9 novembre 2017

Duel de preneurs d’images

La qualité des appareils photo des smartphones s’améliore constamment. Alors pourquoi acheter un reflex encombrant et lourd?

david lee
Reflex ou smartphone? Notre auteur David Lee a testé les deux caméras.

Cela fait bien quelques années que la qualité des appareils photo de nos téléphones portables est telle que ceux-ci n’ont rien à envier – ou presque – aux appareils photo classiques. Et la technique continue à progresser.

Sur le chemin du travail, je vois une affiche de 10 mètres de haut sur laquelle (du moins selon Apple) est imprimée une photo prise avec un Iphone. Si la qualité des images des smartphones est telle que l’on peut les afficher en si grand format, qu’est-ce donc qui peut encore plaider en faveur d’un appareil photo lourd, coûteux et encombrant?

Il y a pourtant des choses que ces derniers font mieux. Et cela ne changera guère au cours des prochaines années en dépit des progrès technologiques constants. Les appareils photo reflex – ou SLR (de l’anglais single-lens reflex, soit appareil photo reflex mono-objectif) – sont les outils classiques des professionnels et des bons photographes amateurs.

1. Taille du capteur

Le capteur photosensible d’un appareil reflex est facilement quinze à vingt fois plus grand que celui d’un téléphone portable. Cela le rend beaucoup plus sensible à la lumière. Il produira donc une meilleure qualité d’image à faible luminosité, et nécessitera des temps d’exposition plus courts. Mais un grand capteur peut également mieux gérer les écarts de luminosité. Au soleil, par exemple, les contrastes sont importants entre les parties éclairées et ombrées. Dans ce type de configuration, l’appareil photo d’un smartphone verra parfois les ombres complètement noires et les zones claires complètement blanches. Autre différence: avec un grand capteur, les parties de l’image qui ne sont pas focalisées deviennent très floues. Cela permet de distinguer clairement un sujet de l’arrière-plan.

Les smartphones ont une ­panoplie d’astuces pour atténuer cet inconvénient majeur (lire l’encadré). Cependant, même avec elles, ils n’arrivent jamais à produire la qualité d’image d’un grand appareil photo.

2. Prises de vue au téléobjectif

Le smartphone ne permet pas véritablement de zoomer et, par conséquent, de capturer des sujets éloignés. Pour nombre d’utilisateurs, c’est sa limite la plus évidente. Le bel oiseau de proie qui dessine des cercles dans le ciel n’occupe que deux pixels sur la photo du smartphone. Certes, il est possible d’agrandir l’image lors de la prise de vue, mais le résultat n’est pas le même qu’avec un vrai zoom, car on ne fait qu’augmenter la taille des pixels, l’image perdant alors en résolution et en netteté. Pour agrandir un sujet lointain, les utilisateurs de reflex se procurent des télé­objectifs, souvent assez lourds et parfois plus chers que les appareils photo eux-mêmes. Quant aux photographes du dimanche qui n’ont qu’un téléphone portable, mais qui aimeraient tout de même zoomer, ils sont nombreux à jeter leur dévolu sur un appareil compact doté d’un facteur de zoom élevé. C’est moins cher, plus léger, plus facile à manier et il n’y a pas à changer d’objectif. Seulement, les objectifs possédant un facteur de zoom très élevé donnent rarement des images de très bonne qualité. Plus important encore, le photocapteur de ces appareils est presque aussi petit que celui de la caméra d’un smartphone. Or la sensibilité à la lumière est particulièrement importante pour les prises de vue au téléobjectif. Du coup, ce genre d’appareil, même doté d’un zoom puissant, risque de décevoir l’amateur désireux de prendre des photos de haute qualité au téléobjectif, par faible luminosité.

3. Options de réglage

Les appareils reflex ont beaucoup plus d’options de réglage et permettent une plus grande finesse d’image. Le choix du temps d’exposition, par exemple, détermine si les mouvements ­seront figés ou flous. Sur de nombreux smartphones, cette fonction n’existe pas. Pourtant, il ne suffit pas de pouvoir régler des paramètres, encore faut-il pouvoir le faire rapidement. Les touches et les molettes des reflex permettent à un utilisateur chevronné de les ajuster en une fraction de seconde, alors que sur un smartphone, il faudrait naviguer dans les menus, voire installer une application spéciale. Enfin, le volume et le poids du boîtier ont un avantage: on l’a mieux en main, avec pour résultat des photos et surtout des vidéos moins floues.

4. Les applis du smartphone

Imaginez la situation suivante: vous avez installé votre smartphone sur un trépied et passé plusieurs minutes à sa mise au point. Au moment où la prise commence, quelqu’un appelle et, bien sûr, le vibreur est enclenché. Cela ne devrait pas arriver. Photographier et filmer avec ­sérieux nécessite autre chose qu’un appareil qui sert également de téléphone, navigateur, chaîne stéréo, bloc-notes, téléviseur ou lampe de poche! Ainsi ne prendra-t-on pas le risque de voir systématiquement sa batterie déchargée au plus mauvais moment. Au demeurant, de nombreux appareils reflex modernes peuvent être commandés à distance via une application smartphone. Cela peut être utile, par exemple, lorsque l’appareil photo a été installé à un endroit difficile d’accès.

Là où le portable est plus indiqué

Souvent, l’esthétique n’est pas le critère déterminant des photos de téléphones portables. On vise un code-barres pour obtenir des informations sur un produit, une plante pour en connaître le nom ou le ciel pour identifier des étoiles. Ces fonctionnalités sont taillées pour le smartphone. Certains utilisateurs sont friands de ces nombreuses applications qui permettent, entre autres, de déformer un visage ou de le maquiller ou de créer un panorama.

Il est délicat de prendre des photos discrètement avec un ­reflex. Les portraits spontanés et naturels exigent beaucoup de doigté de la part du photographe. De plus, un reflex ne peut pas se déclencher silencieusement car son miroir doit se replier en quelques fractions de seconde. Cela peut être un problème, notamment dans la photographie animalière.

Mais le plus gros inconvénient, et de loin, est bien évidem­ment que les reflex n’ont pas de tiges à selfies… 

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