17 août 2017

L'île de Porquerolles, paradis des cigales

Un vrai concentré de Provence. Voilà ce que Porquerolles offre à ses nombreux visiteurs. Entre balade au milieu des pins et des oliviers et farniente sur des plages au sable fin, l’île invite à la contemplation.

L'île de Porquerolles
Vue pittoresque sur la descente vers la plage Notre-Dame. (Photo: Catherien Drouard, Keystone)
Temps de lecture 4 minutes

Le chant des cigales. Omniprésent. Enchanteur. Enivrant. Voilà ce que le voyageur perçoit en premier en débarquant sur l’île de Porquerolles. Comme un comité d’accueil qui aurait à cœur d’inlassablement murmurer, fredonner, scander: «Bienvenue en Provence!»

Située au large de la petite ville de Hyères, non loin de Marseille, la «Perle des îles d’Or» ne vole pas son surnom. Rien d’étonnant à ce que des dizaines de milliers de touristes y affluent chaque été, à la journée ou plus longuement, en séjournant au milieu des pins et des oliviers ou en choisissant un hébergement sur un voilier à quai.

Arrivés la veille en début de soirée, c’est à bord d’un catamaran que nous nous éveillons en cette matinée ensoleillée de juillet. Après un solide petit-déjeuner au port, cap sur l’office du tourisme, histoire d’acheter une carte qui nous permettra de sillonner les chemins de Porquerolles. Ici, on circule à pied ou à vélo: les visiteurs sont priés de laisser leur voiture sur le continent et seuls quelques véhicules sont autorisés à arpenter l’île.

Vers le cœur de l’île

Même si les agences de location de vélo ne manquent pas dans le village, nous optons rapidement pour le rythme plus paisible de la marche. Et, fuyant la cohue du premier ferry de la journée, nous nous éloignons peu à peu du port. En ayant pris soin, bien sûr, de nous procurer des victuailles et de l’eau, chaleur oblige, avant de nous aventurer dans le sud de l’île, plus sauvage que le nord et ses plages très fréquentées.

Accompagnés par les cigales – toujours elles – nous atteignons bien vite l’un des jalons de Porquerolles, le fort Sainte-Agathe, dont la position stratégique à l’approche de la rade de Toulon a permis, au cours de l’histoire, de défendre les côtes françaises face à la piraterie chronique et aux attaques menées notamment par les adversaires espagnols et autrichiens de François Ier. Plus tard, Napoléon Bonaparte ordonna la reconstruction complète de la forteresse dans le cadre de son blocus continental à l’encontre de ses éternels ennemis, les Anglais.

Pour rester dans une note historique, c’est ensuite vers le Moulin du Bonheur que nous nous dirigeons. Construit au début du XVIIIe siècle, durant l’âge d’or des moulins à vent provençaux, et restauré en 2006, il séduit par son élégance, et l’esplanade sur laquelle il se situe permet d’admirer un joli panorama de l’île.

Le fort Saint Agathe domine le port de Porquerolles.

Une baignade impromptue

Nous poursuivons notre chemin vers le sud, en nous félicitant de ne pas avoir loué de vélo, le terrain s’avérant plutôt accidenté. Après avoir traversé quelques vignobles – si, si: Porquerolles produit son propre vin! – nous apercevons bientôt la mer. Le cri des goélands vient compléter la bande sonore de notre expédition. Dessinant un croissant, l’île ne mesure que trois kilomètres de large (contre sept de long). Nous arrivons à la pointe de l’Oustaou de diou («maison de dieu», en provençal). Une charmante petite crique nous y attend. Rien que pour nous? Presque! Nous devons quand même la partager avec quelques cyclistes et marcheurs. Un plongeon dans l’eau claire, un petit bain de soleil, et nous reprenons notre route.

Si le nord de l’île est réputé pour ses plages de sable fin, le sud, lui, est jalonné par des falaises abruptes, surplombées par de majestueux pins d’Alep. Longeant la côte, le chemin pédestre offre quelques vues vertigineuses sur la Méditerranée. Et l’on perd volontiers son regard sur l’horizon… Bercés par un petit vent, nous nous octroyons une nouvelle pause sur la Calanque de l’Indienne, cette fois-ci pour casser la croûte face à ce paysage maritime.

Balade en kayak

Après cette matinée contemplative, l’envie nous titille de retrouver la civilisation. Ayant atteint la Gorge du Loup, nous bifurquons vers le nord, pour regagner le centre de l’île, puis le village. Nous voilà bientôt arrivés à la plage de la Courtade et son sable fin. Un choix cornélien s’ouvre alors à nous: baignade ou farniente? Et si nous profitions plutôt de l’offre généreuse en terme de sports nautiques! Hésitant entre le stand-up paddle et le kayak, nous optons finalement pour cette deuxième activité. L’occasion de longer à nouveau la côte, mais par la mer. D’observer quelques goélands jouant sur un rocher. De scruter le fond de l’eau turquoise pour y apercevoir quelques poissons.

L’heure de quitter Porquerolles a bientôt sonné. Direction le port, pour sauter dans le bateau qui nous ramènera sur le continent. Du ferry, on tend l’oreille le plus longtemps possible pour emporter avec nous le chant des cigales.

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