1 septembre 2017

Les buses, victimes de la route

Lionel Maumary, biologiste ornithologue, président du Cercle ornithologique de Lausanne, répond à Telia, 10 ans, qui sinquiète pour ces rapaces pour le moins téméraires.

Une question de Telia, 10 ans.
Temps de lecture 2 minutes
Lionel Maumary, biologiste ornithologue, président du Cercle ornithologique de Lausanne.

«Il est vrai que l’on peut souvent apercevoir des buses variables (c’est le nom de l’espèce de buses la plus courante et la plus répandue en Suisse) sur le talus des routes. C’est en réalité la faim qui les attire, surtout en hiver, lorsqu’elles doivent lutter pour leur survie. Or, les campagnols, dont elles se nourrissent, sont très nombreux sur les abords des autoroutes, davantage que dans les champs qui sont utilisés pour les cultures. On en trouve particulièrement dans la bande centrale, plantée de buissons, et peu entretenue.

Malheureusement, cette situation est très dangereuse pour les buses: une fois qu’elles ont repéré leur proie, elles fondent sur la bande centrale en oubliant le trafic et se font très souvent percuter par une voiture. C’est pourquoi on compte beaucoup d’accidents, notamment dès le premier froid de novembre. Et les buses ne sont pas les seules concernées: de nombreux rapaces diurnes et nocturnes, comme la chouette effraie, connaissent le même sort (la moitié des chouettes effraies baguées en Suisse depuis 1950 ont été victimes de la route, du moins celles dont on connaît la cause de décès). Les passereaux aussi sont attirés par les buissons à baies plantés au milieu des autoroutes.

Une solution serait donc de supprimer la bande centrale: cela permettrait de diminuer largement le nombre de victimes. La situation actuelle nous montre aussi à quel point les champs cultivés sont devenus inhospitaliers pour les campagnols, cela à cause d’une agriculture trop intensive, notamment de labourages trop fréquents.»

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