4 décembre 2017

A l’écoute des jeunes en difficulté

Collaboratrice au service «Conseils + aide 147» de Pro Juventute, Laurence Zbinden répond aux appels des enfants et adolescents en détresse, les rassure et, parfois, leur sauve la vie.

Laurence Zbinden
Laurence Zbinden et la septantaine de professionnels du 147 sont joignables en tout temps.

Laurence Zbinden a beau ne travailler à la ligne de conseils et d’urgence 147 de Pro Juventute que depuis trois mois, elle a déjà vécu ce que tous les autres collaborateurs de cette plateforme réservée aux enfants et jeunes en difficulté redoutent: une tentative de suicide.

«Quand la jeune fille qui m’a appelée m’a dit le genre de blessures qu’elle s’était infligées, j’ai tout de suite compris que la situation était très grave», se souvient la Lausannoise. Gardant son sang-froid, Laurence Zbinden parvient à convaincre l’adolescente de lui donner son adresse afin qu’elle puisse appeler les secours. «Je suis ensuite restée au bout du fil jusqu’à ce que l’ambulance arrive.» Puis de souligner: «Si elle n’avait pas composé le 147, cette personne serait aujourd’hui peut-être décédée…»

Tous les jours, la septantaine de psychologues, d’éducateurs et de travailleurs sociaux qui composent la plateforme «Conseils et aide 147» lancée en 1999 par Pro Juventute doit gérer deux cas de ce genre.

Par chance, tous les appels ou les contacts via internet ne sont pas aussi graves. Ils peuvent même s’avérer attendrissants: «Il est déjà arrivé qu’un enfant de 5 ans nous contacte un dimanche matin et nous demande s’il pouvait regarder la télévision étant donné que ses parents dormaient encore.»

Cette vaste palette de situations n’est pas sans poser des défis. «Cela peut être très dur, émotionnellement parlant, de passer par exemple d’un cas d’abus sexuels à une simple demande d’informations. Mais nous nous devons d’être à 100% pour chaque personne.»

Basés à Lausanne, Berne et Giubiasco (TI), les collaborateurs de Pro Juventute – ils sont tous rémunérés – sont au total en contact 7 jours sur 7 et 24 h/ 24 avec près de quatre cents enfants et jeunes par jour. «La plupart nous demandent de l’aide pour des problèmes personnels. Cela peut être des peurs, des pensées suicidaires, des cas d’automutilation, un manque d’estime de soi, par exemple.» Les conseils concernant l’amour et la sexualité sont eux depuis quelques années toujours moins demandés. «Cela s’explique par le fait que l’on trouve de nombreuses informations précises sur internet.»

Aider avant que le mal s’installe

Titulaire d’un master en sciences de l’éducation, Laurence Zbinden sait bien l’importance de la prévention: «Il est primordial que les enfants et les jeunes trouvent une écoute avant que le problème ne devienne chronique. Car il sera alors beaucoup plus difficile à résoudre.» Et pour venir en aide aux appelants, la collaboratrice de Pro Juventute a une méthode infaillible. «Aucun individu n’est fait que de problème. Tous ont des ressources et des forces en eux.» Il s’agit donc de les trouver et de les activer.

Cela étant, le 147 n’assure pas de suivi thérapeutique mais est là pour répondre à un besoin à un moment précis. «Nous travaillons en étroite collaboration avec près de 1500 centres de compétences en Suisse et aiguillons au besoin les personnes vers ces derniers», précise Laurence Zbinden. Et tant pis si la Lausannoise ne connaît pas toujours si telle ou telle histoire prendra la forme d’un happy end. «Il arrive toutefois que les jeunes nous rappellent ou écrivent pour nous dire merci. Certains nous expliquent aussi en préambule qu’ils ont entendu par des amis qu’ils pouvaient se confier en toute confiance. Cela me fait très plaisir que le bouche à oreille soit si positif.»

Avec l’argent que Migros aura récolté durant sa campagne de Noël et qui sera versé entre autres à Pro Juventute, la fondation pourra étoffer son offre en Suisse romande et au Tessin en lançant un chat sur internet. Et au niveau national, les dons serviront à faire en sorte que tous les jeunes continuent d’avoir l’accès le plus facile possible au service «Conseils et aide 147». C’est qu’il y va du bien-être de la jeune génération, celle qui fera la Suisse de demain.

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