21 août 2017

«Le mode de culture est déterminant»

Qui souhaite faire un geste en faveur de l’environnement en faisant ses courses privilégie les fruits et légumes de saison. En charge du Développement durable à Migros, Manfred Bötsch, détaille les autres facteurs à prendre en compte.

Pêches, nectarines, abricots: en été, les fruits à noyau sont sur le devant de la scène à Migros.
Pêches, nectarines, abricots: en été, les fruits à noyau sont sur le devant de la scène à Migros (photo: Roger Hofstetter).

Manfred Bötsch, en voyant les rayons des fruits et légumes, on a l’impression que ces derniers sont disponibles toute l’année. N’y a-t-il plus de saison?

Vous faites ce constat car Migros met en avant la fraîcheur et que les articles semblent tout juste récoltés. Pourtant, il convient de garder en tête que tous les fruits et légumes fleurissent, mûrissent et sont cueillis à une période précise. Cela est valable pour les pommes de la région ou les ananas importés.

Qu’entend Migros par «de saison»?

Les fruits et légumes dits de saison proviennent directement d’un champ ou d’une serre qui n’a pas été chauffée avec des énergies fossiles. Nous veillons également à proposer un maximum de produits suisses ou issus de pays proches.

Pourquoi Migros vend-elle des fraises hors de la saison suisse?

Notre clientèle souhaite trouver un assortiment varié de produits frais toute l’année. C’est pourquoi nous proposons des fraises cultivées dans des régions où la saison de ces petits fruits est décalée par rapport à chez nous. Grâce à la douceur de son climat, l’Espagne peut en récolter dès mars.

Transporter des produits d’Espagne ne dégrade-t-il pas l’écobilan des fraises?

Si, mais le transport des marchandises de l’Espagne vers la Suisse est moins impactant pour la planète que la voiture utilisée par un client pour faire ses courses. En effet, pour un kilo de produit, l’efficacité d’un poids lourd est bien supérieure. Pour un bon écobilan, le mode de culture joue un rôle plus déterminant que le moyen de transport. C’est pourquoi Migros contrôle ses fournisseurs sur place afin de garantir une production écologique et socialement responsable. Concernant les fraises, nous prenons aussi en compte la gestion de l’eau, une ressource limitée dans le sud de l’Espagne.

Manfred Bötsch recommande d’opter pour des fruits et légumes dont la culture respecte des normes écologiques et sociales.

Acheter des fraises en janvier ou en juillet revient-il donc au même?

Non. Les fraises d’été sont plus parfumées et savoureuses. Sans compter que l’écobilan des fruits et légumes de saison locaux est meilleur que celui des spécimens importés. Ce constat ne s’applique toutefois pas à tous les types de production.

Pourquoi?

Les fraises suisses produites dans des serres chauffées à l’aide d’énergies fossiles affichent un moins bon bilan climatique que les fraises espagnoles mûries au soleil.

Les serres chauffées sont donc néfastes pour l’environnement?

Attention, il ne faut pas généraliser. Les installations qui utilisent des rejets thermiques ou d’autres énergies renouvelables comme chauffage présentent un bénéfice sur le plan écologique.

Les produits de saison locaux ne sont donc pas forcément durables?

Régionalité ne signifie pas forcément durabilité. Des études actuelles montrent que ce sont les critères écologiques et sociaux qui font la différence. C’est pourquoi nous proposons des produits locaux qui satisfont en outre à ces exigences. Par exemple, les produits du label «De la région.» sont issus d’une agriculture intégrée ou répondent à des normes biologiques.

Quels produits peut-on acheter en toute bonne conscience?

Notre stratégie en matière de durabilité repose sur des exigences sociales et écologiques minimales que nous avons développées pour les principales matières premières. Les produits vendus par Migros peuvent donc être choisis l’esprit léger, car ils respectent tous les normes définies.

Que conseillez-vous aux consommateurs qui souhaitent encore davantage faire un geste en faveur de l’environnement?

Je leurs recommande de privilégier les articles «TerraSuisse», Migros-Bio ou Fairtrade Max Havelaar ou encore ceux arborant le logo WWF. Tous garantissent le respect d’exigences strictes supplémentaires en matière de durabilité. Il convient également de préférer les produits régionaux peu transformés et de renoncer aux articles importés par avion.

Comment reconnaître ces produits?

Les articles importés par avion seront signalés d’ici à la fin 2017. Ce sera par exemple le cas de la mangue Sélection. A côté de celle-ci, les clients trouveront une mangue transportée par bateau et présentant un meilleur écobilan. Aux consommateurs de choisir.

Ces deux mangues sont-elles proposées au même prix?

Non. En règle générale, la marchandise transportée par avion est plus chère. Il est logique que l’impact écologique lié aux émissions de CO2 se répercute sur le prix.

Migros gagne-t-elle plus d’argent avec ces mangues importées par avion?

Non. Nous compensons les émissions de CO2 engendrées. L’argent sert à financer des projets de protection de l’environnement. La fondation Myclimate se charge de faire en sorte que les sommes versées sont utilisées à bon escient.

Texte: Daniel Sidler

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