3 octobre 2017

Aux origines de «Riverdance», le show celtique

Le spectacle qui a popularisé la danse irlandaise dans le monde débarquera à Genève et Zurich au mois d’octobre. Plus de vingt ans de succès ont fait de cette super-production une référence culturelle et l’une des plus belles cartes de visite de son pays.

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La troupe de danseurs de «Riverdance» avec, en premier plan, les deux «leaders» du show. (Photo: ck Hartin/ courtesy riverdance.com)

Corps droit, tête haute et jambes fuselées qui frappent le rythme à toute allure. Le spectacle Riverdance fait la part belle à la danse et à la musique irlandaises. En plus de vingt ans, son ambiance grisante a déjà conquis les publics du monde entier. Des Etats-Unis à la Chine, en passant par les quatre coins de l’Europe, ce ne sont pas moins de 25 millions de spectateurs qui ont déjà assisté à la performance. Grâce à son succès, Riverdance a converti le monde à ses pas de danse hypnotisants. Des stars comme Missy Elliott ou encore Beyoncé se sont même ouvertement inspirées de leurs jeux de jambes si singuliers pour leurs chorégraphies. Et jamais les classes de danse celtique n’ont été aussi remplies dans les pays anglo-­saxons. Le show s’est ainsi peu à peu glissé dans la culture populaire tout en devenant l’un des porte-drapeaux de son pays d’origine. Un vrai phénomène qui débarquera à Genève les 16, 17 et 18 octobre, au Théâtre du Léman, puis à Zurich les 19 et 20 octobre 2017. Le public pourra y découvrir une mise en scène électrique où humour et poésie viennent animer près de deux heures de spectacle. A cette occasion, nous sommes allés à la rencontre de la troupe et des équipes de cette super-production dans son fief, à Dublin.

Aux origines

Un tour dans les pubs à Guinness de la capitale et une balade dans le quartier de Temple Bar – haut lieu de réjouissances – pour comprendre qu’en Irlande, il est une énergie particulièrement festive. Une énergie que l’on retrouve justement dans le spectacle Riverdance et qui lui doit en partie son succès. Mais avant de devenir le phénomène que l’on connaît, le show n’était à l’origine pas destiné à emprunter un tel chemin. Pour en apprendre plus, nous rejoignons les bureaux de production du spectacle, au centre de Dublin. C’est là que sont conservés tous les prix et trophées reçus par la troupe au fil des années. Et celui qui est à la tête de cette machine bien huilée est John McColgan. «Riverdance est né lors du Concours Eurovision de la chanson de 1994 durant un interlude de sept minutes, lance le producteur. Le thème de l’événement était ‹la rivière›, d’où le nom du show.» Ce soir-là, la représentation a été ovationnée par le public. Et cet enthousiasme a convaincu l’équipe d’en faire un spectacle.

La troupe en répétition. (Photo: Nadia Barth)

Un concept

Les quelques minutes de l’Eurovision deviennent alors une mise en scène de près de deux heures. Côté musical, on retrouve le talentueux compositeur Bill Whelan qui a travaillé pour des stars comme U2 ou encore Van Morrison. Les danseurs sont quant à eux tous choisis parmi les meilleurs d’Irlande et d’ailleurs. «Aujourd’hui, la moitié du casting est internationale, souligne John McColgan. Certains viennent d’Angleterre, d’autres sont Espagnols et même Israéliens.» Une pluralité chère au spectacle qui raconte notamment comment, au XXe siècle, l’Irlande s’est enrichie au contact d’autres cultures. Julian Erskine, le producteur exécutif de l’événement, dira d’ailleurs que «l’intégration est mieux que la ségrégation». Ainsi, la performance mêle danse celtique, claquettes américaines ou encore pas de flamenco endiablés. «En tout, ils sont trente-six artistes sur scène, détaille le producteur. Mais le chiffre varie selon les représentations.»

