29 septembre 2017

Clitoris géant et petite membrane

L'actu transgressive de la semaine.

Temps de lecture 3 minutes

Un immense clitoris déposé face à la gare de Neuchâtel. Un autre qui trône fièrement au cœur de Bruxelles pendant une expo d'art. Des articles qui démontent les idées préconçues que nous avons sur l’hymen. L'actu tord le cou aux idées reçues tout en revalorisant le féminin. Et c’est tant mieux. Tabous et constructions sociales rétrogrades pullulent depuis des lustres autour de la femme et de sa sexualité. Il était grand temps de jeter un pavé dans la marre. Zoom sur les articles qui m’ont fait l’effet d’un doux contentement cette semaine.

-Dans un article du journal Le Matin , nous découvrions qu’un grand clitoris, grand, très grand, sera déposé samedi 29 octobre 2017 sur un rond-point face à la gare de Neuch’. Stupeur et tremblement pour certains! Jouissance pour d’autres... Surtout quand on imagine la tête des automobilistes tournant autour de cette étrange sculpture symbolisant un détonateur orgasmique. Mais qu’importe la controverse, puisque le plasticien genevois Mathias Pfund à l’origine de l’œuvre, n’a pas peur de la polémique. Et moi je n’ai qu’une chose à lui dire: Que dieu vous bénisse!

- Le Huffington Post lui, nous embarque aussi sur la planète artistique avec un projet pour le moins gigantesque: L'artiste belge Laurence Dufaÿ expose du 25 septembre au 12 décembre 2017 à Bruxelles, un clitoris géant baptisé «clitoriz soufflé» (y aurait-il un jeu de mots?). L’œuvre mesure environ trois mètres de haut et elle a été travaillée en mousse polyuréthane. Une matière qui confère un aspect étrange à la sculpture certes, mais comme ça, elle ne passe pas inaperçue. Et il était justement temps de sortir le clitoris de l'ombre. Cette organe qui est le seul du corps humain a être exclusivement dédié au plaisir est longtemps resté un mystère. Ce n’est qu’en 2009 que «les échographies de la gynécologue Odile Buisson» nous dévoilent la forme du clitoris, rappelle le Huffpost. Pour l’artiste, cette création a pour but de bousculer l’ordre établi. «Elle est exubérante parce qu’elle est transgressive», dit-elle dans les colonnes du média en ligne. L'œuvre a en tout cas le mérite de chercher à remettre en question nos convictions sur une sexualité féminine tantôt tabou, tantôt ignorée.

2-Sur Konbini , on pouvait lire un sujet qui trait, quant à lui, de l’hymen et de la virginité féminine. Deux mots clés qui m’ont fait, bien entendu, cliqué sur le lien et dérouler l’article avec délectation. Mais venons-en au fait, c’est-à-dire à cette fine membrane qui se déchire lors du premier rapport sexuel. En fait, l’article démontre que cette croyance sans réel fondement scientifique, relève pour bons nombres de médecins, d’une construction sociale autour de la virginité féminine. On nous aurait menti!

D’abord, toutes les femmes n’ont pas d’hymen, contrairement à ce que l’on croit. Et surtout, il ne se déchire pas forcément au cours du premier rapport sexuel. D’autres encore auront un hymen qui résistera aux premiers rapports, notamment parce que la taille du trou qui se trouve en son centre, varie d’une personne à l’autre. Enfin, pour les saignements liés à la perforation de la membrane, ils ne proviennent pas forcément de là, mais «d’un manque de lubrification du vagin» éclaire l’article.

Bref, autant de variantes que l’on ne retient pas ou peu. Parce que le but n’est pas la nuance, non non. Le but est de faire vivre des croyances qui tiennent, en réalité, les femmes captives d'une certaine vision de la pureté et blablabla... Selon l’article toujours, «l’hymen est une construction sociale reflétant les mœurs des sociétés patriarcales.»

En effet, les hommes ne subissent pas la pression sociale avec laquelle les femmes doivent sans cesse composer. Une pression telle, que certaines ont recours à l’hyménoplastie pour reconstituer leur hymen – symbole de chasteté - en vue de leur mariage. C’est dire combien pèsent lourds les mœurs et les mythes, «et nous gagnerions tous à nous en débarrasser». Voilà qui est dit.

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