7 mars 2019

«Mon handicap n’a jamais été un frein pour moi»

Déficiente visuelle de naissance, la Genevoise Céline Witschard vient de lancer sa propre entreprise, Vision Positive. Enthousiaste, elle compte bien aider les personnes en situation de handicap et atteintes dans leur santé à reprendre confiance en elles.

Passionnée, Céline Witschard est dotée d’un optimisme à tout épreuve.

Elle en veut, Céline Witschard! Et ce n’est pas sa déficience visuelle – un glaucome qui l’affecte depuis sa naissance – qui l’empêche d’avancer et de mener à bien sa carrière. «J’ai toujours été ambitieuse et je sais ce que je vaux pro­fessionnellement. D’ailleurs, pourquoi les personnes handicapées seraient-elles moins performantes ou efficaces que les autres? Au contraire, leur résilience, leur capacité à lâcher prise, l’empathie dont elles font souvent preuve sont autant d’atouts qui ne devraient pas être négligés par le patronat.»

C’est en partie pour propager ce message que la Genevoise a décidé de monter sa propre entreprise, Vision Positive. Entre sensibilisation, coaching personnel et adaptation de contenus d’expositions à un public malvoyant, la trentenaire entend bien jouer sur plusieurs tableaux. «Je n’aime pas la facilité», reconnaît-elle. Un trait de caractère qui l’a amenée à se plonger, pour son travail de master en histoire, dans les archives de l’hebdomadaire genevois GHI pour étudier l’évolution des petites annonces amitiés-rencontre. «Avec ma mauvaise vue et leur taille de police de 7 points, je devais les lire à la loupe.

Mais mon handicap n’a jamais été un frein pour moi.»

Il faut dire que Céline Witschard a de qui tenir. «Mes parents voulaient à tout prix que je suive une scolarité normale. Ils se sont battus pour ça, et à raison!» Maturité en poche, elle se lance dans un cursus en Lettres. «Comme j’aimais écrire, j’ai rapidement cherché – et trouvé – une place de stage en journalisme.» De fil en aiguille, et toujours en menant de front études et emploi, elle exerce dans l’enseignement, puis la gestion documentaire. Avant de décrocher un emploi de community manager et de webcontent manager au GHI. Puis finalement de se sentir pousser des ailes d’entrepreneuse. «Le métier de coach, notamment, me titillait depuis un moment. J’aime les contacts humains. Et j’ai envie de venir en aide aux personnes en situation de handicap ou atteintes dans leur santé. Ou tout simplement à celles qui manquent de confiance en elles.»

Une volonté de fer

Coup du sort: au moment même où elle envisage cette reconversion, en août 2017, son glaucome s’aggrave et, sur l’espace d’un an, elle doit subir six opérations. «Ma vue s’est encore plus détériorée, au point que je doive utiliser aujourd’hui une canne blanche lorsque je me déplace en ville.» Mais rien ne semble entamer son bel optimisme. «Je considère plutôt cette canne comme un outil qui me permet de ne pas trébucher dans la rue.» Si quelqu’un voit toujours le verre à moitié plein, c’est bien elle! «Il m’arrive de m’apitoyer sur mon sort, nuance-t-elle. Par exemple, je lis beaucoup plus difficilement qu’avant et, pour moi, c’est un vrai crève-cœur. Mais je cherche des solutions, comme les livres audio, les liseuses, les agrandisseurs ou même l’apprentissage du braille. Baisser les bras et pleurnicher n’ont jamais permis d’avancer. Et puis, une personne ne se résume pas à ses déficiences: il s’agit simplement de savoir accepter ses limites.»

Voilà bien ce qu’elle tente de transmettre à ses clients. Car malgré les circonstances, pas question pour elle d’abandonner son projet.

«Au contraire, mon handicap permet de mieux comprendre les enjeux. Couplé avec mon expérience professionnelle, il devient une force.»

Pour ajouter une corde de plus à son arc, Céline Witschard suit actuellement une formation de coaching. Elle a déjà décroché quelques mandats, notamment auprès du Cern, et vient d’achever une campagne de financement participatif, sans toutefois réussir à réunir l’ensemble de la somme escomptée. Qu’à cela ne tienne: «Je vais à présent m’adresser à des fondations. En tout cas, je ne lâche rien! Et je laisse la possibilité à tous ceux qui croient en mon projet de continuer à le soutenir.» Fonceuse, on vous disait…

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