Dans l’atelier de couture de la styliste du show, Joan Bergin. (Photo: Nadia Barth)

Boom de la danse celtique

En plus de vingt ans, le spectacle est ainsi devenu un véritable business qui tourne en permanence. Grâce à son succès, Riverdance s’est même fait une place dans la culture populaire. Du film Titanic au dessin animé Shrek, en passant par Les Simpson et les stars de la musique, la superproduction est tantôt objet de caricature, tantôt source d’inspiration. Et elle se démarque notamment grâce à son style unique. «Certains ne disent pas qu’ils font de la danse irlandaise, mais qu’ils font du «Riverdance», précise le producteur. Techniquement, ça reste traditionnel, mais le haut du corps bouge davantage.» Quoi qu’il en soit, le genre séduit. «Ici, les élèves sont initiés à la danse celtique à l’école, affirme John McColgan. Les lieux où l’on peut apprendre les pas ont, quant à eux, quadruplé depuis que le spectacle existe.» D’ailleurs, en Irlande, le show est toujours aussi populaire. La troupe joue tous les ans dix semaines d’affilée à Dublin durant l’été. Le reste du temps, elle voyage autour du monde. En plus de vingt ans de tournée, la mise en scène est, quant à elle, restée identique.

Un mur de mots clés pour définir le spectacle, dans les bureaux de la production à Dublin. (Photo: Nadia Barth)

Mise en scène

Pour en comprendre les raisons, il faut aller à la rencontre de Bill Whelan et de Julian Erskine qui nous attendent au Gaiety Theatre où aura lieu ce soir l’une des représentations estivales de Riverdance. «Nous faisons peu de changements et ils ne sont généralement pas très populaires, notre public aime ce qu’il connaît», souligne Julian Erskine. Même son de cloche pour le compositeur qui a été récompensé d’un Grammy Award pour la musique du show. «On m’a déjà demandé pourquoi je ne faisais pas un Riverdance 2, mais je n’ai pas envie de faire la suite pour la suite.» Après l’immense succès rencontré, modifier le spectacle serait donc prendre le risque de décevoir le public. Côté costume, c’est pareil. Les tenues que portent les danseurs sont les mêmes depuis le début de l’aventure. Celle qui les a imaginées est la styliste Joan Bergin. Son atelier de couture est à seulement quelques pas des bureaux de production, à l’abri des regards. Dès que l’on pénètre dans la pièce, des centaines de costumes suspendus témoignent de son activité prolifique. «Toutes les robes sont faites main, détaille la styliste. Cela fait dix-sept ans que je travaille pour Riverdance et les looks que j’ai imaginés pour les danseurs sont établis maintenant.» En tout, elle a conçu plus de cent cinquante tenues. Parmi elles, des robes très courtes que portent les danseuses avec des collants opaques pour mettre en valeur leurs jambes, des robes d’un rouge sulfureux comme celle de la danseuse de flamenco ou encore des ensembles chemises-pantalons pour les hommes. Et avec toute une déclinaison de matériaux qui oscillent entre velours et satin. Rien de bien moderne pour aujourd’hui, mais ces costumes ont le mérite d’être devenus un marqueur de continuité, contrairement aux danseurs qui se sont relayés par dizaines au fil du temps.

James Greenan, le danseur star du spectacle. (Photo: ck Hartin/ courtesy riverdance.com)

Danseurs et athlètes

«La moyenne d’âge des artistes sur scène est de 20 ans», explique Mary, chargée de communication pour le spectacle. C’est elle qui nous conduit à la rencontre de certains d’entre eux, à moins d’une heure du début du show, au Gaiety Theatre. Tous sont aussi beaux et jeunes les uns que les autres. Leurs corps d’athlète et leurs tailles fines impressionnent autant que leur agilité. Actuellement, les deux danseurs stars qui mènent littéralement la danse sont Ciara Sexton et James Greenan. Bientôt leur énergie et leur passion illumineront la scène de Dublin. Et dans le public, on trouvera des touristes venus nombreux découvrir cet univers celtique devenu l’une des cartes de visite les plus populaires d’Irlande.

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