16 janvier 2012

Recruteuses de domestiques

Comment se déroule l’engagement des nurses, jardiniers ou cuisiniers particuliers? Une entreprise spécialisée est chargée de sélectionner les candidats pour ses clients.

Myriame Dubi, sous-directrice, et Chantal Amstutz (à droite), directrice de l'agence de placement pour personnel domestique.
Myriame Dubi, sous-directrice, et Chantal Amstutz (à droite), directrice de l'agence de placement pour personnel domestique.
Temps de lecture 5 minutes

«Pour le président d’un Etat d’Afrique francophone nous cherchons un intendant.» «Pour Genève et Gstaad, nous cherchons un maître d’hôtel-chauffeur.» Ces annonces fleurissent dans la presse et sur le site internet d’Asserma, agence spécialisée dans le recrutement du personnel dans un secteur très particulier.

Des jobs étonnants, pour des candidats souvent issus du monde hôtelier, qui cherchent à réorienter leur carrière. Si le salaire est plus élevé qu’ailleurs dans leur secteur, les exigences se révèlent également sévères. «On est à la disposition des employeurs, on ne compte pas ses heures, expliquent Chantal Amstutz et Myriame Dubi, respectivement directrice et sous-directrice de l’agence. On rencontre les candidats et on sent assez vite pour quels types de postes ils conviendraient. Avec le feeling et l’expérience, on peut dire quelle personne correspond à quelle famille.»

Certaines familles comptent dix employés à leur service. (Photo: Corbis)
Certaines familles comptent dix employés à leur service. (Photo: Corbis)

Au départ, en 1989, rien ne prédestinait cette petite agence de recrutement (qui emploie trois personnes) à se spécialiser dans ce secteur. Les banques et la finance constituaient l’essentiel du fichier clients. Jusqu’au jour où un directeur d’entreprise, qui faisait régulièrement appel à Asserma, lui confie le soin de lui trouver un chauffeur personnel.

Sentant la demande, la fondatrice propose à ses clients de recruter également leurs employés de maison. Et suivant les cas, une dizaine de personnes peuvent travailler pour une famille: nurse, jardinier, cuisinier, gouvernante, dame de compagnie, chauffeur, femme de ménage. «Les besoins changent au cours d’une vie, note Chantal Amstutz. Par exemple, ils peuvent avoir plutôt besoin d’une infirmière que d’un chauffeur. Et parfois, ce sont ensuite leurs enfants qui viennent nous demander un service.»

Un cahier des charges bien précis

Vivre dans l'intimité de personalités ou de clients richissimes demande beaucoup de discrétion. (Photo: Erik Dreyer)
Vivre dans l'intimité de personalités ou de clients richissimes demande beaucoup de discrétion. (Photo: Erik Dreyer)

Les deux femmes élaborent alors avec eux un cahier des charges, fixent un salaire, selon les contrats types d’employés de maison, prévus par les cantons de Vaud et Genève.

L’un des postes particulièrement importants? «Probablement le cuisinier, car les personnes fortunées reçoivent beaucoup, organisent des soirées, ont des souhaits parfois exigeants», relève Myriame Dubi. L’intendant reste le personnage-clé!

L’agence n’a pratiquement pas fait de publicité sur son activité, le principal vecteur reste le bouche à oreille dans ce monde si fermé. En revanche, confie Chantal Amstutz, «on prospecte, lorsqu’on apprend qu’une personnalité vient s’installer en Suisse, soit en leur écrivant, soit en contactant leur avocat, voire l’architecte». Des noms? Impossible d’en savoir davantage, la discrétion demeure de mise. L’on saura seulement que le rayon d’action de l’entreprise, basée à Pully, va du Haut-Valais à Genève, en passant par les stations huppées des Alpes et parfois même à l’étranger.

Néanmoins, parfois, ça ne fonctionne pas. «Il y a des familles qui ont une importante rotation de personnel, ce n’est pas très bon signe», regrette Chantal Amstutz. Des fois aussi, il y a de belles histoires, comme cette nanny qui, après trois semaines, appelle l’agence, totalement découragée. «Je sentais que c’était la bonne personne pour ce poste, je lui ai dit de tenir le coup. Un mois après, elle m’a téléphoné, tout allait pour le mieux», sourit Myriame Dubi.

Texte: Mélanie Haab

Benutzer-Kommentare