovoltaïque. (Photos: Daniel Winkler)

Rien ne vaut le fait maison

Lorsqu’il s’agit de domotique, cet ingénieur électricien et blogueur technologique n’utilise pratiquement jamais de solutions toutes faites. Il préfère de loin construire ce qu’il lui faut à partir de ses idées afin que le résultat corresponde à ses besoins spécifiques. Et ce, pas seulement quand il s’agit de technologie de pointe.

Exemple, le coin détente de son jardin: Hans y a bien sûr posé les dalles lui-même, mais en plus, il a installé un toit ouvrant assorti, qui se roule automatiquement par fort vent et lorsqu’il pleut. Pour ce faire, il l’a relié à sa petite station météo et à un capteur de pluie posé sur le toit. Force est de préciser que celui-ci n’ayant pas de pente, l’eau ne peut pas s’en écouler. Explication de Hans: «Une pente suffisante aurait nécessité d’abaisser l’avant-toit à 1,65 mètre au-dessus du sol. Comme je fais près de 2 mètres, il m’a fallu trouver une autre solution.»

Les capteurs météo sont également utiles pour l’irrigation automatique. Le réseau installé dans le jardin n’est utilisé que lorsque le temps est sec. De la sorte, en été, les Fischer peuvent partir en vacances sans avoir à solliciter leurs amis ou leurs proches.

Une autre caractéristique ­typique de la «méthode Hans Fischer», le robot-tondeuse à ­gazon: il l’a connecté à un wifi et lui a construit un mini-garage. Ainsi, le robot ne se met au travail que lorsqu’il est évident qu’il ne va pas pleuvoir sur l’herbe coupée.

«J’essaie d’automatiser tout ce qui peut vraiment me soulager», explique Hans. S’agissant de l’éclairage, par exemple, le rapport entre le coût de l’installation et son utilité lui semble disproportionné: appuyer sur un interrupteur n’est vraiment pas une grosse affaire. Certes, un détecteur de mouvement dans le couloir serait très pratique quand on a les deux mains occupées. «Mais lorsque je porte au lit notre enfant presque endormi, il ne faut surtout pas que la lumière s’allume», répond-il. En effet, si maligne soit-elle, la maison intelligente n’est pas encore capable de distinguer ce cas de figure d’un autre.

La station météo. (Photos: Daniel Winkler)

L’efficacité des petits pas

Si l’on ne voit quasiment rien des montages de Hans c’est parce que les différents capteurs et moteurs communiquent principalement par radio avec la centrale située au sous-sol, dans un endroit discret. Hans a également construit lui-même le tableau de commande, puis l’a fait vérifier par un électricien. Tout faire lui-même, il adore ça, sans compter les économies qu’il réalise. «Une installation neuve se chiffre vite à 20 000 francs, uniquement pour les composants intelligents», explique Hans. La sienne est loin de ce montant. Si le cœur de son installation, un serveur de la société Loxone spécialement conçu à cet effet, ne lui a coûté que 590 francs, Hans estime le coût du matériel entre 2500 et 3500 francs. «Le logiciel de programmation est également disponible gratuitement, alors que des solutions telles que KNX nécessitent le recours à un électricien ou l’achat d’une licence très coûteuse.»

Certes, il ne compte pas ses nombreuses heures de labeur, parce que ce travail est devenu un hobby avec le temps. «Une fois que l’on a commencé, on découvre de plus en plus de fonctionnements à améliorer.» Cela tient notamment au fait que l’on peut mesurer et analyser statistiquement beaucoup de choses. Dans son serveur Loxone, Hans dispose par exemple de données sur la consommation d’eau et d’énergie. Ce qui lui permet d’apprécier l’impact de certains choix ou de répondre à la question de savoir s’il serait utile d’exploiter sa propre installation photovoltaïque.

Hans Fischer fait la pluie et le beau temps dans son jardin! (Photos: Daniel Winkler)

Contrôle et sécurité

Beaucoup de gens associent la domotique à une prise de contrôle de la machine sur l’homme. La méthode de Hans Fischer démontre le contraire: elle permet d’avoir un contrôle total sur tout. Parce qu’il l’applique lui-même et qu’il utilise des composants libres et modulaires, il ne dépend d’aucun opérateur qui aurait la mainmise sur ses solutions via le cloud, collecterait ses données d’utilisateur et rendrait son installation inutilisable en cas de faillite. Chez Hans, la plupart des données sont transmises uniquement en mode local par radio et ne sont pas accessibles de l’extérieur. Seul le système de chauffage Tado fait encore exception: il s’agit d’une solution fermée que Hans n’a pas installée lui-même, mais qu’il envisage de réguler tôt ou tard via son serveur Loxone.

Le système d'arrosage. (Photos: Daniel Winkler)

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