25 juillet 2017

Passion stand-up

A 27 ans, Charles Nouveau est l’un des nouveaux visages de l’humour romand. Véritable électron libre entre Genève et Paris, il impose son style résolument mordant.

Charles Nouveau
Sur sa lancée,Charles Nouveau songe à s’aventurer dans le monde du cinéma.
Temps de lecture 3 minutes

Dans le top 10 des choses que j’aime le plus au monde, rire et faire rire les autres sont en pole position.» Le ton est donné. Ado, Charles Nouveau rêve pourtant d’une carrière d’humoriste de loin. Les débuts de Youtube en 2005 lui ouvrent les portes virtuelles d’un monde qui le fascine: le stand-up comedy made in USA.

Mais les Etats-Unis, c’est loin. Et la Suisse ne s’est pas encore ouverte à ce type d’humour. Il faudra encore patienter. Alors en attendant, ce passionné d’illustration enchaîne les stages en agences de pub. «Pour se reconnecter à sa créativité et avoir un boulot sérieux.» Un univers bien trop formaté cependant pour le jeune homme qui aime avant tout pouvoir générer des idées et les exécuter rapidement.

C’est alors que le destin frappe à sa porte. Nous sommes en 2013 et le Swiss Comedy Club vient d’être créé. Charles réalise alors que le stand-up made in Switzerland existe et tente sa chance avec un sketch de sept minutes durant lequel il imite les commentateurs de foot de la Radio télévision suisse. Une performance remarquée par Philippe Ducarroz, responsable de la rédaction francophone de Teleclub Sport, qui l’invite à commenter une soixantaine de matchs, pour de vrai cette fois. Quant à la RTS, elle devient, parallèlement à la scène, un terrain de jeu formidable pour l’artiste. De 26 minutes à Couleur 3, en passant par la websérie Bipèdes, l’auteur- interprète ose, expérimente et prend de la bouteille.

Nouvelle vague

Toujours en alerte, Charles ne quitte jamais son stylo. Ou, plus précisément, son téléphone. «Dès que j’ai une idée, je la note directement dessus. Ça peut être dans le bus, la rue ou quand je regarde un film. Je m’inspire de tout ce qui m’entoure et de mon quotidien. J’en développe ensuite certaines et les teste sur le public.» C’est pour cette intimité avec les spectateurs que Charles affectionne tant le stand-up.

J’aime mettre les gens de bonne humeur. Quand je joue, eux et moi vivons le truc ensemble. Avec parfois des interactions, c’est génial.

La scène comme laboratoire, c’est justement l’objectif du spectacle Fifty Fifty, qu’il joue avec son acolyte Alexandre Kominek à Genève. Les deux jeunes hommes incarnent aux côtés de Thomas Wiesel, Marina Rollman, Blaise Bersinger ou encore Yoann Provenzano la nouvelle garde de l’humour romand. Entre eux, aucune rivalité, bien au contraire.

On s’encourage et on se donne des conseils. Et puis, c’est bien d’être nombreux. Ça oblige à se dépasser et à atteindre un meilleur niveau.

L’appel du large

Ce qui le différencie? Son côté pince-sans-rire, sans aucun doute. Il en fait du reste profiter sa websérie, Le Petit Débat. Un pur régal de deux minutes trente durant lesquelles il se pose en journaliste très sérieux face à trois experts en culotte courte.

J’ai toujours aimé rire avec les enfants et leur parler comme s’ils étaient adultes.

Manifestement, le concept fait mouche, puisque l’épisode consacré à la présidentielle française a été vu plus d’un million de fois sur Facebook. Le jeune Franco-Espagnol fait d’ailleurs la navette entre Genève et Paris, où il est actuellement à l’affiche avec le spectacle Joie de vivre. La Ville Lumière est pour Charles synonyme d’opportunités:

La population y est plus nombreuse et, contrairement à la Suisse, la culture y est financièrement plus abordable.

Et s’il n’est pour lui pas question d’abandonner son rôle d’auteur- interprète sur scène, il rêve néanmoins de pouvoir l’étendre au cinéma. En acceptant même parfois de lâcher sa plume. «J’aime écrire et défendre moi-même ce que j’ai créé. Mais je découvre aussi que je peux apporter quelque chose en tant qu’acteur seul. C’est très libérateur.»

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