6 février 2019

Aux noms de l’amour

Sonner à la porte de M. Amoureux, appeler Mme Amore, écrire une lettre à M. Love… Il existe effectivement des gens qui s’appellent ainsi. Comment vivent-ils avec de si romantiques patronymes?

Qui se cache derrière la sonnette Amour? (Photo: iStock).
Qui se cache derrière la sonnette Amour? (Photo: iStock).

Bernard Amoureux, 62 ans, conseiller en personnel RP, Échallens (VD)

«On me demande sans cesse si ce n’est pas fatigant de toujours être amoureux. Je réponds que non. Mais c’est vrai: cela fait trente-sept ans que je suis marié et amoureux de ma femme. Le 14 février est le seul repos que je m’accorde et je laisse cette journée à tous les autres amoureux.
 Nous n’avons jamais vraiment su d’où vient le nom de ­famille ‹Amoureux›. Sans doute du nord de la France. En effet, de nombreux patronymes sont dérivés d’adjectifs dans cette ­région. À moins, qu’il soit le fruit des influences du sud de l’Espa­gne. Quoi qu’il en soit, mon nom me correspond totalement et je ne le changerais pour rien au monde. C’est dans ma nature d’aimer les gens, et c’est bien plus agréable que de les haïr. Mon nom suscite souvent l’étonnement, mais les réactions sont toujours positives. Dans mon travail, je suis fréquemment amené à téléphoner et mon nom ouvre parfois des portes. Bien sûr, certains ne peuvent pas s’empêcher de faire de l’humour: j’ai notamment un collègue qui m’appelle systématiquement ‹Mon Amoureux›. On nous demande, à ma femme et moi, si nous ne sommes pas jaloux que l’autre soit tout le temps amoureux. Nous le prenons avec humour.»

Olga Amore, 43 ans, instructrice de fitness indépendante, Courgevaux (FR)

«Un jour, lorsque j’ai voulu commander des fleurs pour mon mari à la Saint-Valentin, la vendeuse avait du mal à y croire. Pour elle, monsieur Amore, c’était trop parfait. La famille de mon mari est originaire de Frasso Telesino, au nord de Naples, une région où le nom ‹Amore› est très répandu. Je porte ce nom seulement depuis notre mariage en 2004 et il est vrai que ce fut un réel changement. Mais il est plutôt pratique, car les gens retiennent ce qui sort de l’ordinaire. Certains me font des compliments, d’autres me demandent si Olga Amore est un pseudonyme. Eh bien non, je m’appelle vraiment comme ça! J’aime ce nom car il me correspond tout à fait: en tant qu’instructrice de fitness, je me dois de transmettre des émotions positives, c’est très important. Sur le plan personnel, mon patronyme me va aussi à ravir: mon mari et moi avons deux enfants merveilleux et formons un couple heureux. Nous sommes comblés! Pour la Saint-Valentin, nous avons l’habitude de préparer un bon repas, et il nous arrive de nous offrir des petits cadeaux et des fleurs.»

Robert Love, 60 ans passés, ancien informaticien devenu traducteur, Lucerne

«Certains amis m’ont toujours appelé ‹Roberto d’Amore› et ça ne m’a jamais dérangé. En revanche, lorsque j’allais à l’école, mon nom suscitait souvent des moqueries. À l’époque, j’aurais été ravi de pouvoir changer de nom. Mais maintenant, j’y suis habitué. En Suisse alémanique, peu de personnes prononcent mon nom correctement, car il manque cette voyelle à l’allemand pour le dire à l’anglaise. Mon nom est écossais et vient probablement d’un blason français représentant une louve. Les Écossais auraient mal compris et transformé ‹Louve› en ‹Love›. C’est la seule histoire au sujet de mon nom qui soit crédible. Prétendre qu’il puisse être gage de succès en amour serait pure superstition. Mais mon nom prête souvent à sourire. J’ai vécu en Nouvelle-Zélande quand j’avais 20 ans. Lorsque j’allais chez le médecin, celui-ci chantait Love Makes the World Go Round dans la salle d’attente pleine de patients. Et quand je vais chez le coiffeur, je me rends au salon que tient Hugo Graf à Lucerne: ‹Love is in the Hair›. Je n’ai pas le choix, c’est une évidence!»

Anna Barbara Liebe, 51 ans, enseignante, Thoune (BE)

«Mon mari et moi nous sommes mariés en 1989. À cette époque, certaines femmes commençaient à conserver leur nom de jeune fille. Comme mon Thomas s’appelait ‹Liebe›, je n’ai pas ­hésité une seconde à adopter le sien. En revanche, nos deux filles, de 19 et 21 ans, savent d’ores et déjà qu’elles veulent conserver leur patronyme. Dans notre famille, le nom est un présage. Pour moi, l’amour est ce qu’il y a de plus précieux au monde. Lorsque je me présente, les réactions sont toujours positives. ‹Comme c’est joli!› est ce qui revient le plus souvent. Même si ce mot est l’un des plus connus, je dois généralement l’épeler, car bon nombre de personnes ignorent que c’est aussi un nom de famille. Mon beau-père a importé ce patronyme d’Allemagne. Mon mari prétend avoir reçu de nombreuses demandes en mariage de la part de femmes attirées par son nom de famille. Bien sûr, il dit ça pour rire. Je suis heureuse de pouvoir porter ce nom. Les e-mails et les lettres que je reçois commencent souvent par ‹Liebe Frau Liebe› (Chère madame Amour); c’est super, non?»

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