28 septembre 2017

Pied au cul, doigt dans l’œil: le foot sans aveux ni remords.

Christian Constantin n’a rien inventé: Cantona et Mourinho, pour ne citer qu’eux, ont forgé une partie de leur légende sur des agressions.

Christian Constantin rafraîchissant la mémoire de Rolf Fringer: la scène a été vue largement au-delà de nos frontières

Ces «trois claques et un coup de pied au cul» comme il les appelle lui-même, adressés par le président du FC Sion Christian Constantin au consultant et ex-entraîneur Rolf Fringer «pour lui rafraîchir la mémoire» ont déjà fait beaucoup parler. C’est normal. Le football est friand des incidents hors terrain. Il est même des agressions devenues légendaires et qu’on raconte encore des années après, au même titre qu’une victoire glorieuse ou une défaite particulièrement humiliante. La règle en tout cas semble être de ne pas s’excuser. Jamais. La preuve par trois:

1) Un sérieux coup de savate : le 25 janvier 1995, l’irascible Eric Cantona, joueur alors de Manchester United, est insulté à sa sortie de terrain par un supporter de Crystal Palace. Aussitôt l’attaquant français balance au malpoli, par dessus la balustrade, un coup aérien des deux pieds, façon kung-fu. Il sera suspendu pendant huit mois et cet incident ne contribuera pas peu à renforcer sa légende. Vingt ans plus tard Canto dira d’ailleurs: «J’aurais du frapper plus fort».

2) Le «pizzagate»: le 24 octobre 2004 à Old Trafford, Manchester United, encore, accueille les Gunners d’Arsenal, invaincus depuis 49 matchs. La partie est très violente. Manchester l’emporte 2 à 0, les Gunners se plaignent bruyamment de l’arbitrage, la tension monte. Dans le couloir menant aux vestiaires, une pizza chaude, lancée des rangs d’Arsenal, s’écrase sur le visage de l’entraîneur mancunien Alex Ferguson et dégouline sur son beau costume. Le coupable court toujours. L’espagnol Ces Fabregas et le gardien allemand Jens Lehmann ont été tour à tour soupçonnés, mais aucun des deux n’a jamais avoué.

3) Le doigt dans l’œil: En 2011 la Supercoupe d'Espagne, opposant les éternels rivaux de Barcelone et du Real Madrid, est remportée par les Catalans, mais se termine en bagarre générale. Dans la mêlée l’entraineur portugais du Real, l’inimitable José Mourinho, enfonce son doigt dans l’œil de Tito Vilanova, l’entraîneur-adjoint du Barça. Par un porte-parole, Mourinho fera ensuite dire qu’il n’a pas à s’excuser, ayant été insulté pendant le match par le banc catalan. Il sera condamné à une sanction légère, 2 matchs de suspension, en raison de «l'absence de lésion ou manque de preuve concluante de la volonté de blesser». Comment dit-on «encore heureux» en catalan?
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