27 mars 2018

Roxane Gilliand, une acrobate de haut vol

À 26 ans, la trapéziste vaudoise vient de décrocher son diplôme à la célèbre École nationale de cirque à Montréal. Son mantra? «Il faut persévérer pour réaliser son rêve!»

Roxane Gilliand en train de faire le grand écart dans la nature
Roxane Gilliand (photo: Christophe Chammartin)
Temps de lecture 4 minutes

Roxane Gilliand, vous connaissez? Et la jeune Vaudoise qui, en 2013, a effectué des acrobaties accrochée sous un parapente, à quelque 800 mètres au-dessus du lac d’Annecy, en France voisine, ça vous dit quelque chose?

Oui, c’est une seule et même artiste! Trapéziste professionnelle, la jeune femme avoue avoir «rêvé de cirque dès son plus jeune âge et avoir toujours aimé être dans les airs». Après avoir suivi des cours à l’École de cirque de Montpreveyres (VD) et à Lausanne, parallèlement à sa scolarité obligatoire, elle continue à l’école du cirque Zôfy, à Sion, sitôt son certificat en poche. «Zôfy est une école préparatoire qui permet d’entrer dans une école professionnelle.

Je m’y suis spécialisée dans le trapèze ballant, la discipline que je préfère.

Roxane Gilliand

Le cirque Starlight lui propose ensuite de travailler pour lui: «J’avais alors 17 ans. J’y avais suivi des cours d’été et je me suis dit: ‹Pourquoi pas?› Deux jours après, j’étais en piste.

C’est grâce à la famille Gasser que j’ai découvert la scène, elle m’a fait confiance et je lui en suis très reconnaissante.

Roxane Gilliand

À la recherche de la perfection

Mais peu après, le numéro de la jeune artiste est filmé et, lorsqu’elle le visionne, elle est horrifiée: «J’ai vu les lacunes que j’avais, et je me suis dit qu’il était temps que je me perfectionne. J’ai alors envoyé mon dossier dans d’autres pays et ai passé des auditions. J’ai ensuite suivi des cours à l’École nationale des arts du cirque de Rosny, à Paris, puis je suis partie à l’École nationale de cirque à Montréal, où travaille le meilleur professeur au monde: Victor Fomine!

Après avoir pris des cours privés avec lui durant cinq mois, j’ai passé une audition… et voilà, après trois ans d’apprentissage scolaire et artistique aussi dur mentalement que physiquement, j’ai décroché mon diplôme en juin dernier.»

Un personnage qui lui est propre

L’École nationale de cirque à Montréal a ainsi non seulement permis à la jeune artiste vaudoise de se forger une solide expérience de la scène et de sa discipline, mais aussi de se créer un personnage. «Durant la deuxième année, on bénéficie d’un conseiller artistique pour nous aider à le trouver. J’ai choisi de camper une poupée venue d’un univers de vieux cirque, un peu creepy mais pas trop, comme désarticulée, un peu Halloween.»

Touche visuelle finale: un haut-de-forme déniché chez un chapelier, «pas trop haut et de bonne qualité, pour qu’il ne s’abîme pas après deux semaines», qu’elle ôte et remet au gré de ses acrobaties.

Au début, cela n’a pas été facile; je le faisais tout le temps tomber! Maintenant, j’arrive à le faire tourner autour de moi avec plus de facilité.

Roxane Gilliand

Je fais des vrilles, et cela amène une difficulté supplémentaire et intéressante à mon numéro.»

Derrière son lumineux sourire et ses grands yeux bleus se cache une volonté d’acier: «Je répète sans cesse mon numéro pour qu’il soit de plus en plus abouti. Maintenant, c’est important que ma prestation soit stable. Quand je fais un spectacle et que les acrobaties sont techniques, je suis extrêmement concentrée et j’entends toujours la voix de mon prof dans ma tête, qui me donne le bon tempo.

Mais lorsque le numéro devient plus artistique, j’essaie de regarder le public et de jouer davantage avec lui.

Roxane Gilliand

Et le fameux vol au-dessus du lac d’Annecy, est-ce une bonne manière de pousser plus loin ses limites? «Non, juste une expérience rigolote! Des amis communs nous avaient fait nous rencontrer, car le réalisateur Adrien Nisan devait présenter un projet de film sur les parapentes et avait pensé à moi. Je suis montée à la montagne, j’ai accroché mon trapèze au parapente de Gill Schneider et on a fait six ou sept vols pour filmer.

Comme je n’ai pas le vertige, j’ai pu admirer la vue!

Roxane Gilliand

Le film a gagné le prix de l’originalité et a été racheté pour une publicité pour téléphone mobile en Italie. Mais s’il est impressionnant pour le public, il ne l’est pas pour moi. Et professionnellement, il faut avouer que ce n’est pas particulièrement intéressant.»

En piste aux États-Unis

Les places de travail étant bien trop rares pour les artistes de cirque en Suisse, elle vient de s’envoler pour les États-Unis avec ses cinq valises de matériel – dont un trapèze de 20 kilos –, pour participer à la tournée du cirque Flora (lien en anglais). En septembre 2018, elle illuminera de sa présence le grand festival du cirque Nikouline, à Moscou. Avant d’intégrer durant plusieurs années l’équipe d’un grand cirque au Canada... mais chut! Pour l’instant, elle ne peut pas en dire plus.

Comment fait-elle pour sillonner le monde tout en restant toujours au top? «Je dors bien et je mange de tout sainement. Ces derniers quatre ans, je n’ai jamais été malade! Mais bon,

il faut parfois aussi ne pas trop penser et même si on a une petite blessure, avoir la tête dure et continuer.

Roxane Gilliand

Alors après, ça passe! Il faut persévérer pour réaliser son rêve...»

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