14 février 2019

Le palais de glace de Neuendorf

La bourgade soleuroise abrite les entrepôts frigorifiques de MVN, la filiale de Migros qui assure, entre autres, la distribution nationale des produits surgelés. Petite visite emmitouflée dans l’ambiance particulière que peut générer une température de -26° C.

Luis Cardoso est paré contre le froid glacial de son lieu de travail.
Temps de lecture 3 minutes

Moins 26° C pour les robots, moins 23° C pour les hommes. Telle est la météo constante à Neuendorf, bourgade du canton de Soleure. Du moins dans les entrepôts frigorifiques de MVN AG, une filiale de la Fédération des coopératives Migros qui sert de plateforme nationale pour la distribution, entre autres, des produits surgelés. 

On pourrait se demander le pourquoi de températures aussi basses: 26 °C en dessous de zéro dans la partie automatisée où sont à l’œuvre des machines aux bras de pieuvres géantes et trois petits degrés plus chaud dans les bâtiments où l’on a encore recours à la manutention humaine. Urs Hauck, membre de la direction et responsable du processus frigorifique, explique que l’idée «est de faire partir d’ici les produits à la température la plus froide possible. Car le camion qui transporte la marchandise devra s’arrêter plusieurs fois pour décharger ses cartons. Et à chaque fois que la porte est ouverte a lieu une perte de l’énergie froide.»

Un rythme de travail contrôlé

En pénétrant dans les entrepôts, après avoir enfilé l’énorme doudoune réglementaire, la sensation est immédiate. Une sorte de discrète mais insistante caresse sur le visage et une respiration qui se fait peut-être moins naturelle. C’est là que nous rencontrons, lourdement emmitouflés et cagoulés, Vitor Dos Santos et Roman Feuerstein, occupés à la préparation des commandes et au stockage.

Pour Roman, cela dure même depuis presque trente ans: «Vingt-sept ans au frigo! Moi, le froid, j’aime ça. Je ne suis pas grison pour rien. Je me sens mieux dans cet environnement, je ne suis jamais malade, je n’ai plus jamais le nez qui coule, je respire mieux. Le froid qui règne ici, contrairement à celui de l’extérieur, est toujours très sec.»

En principe les gens restent une cinquantaine de minutes dans les frigos, après quoi ils ont une pause de dix minutes au chaud. Mais Roman préfère rester plus longtemps: «jusqu’à deux heures et demie, ensuite je prends une pause plus longue. Il est important d’être en bonne condition physique pour travailler ici, il faut aussi avoir la mentalité pour.»

Le défi du retour à l’extérieur

Quant à Vitor, cela fait deux ans qu’il passe ses journées dans les chambres froides: «C’est moi qui l’ai voulu, pas spécialement pour le froid, mais pour faire une nouvelle expérience. Et ça me plaît. Avec les habits qu’on nous donne, on ne sent pas le froid, on bouge, on a chaud et il nous arrive même de transpirer. Les gouttes gèlent.»

L’été est la saison la plus compliquée: «Il y a parfois des différences de température de plus de 50° C quand on sort. L’été passé, les trajets de retour à la maison en voiture étaient vraiment pénibles.» Il reconnaît, comme Portugais, préférer quand même «le soleil et la plage. Là-bas quand j’explique ce que je fais comme travail, on me dit que je suis fou.» MM

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