11 avril 2018

Romontada!

Les éliminations de Manchester City et Barcelone, deux des favoris de la compétition, en quart de finale de la Ligue des champions par Liverpool et Rome, montrent que le pronostic est un art impossible. Et que c'est tant mieux.

De Rossi: c'est là que ça se passe.
De Rossi: c'est là que ça se passe.

On ne peut décidément plus compter sur personne. Tous, la main sur le coeur, le doigt levé, vous l'avaient juré, expliqué en large et en travers, chroniqueurs, journalistes, consultants, anciens joueurs et autres fondus d'un ballon de moins en moins rond: s'il devait y avoir "remontada" ce soir-là, renversement de vapeur, ce serait bien sûr du côté de Manchester qu'il faudrait aller voir et non pas de Rome.

Parce que c'était City, usine à buts qui s'est baladée durant toute la saison anglaise, parce que c'était Guardiola, grand timonier de la possession et du jeu de baballe. Parce qu'en face c'était le fantasque Liverpool de l'échevelé Klopp, capable du meilleur comme du flop, valant surtout par son trio offensif Salah-Firmino-Mané mais souvent handicapé par une défense de pingouins ne sachant guère gérer un résultat positif. Bref, que le 3-0 du match aller à Anfield soit effacé, cela paraissait dans l'ordre du tout à fait possible.

A l'inverse personne, rigoureusement personne, même pas le Corriere dello Sport, ne voyait Rome, squadra de joueurs moyens et de stars vieillissantes comme De Rossi ou Dzeko, refaire son handicap de 4-1 face au Barcelone du méticuleux Valverde. Equipe ayant certes perdu de son panache historique mais qui a gagné cette saison un ciment de forteresse imprenable.

A l'arrivée, donc, tout était faux. Placé pourtant dans des conditions idéales avec un but d'entrée de jeu, City allait s'installer dans le camp de Liverpool mais avec un manque d'imagination et une stérilité criardes. Avant de se faire poignarder en deuxième mi-temps par l'inévitable magicien Salah et le toujours malin Firmino, bien aidé sur ce coup par le balourd roc argentin Otamendi. Oui, City le flamboyant faisait peine à voir, à l'image de son entraîneur charismatique renvoyé en tribune, Guardiola-la-classe qui se laissera aller au coup de sifflet final et fatal à de basses considérations sur l'arbitrage, à peine dignes d'un Mourinho.

Pendant ce temps Rome prenait feu face à un Barcelone inexistant, misérable, transparent, ne pouvant guère compter sur un Messi diminué, et donc privé de son âme, de son carburant, de sa force transcendantale. La Louve frappait trois fois et l'ogre catalan, devenu agneau pris à la gorge, rendait l'âme sans combattre.

Pronostiqueurs futés et analystes affûtés allaient se coucher dépités. Non sans se dire peut-être qu'après tout, s'il était prévisible et joué d'avance, le football ne serait pas si intéressant et se réduirait à du banal théâtre, si pas du vulgaire cinéma.

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