29 novembre 2017

Méditation: des ateliers pour aider les enfants à reconnaître leurs émotions

Inspirée par le livre «La méditation pour les enfants» et ses contes avec Yupsi le petit dragon, Christine Bourgeois propose des ateliers pour aider les petits à être en accord avec leurs sentiments. En toute zénitude.

Les enfants allongés sur le sol côte à côte lors d'un atelier de méditation.
La détente et le travail sur l’imagination sont des éléments clés du cours donné aux enfants.
Temps de lecture 3 minutes

Des enfants allongés, la main posée sur le ventre devenue un bébé koala que l’on fait monter et descendre grâce à la respiration. Séance de méditation ordinaire dans l’atelier de Christine Bourgeois au rez d’une maison villageoise de Pailly (VD). Les six participants ont entre 5 et 7 ans et tous affichent un calme olympien à faire rêver plus d’un parent. «Comment te sens-tu?» «Je me sens bien», dit Laura. «Je me sens bien, heureuse et calme», ajoute Nina.

Depuis la rentrée scolaire, cette maman formée à la communication positive anime les ateliers «Yupsi» entre Pailly et Lausanne. Basés sur l’ouvrage La méditation pour les enfants, de Marie-Christine Champeaux- Cunin*, ces cours d’une heure ont pour but d’éveiller les petits à leurs émotions. Ici on parle bonheur, tristesse, peur ou encore colère. Et on apprend à les reconnaître. Christine Bourgeois explique:

Méditer revêt plusieurs formes, explique Il ne s’agit pas ici de spiritualité, mais d’accompagner l’enfant dans son ressenti.

Pour y parvenir, on suit les aventures de Yupsi, petit dragon bienveillant et ange gardien à la fois. Ce jour-là, c’est la peur qui est au centre des discussions. «L’idée est d’aborder ce sentiment et le thème de l’entraide autour d’un conte où un lapin tombe dans un trou puis se fait aider à en sortir par Yupsi et ses amis grâce à la chaîne qu’ils forment», explique l’animatrice. Mais pas seulement. Louane, sa fille de 7 ans, a imaginé l’atelier qui suivra la lecture, histoire de parler au plus près aux enfants: dessiner un arbre et ses racines pour illustrer la force et la confiance en soi.

Au travers de l’atelier proposé par Christine Bourgeois, les enfants apprennent à reconnaître leurs émotions et à agir en conséquence.

Retour sur le tapis. Le petit groupe vient d’écouter la mésaventure de Pom-Pom le lièvre. «Est-ce que vous aimez qu’on vienne vous aider quand vous êtes tout seuls ou dans une situation compliquée?», demande Christine Bourgeois. Silence. Nina lève la main: «Une fois, je suis tombée et mes copains ont voulu m’aider.» «Et moi, raconte Sienna, une fois, à l’arrêt de bus, Mafalda s’est fait mal et Emilia a fait un drôle de truc pour la faire rigoler.» Conclusion: lorsque l’on n’arrive pas à s’en sortir tout seul, demander de l’aide ou avoir des amis est très utile.

Forts comme un arbre

Les enfants sont désormais debout, les bras levés en guise de branches. On se lance des noms d’oiseaux en riant, sans plier malgré la foudre des «T’es nul! Tu m’énerves!» qui s’abat: «Ce qu’on veut, c’est mettre des racines sous nos pieds, enjoint Christine Bourgeois.

On se dit qu’on est fort, et comme l’arbre, qu’on ne tombe pas.

Encore un tour et chacun prend racine, les compliments ont laissé place aux injures.

Puis, à côté, la table attend les six bricoleurs. Chacun dessine son arbre encadré d’adhésif décoratif. L’ambiance est joyeuse et créative. Ensuite, on revient sur le tapis où l’on s’allonge sur le dos en imaginant un nuage au-dessus de la tête. Une paille est distribuée et on s’efforce de souffler au loin le nuage de tristesse, ou de colère. «Si cela se reproduit, vous saurez aussi comment faire et imaginer une paille pour souffler sur votre nuage.»

17 h 30, la séance touche à sa fin. «Comment vous vous sentez? Zen?», demande une dernière fois Christine Bourgeois. «Calme», dit Aurélie. «J’ai bien aimé», confie Ethan. Fin de l’histoire, les enfants ont déjà bondi enfiler leurs chaussures et la concentration a laissé place à l’excitation. Chacun s’en va, son dessin d’arbre à la main. Et après? «Si je suis triste, je fais un câlin à mon papa et si je suis en colère, je respire quatre fois la main sur le ventre, raconte Louane. C’est un peu magique, ça s’en va comme ça.» MM

Christine Bourgeois, accompagnatrice en communication positive et gestion des émotions

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