7 janvier 2013

Que fait la Suisse pour l’environnement?

Biodiversité, changements climatiques et économies d’énergie: tour d’horizon non exhaustif des accomplissements de notre pays en 2012 en matière d’écologie.

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(Illustrations: Konrad Beck)
Temps de lecture 5 minutes

De décisions politiques en recherches scientifiques, en passant par le boom des cleantech – ces technologies ménageant les ressources naturelles sans rien céder à l’efficacité – la Suisse a su, dans une certaine mesure du moins, s’adapter aux exigences internationales toujours croissantes en matière de respect de l’environnement.

Se retrouvant souvent en bonne position lors de classements entre les nations, comme en témoigne cette année le système d’enquête développé par les universités américaines de Yale et Columbia (lire ci-contre). S’il est difficile de dresser une liste complète de ses accomplissements en 2012, en voici toutefois une petite sélection, glanée auprès de l’Office fédéral de l’environnement et des divers milieux académiques de Suisse romande.

(Illustrations: Konrad Beck)
(Illustrations: Konrad Beck)

Du côté du gouvernement

Le 2 mars 2012, le Conseil fédéral adopte le premier volet de sa stratégie «Adaptation aux changements climatiques en Suisse», dans lequel il définit les objectifs visés et les défis à relever. Il entend ainsi se préparer aux inévitables sécheresses estivales et aux risques de crues qui nous attendent dans le futur. Le deuxième volet, qui consistera en un plan d’action, devrait être prêt à la fin 2013.

Le 25 avril 2012, le Conseil fédéral adopte la Stratégie Biodiversité Suisse en faveur de la conservation et du développement de la diversité biologique. Cette stratégie définit dix objectifs à atteindre d’ici 2020, tels que favoriser la survie des espèces, améliorer la qualité du milieu urbain et s’engager au niveau international.

Le 22 juin 2012, le document final du sommet mondial Rio+20 est accepté par les Etats-membres de l’ONU. Pour la première fois, l’économie verte est placée sur l’agenda politique mondial et un plan-cadre est défini en faveur d’une consommation et d’une production durable. La Suisse a joué un rôle important dans l’élaboration de ce plan.

(Illustrations: Konrad Beck)
(Illustrations: Konrad Beck)

Le 30 novembre 2012, le Conseil fédéral approuve la nouvelle ordonnance sur le CO2, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2013 et concrétisera les dispositions de la loi sur le CO2, elle-même adoptée en 2011. Une diminution de 20% des émissions de gaz à effet de serre est notamment prévue d’ici à 2020.

Recherches tous azimuts

Quand les glaciers se transforment en lacs

Sous les effets des changements climatiques, des lacs remplaceront bientôt les glaciers comme élément constitutif du paysage alpin. Le Fonds national suisse a donc lancé un projet de recherche sur les risques et les potentiels de cette nouvelle donne. A l’EPFL notamment, un étudiant en génie civil a étudié dans son travail de master la possibilité d’utiliser ces réservoirs naturels inédits pour produire de l’électricité. Affaire à suivre.

(Illustrations: Konrad Beck)
(Illustrations: Konrad Beck)

Une solution économique pour stocker les énergies renouvelables

Ils ne transforment pas le plomb en or, mais leurs recherches ont tout de même un petit parfum d’alchimie! Menée par Kevin Sivula, une équipe de l’EPFL a développé une technologie transformant la lumière en hydrogène, stockant ainsi l’énergie solaire et la rendant disponible à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Et tout cela à moindre coût, puisque les ingrédients de base de cette recette sont l’eau... et la rouille! Encore expérimental, ce dispositif ouvre la voie à un hydrogène solaire écologique et économiquement viable.

(Illustrations: Konrad Beck)
(Illustrations: Konrad Beck)

Un climatiseur peu gourmand en énergie

«Comme une brise nocturne en plein midi...» Voilà comment Pierre Hollmuller, adjoint scientifique à l’Université de Genève et concepteur du déphaseur, un climatiseur d’un genre un peu particulier, présente son invention. Volumineux, l’engin s’installe sur le système de ventilation d’un bâtiment et permet de manière passive ou presque – un ventilateur suffit pour le faire fonctionner – de retarder de douze heures la variation de température quotidienne de l’air. Ainsi, la température qui en sort à midi est la même que celle qui y est entrée à minuit. Le dispositif a suscité l’intérêt de la communauté scientifique: il a même participé à la deuxième édition du concours international Solar Decathlon Europe à Madrid en septembre dernier.

(Illustrations: Konrad Beck)
(Illustrations: Konrad Beck)

Pour des villes plus écolos

Dans le cadre de son programme «calls» – qui offre aux chercheurs la possibilité de se regrouper en consortiums pour s’atteler à des projets d’envergure – la HES-SO a lancé un nouvel appel intitulé SmartCity. Le défi? Concevoir une ville moderne, innovante, capable d’améliorer la qualité de vie de ses habitants, tout en permettant aux entreprises de créer de la richesse dans une optique de développement responsable et durable. Les cinq projets retenus prévoient notamment la production d’énergie propre en milieu urbain (en transformant du CO2 en méthanol), ainsi qu’un traitement révolutionnaire des eaux usées.

Le PlanetSolar le long du Gulf Stream

Après avoir accompli le tour du monde à l’énergie solaire, le catamaran PlanetSolar sera bientôt transformé en plate-forme de recherches. L’expédition Deepwater, menée par l’Université de Genève, se lancera dès mai 2013 sur la piste du Gulf Stream, ce courant chaud reliant la Floride à l’océan Arctique. Avec pour objectif de mieux comprendre les enjeux complexes du réchauffement climatique.

Cinq start-up qui se démarquent

(Illustrations: Konrad Beck)
(Illustrations: Konrad Beck)

Allier économie et écologie, tel est l’enjeu de nombreuses start-up aujourd’hui. Cinq entreprises suisses ont retenu l’attention cette année.

Classée en dixième position du Top 100 2012 des meilleures start-up suisses (et première dans la catégorie cleantech, site en allemand),l’entreprise fribourgeoise BComp développe des technologies permettant la fabrication de produits tels que skis ou vélos à partir de matériaux écologiques comme le lin.

C’est en Inde que la start-up valaisanne AquaNetto (site en anglais) est allée chercher sa distinction de meilleure technologie verte cette année, à l’occasion de la conférence Green Buildings. Son créneau? La désinfection, le traitement et le recyclage de l’eau.

De son côté, World Climat Credit a été sélectionnée pour participer à l’édition 2012 de Le Web, qui rassemble les acteurs internationaux les plus influents d’internet. L’entreprise morgiennea pour ambition d’impliquer de manière ludique avec sa plateforme MySollars (jeu en anglais) le grand public dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Considérée comme l’une des start-up cleantech les plus prometteuses de Suisse, l’entreprise genevoise Cleanfizz propose une solution de nettoyage révolutionnaire des panneaux solaires du désert. Du courant électrique est envoyé à intervalles réguliers sur la surface, afin de décoller l’intégralité des impuretés. Non seulement le rendement des panneaux est amélioré, mais ce système permet également d’économiser l’eau, habituellement utilisée pour le nettoyage des surfaces.

Eux aussi classés au Top 100 2012 des meilleures start-up suisses, les Zurichois de Climeworks AG (site en anglais)ont développé un système de capture de CO2 dans l’air ambiant, permettant notamment de débarrasser l’atmosphère des particules de gaz à effet de serre.

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