18 juillet 2019

La reine de l’arène

L’an passé, à tout juste 22 ans, Diana Fankhauser a été couronnée meilleure lutteuse suisse. Elle se prépare à remettre son titre en jeu, avec un peu de crainte – et beaucoup de philosophie.

Diana Fankhauser profite de son statut de Reine pour promouvoir la lutte à la culotte auprès des filles.
Diana Fankhauser profite de son statut de Reine pour promouvoir la lutte à la culotte auprès des filles.
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Il y a deux ans, le grand rêve de Diana Fankhauser était de devenir Reine suisse de lutte à la culotte. Son souhait est devenu réalité: en septembre dernier, elle a été sacrée meilleure lutteuse suisse, remportant ainsi la couronne de feuilles de chêne d’or et un magnifique toupin.

Un nouveau rôle à assumer

Depuis sa victoire, la jeune femme estime «ne pas avoir changé». «Je n’aimerais d’ailleurs pas que ce soit le cas.», remarque-t-elle avec une grimace amusée. «Il ne faut pas croire que parce que je suis Reine, je n’ai plus besoin d’aller à l’entraînement! Je ne veux pas que les gens pensent que j’ai remporté ce titre parce que j’ai eu de la chance. Il faut que je leur montre que je l’ai mérité.»

La jeune sportive admet en revanche avec un brin de mélancolie que le regard et le comportement de ses concurrentes, eux, ne sont plus les mêmes: «Ma tante, qui a gagné le titre en 2013 et 2014, m’avait avertie qu’ensuite, plus rien n’était pareil. C’est un grand honneur d’avoir été couronnée Reine, mais on n’est jamais prête à cette situation avant de la vivre… Maintenant, je dois affronter des concurrentes qui ne veulent pas perdre contre moi et préfèrent donc souvent faire une passe nulle, qui les pénalisera moins. C’est un nouveau rôle, pour moi, de devoir plus attaquer, être plus à la limite… et assumer le fait que je peux perdre.»

Pour sa part, la jeune femme continue inlassablement ses entraînements entre Thoune et Oron, enchaînant les combats aussi bien avec des femmes que des hommes: «Cela vaut la peine de toujours se mesurer aux plus forts, et d’affronter des adversaires de différents gabarits et qui ont d’autres techniques de lutte. C’est ce qui permet d’avancer et d’affiner sa propre méthode. D’ailleurs, on peut toujours apprendre de tous, même des plus jeunes!»

Plus de cent prises différentes

Il faut dire que la lutte à la culotte n’a rien à voir avec une simple bagarre dans la sciure: «Il y a plus de cent prises! C’est pour cela que chaque hiver, on en apprend et répète de nouvelles, car souvent, on a besoin de toute une saison pour en intégrer totalement une seule…» La jeune sportive avoue d’ailleurs redouter un peu les fêtes de lutte à venir: «Lorsque ma tante avait été couronnée, elle avait gagné toutes les fêtes de l’année. Mais cette année, il n’y a pas une seule concurrente qui gagne tout, car il y a plein de bonnes lutteuses. C’est intéressant, il y a ainsi plus de concurrence, mais on va voir ce que ça va donner… car un titre est toujours plus facile à remporter qu’un second ou un troisième. Mais de toute manière, personne ne pourra me prendre le titre que j’ai gagné!»

Afin de supporter la pression et le regard des autres, elle peut compter sur ses séances d’entraînements mentaux, entamées il y a trois ans: «Avant, j’avais un peu plus peur de perdre. Maintenant, je sais que si j’attaque à fond, je risque de perdre, mais que cela fait partie du combat… » Elle explique que le fait de visualiser les affrontements l’aide aussi beaucoup, tout comme écouter de la musique: «J’adore les chansons de Rea Garvey. Ce sont des morceaux qui reflètent un peu ma lutte, d’abord calme, quand je me prépare, puis avec un tempo plus dynamique, lorsque j’attaque. Je les écoute avant chaque passe, puis je m’échauffe, et j’y vais! Mais il faut trouver le moment stratégique pour le faire, histoire que je sois encore dans le bon état d’esprit durant le combat.»

Aussi pour les filles

En attendant la prochaine Fête fédérale, agendée le 29 septembre à Menznau (LU), Diana Fankhauser profite de son statut de Reine pour promouvoir la lutte à la culotte auprès des filles: «La lutte féminine est moins valorisée que la masculine, alors qu’elle se base sur les mêmes techniques, les mêmes entraînements, tout est pareil. Moi, j’aimerais montrer que la lutte est aussi destinée aux filles: elle n’exige pas que de la force, car c’est surtout la technique qui permettra de gagner sur le rond de sciure. Et j’aimerais aussi souligner que ce sport s’exerce aussi bien en Suisse romande qu’en Suisse alémanique. J’écris d’ailleurs dans les deux langues sur ma page Facebook : j’ai la chance d’être Bernoise d’origine et d’habiter à Chesalles-sur-Oron, dans le canton de Vaud, donc j’en profite pour transmettre un message général! Une association romande de lutte féminine s’est aussi créée cette année, qui a pour but de faire davantage parler de ce sport et de le faire exister dans tout le pays.»

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