7 février 2019

Le Locle, la ville en rose

Cette cité industrielle a mauvaise réputation. À cause de sa situation géographique, de son climat et de ses impôts. Pour mettre du baume à son cœur et faire un pied de nez à ses détracteurs, elle s’est donc autoproclamée capitale mondiale de la Saint-Valentin.

Chaque 14 février, Cupidon décoche ses flèches au Locle (Photo: Matthieu Spohn).
Temps de lecture 3 minutes

Il y a des villes comme ça qui sont souvent moquées. La plupart du temps parce qu’elles se trouvent à «Perpète-les-Oies», à «Pétaouchnok», à «Saint-Loinloin de Pas-Proche» comme disent nos amis canadiens. Le Locle en fait partie. «On est un peu les Ch’tis de la Suisse», confirme Denis de la Reussille, conseiller national popiste et vice-président de cette cité industrielle.

Ce politicien en rirait si cette image de «trou perdu», de «pays de loups» – relayée par les médias (il cite l’exemple récent d’une journaliste de la RTS qui n’en revenait pas qu’une telle bourgade puisse s’enorgueillir de posséder en son sein un Musée des Beaux-Arts aussi rayonnant) et également par quelques facétieux ­humoristes – ne collait pas aux basques de sa municipalité.

 Alors, quand Le Locle a été classé par le magazine alémanique Bilanz bon dernier du hit-parade des villes suisses les plus ­attractives (en 2006, 2007, 2008, 2009 et 2010), ça a été le pompon! Lui et ses camarades de l’époque ont sorti leurs kalachnikovs pour remettre les pendules à l’heure. Il y allait de l’honneur et de la réputation de la Mère Commune des Montagnes neuchâteloises.

Piqués au vif, ils ont commencé par publier un tout-ménage pour flinguer les arguments des «milieux économiques bien-pensants zurichois». «Il n’y a pas que le coefficient d'impôt qui compte. Des études sérieuses ont montré que nous étions mieux lotis en termes de pouvoir d’achat que les habitants de Versoix, Meyrin, Prilly, Genève ou Lausanne.»

Chasser la sinistrose

Puis, une fois ce coup bas à répétition digéré, ils ont pris le parti d’en rire. Comment? En autoproclamant, le 14 février 2008, leur cité «capitale mondiale de la Saint-Valentin». Autrement dit, ils ont chaussé leurs lunettes roses pour chasser le morose et la sinistrose, pour mettre du baume au cœur de leurs administrés tout en adressant un joli pied de nez à leurs détracteurs.

«Au lieu de geindre, de nous lamenter, nous avons choisi de jouer la carte de l’autodérision», ­résume Bernard Vaucher, le chargé de communication et de promotion du Locle. Et cette campagne de pub décalée a fait mouche! Les médias en ont abondamment parlé (et en parlent encore), faisant ainsi ­remonter en flèche (merci Cupidon!) la cote de sympathie de cette ville décomplexée.

Depuis, année après année, la Mère Commune continue à se muer en Mecque de l’amour durant la première quinzaine de février. Sans trop de strass ni de paillettes afin de coller à la mentalité des gens du cru et de ne pas exploser un budget modeste par obligation. N’oublions pas que cette cité horlogère a perdu des plumes et de sa superbe à travers les maintes crises qu’elle a traversées.

Le programme de cette 12e édition n’échappe pas à la règle avec ses incontournables rendez-vous intimes: festin de Cupidon, veillée de contes coquins et autres galipettes sur glace, produits dérivés tels que les Boules d’Amour chocolatées et parfumées, la BD Coup de Foudre au Locle et – c’est nouveau – de l’air en boîte bon pour le cœur, accompagné d’un petit lexique amoureux.

Sans oublier sa déco glamour: les façades des bâtiments emblématiques loclois – hôtel de ville, Casino-Théâtre et château des Monts – sont éclairées de rouge, une flopée de vitrines sont spécialement fardées pour l’occasion, et un banc rose bonbon est installé tout exprès au centre-ville pour ­accueillir les amoureux du monde entier «qui se bécotent sur les bancs publics».

Le Locle, capitale de la Saint-Valentin? Oui, définitivement. MM


Programme en ligne: www.st-valentin-lelocle.ch

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