2 mai 2018

On ne prête qu'au Real

Quand le coup de pouce ne vient pas des arbitres, c'est l'adversaire qui se montre généreux envers les Madrilènes. Mystère et boulettes de gomme.

Sven Ulreich: la solitude du gardien de but au moment de la boulette
Sven Ulreich: la solitude du gardien de but au moment de la boulette. (capture d'écran BEIN)

Petits souliers. Voilà, semble-t-il, la pointure préférée des joueurs du Real Madrid. La route qui mène vers Kiev, où aura lieu la finale de la Ligue des Champions le 26 mai 2018, s'est apparentée en effet pour les protégés de Zidane à un chemin de croix particulièrement épineux.
Sauf que le Golgotha des Merengue se termine toujours de la plus logique des façons: par une résurrection miraculeuse.

Rappelez-vous: longtemps tenus en échec en huitième de finale à Bernabeu par un PSG serein, les Madrilènes finiront par renverser ce vent mauvais, moins grâce à leurs propres mérites qu'à un coaching calamiteux du manager parisien Emery. Qui sacrifie son matador Cavini, avec comme résultat de se retrouver deux fois encorné dans le money time. Autre bienveillance d'un hasard cousu de fil blanc: la star parisienne Neymar se blesse avant le match retour, qui se transforme en formalité pour des Espagnols décidément vernis jusqu'au bout des ongles de pieds.

Rebelote miraculeuse en quart de finale: après s'être baladé à Turin, Madrid semble s'effondrer à la maison face à une Juventus irrésistible. Jusqu'à cette 94ème minute où un arbitre anglais, le très hardi monsieur Oliver, accorde aux Merengue un penalty dont on discutera encore sans doute quand nous serons tous morts.

Et que dire de cette demi- finale? Après une victoire chanceuse et sans panache à Munich, le Real chez lui, à nouveau, se fait danser sur le ventre par les buveurs de bière du Bayern. A la mi-temps, le 1 à 1 ne reflète guère la domination de Bavarois qui semblent bien partis pour tout emporter en deuxième période. Et c'est là précisément qu'intervient ce que personne n'avait prévu, un nouveau coup du ciel ou du sort: une boulette, une boulettissima plutôt, du gardien allemand Sven Ulreich, qui aurait même fait honte à un portier de cinquième ligue, permettant à Benzema de marquer dans le but vide.

Bref, si la grande porte de Kiev s'est ouverte pour les Madrilènes, c'est à la suite d'un enchaînement de circonstances qui pourrait faire penser aux plus superstitieux d'entre nous que Dieu est Merengue. Les plus terre-à-terre diront que pour être grande, une équipe doit savoir se faire toute petite, pour mieux passer par un trou de souris, quand ce n'est pas le chas d'une aiguille. Et que finalement on ne prête qu'aux riches et à ces chameaux de Madrilènes. Amen.

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